Entrepreneur : comme Bernard Tapie, ils ont tout perdu

Condamné à rembourser les 405 millions d’euros pour l’affaire du Crédit Lyonnais, Bernard Tapie est désormais ruiné. Il n’est pas le seul entrepreneur à être passé par là. 

« Ah, mais moi je suis ruiné. Ruiné de chez ruiné. Plus rien. Tout va y passer. Tout. » Quelques heures après la décision de la cour d’appel de Paris, Bernard Tapie n’y croit toujours pas devant les journalistes du Monde qui l’interrogent. Il va devoir rembourser les 405 millions d’euros perçus en 2008 à la suite de l’arbitrage privé concernant l’affaire du Crédit Lyonnais. À 72 ans, l’avenir semble bien sombre pour l’ancien Tycoon des années 80.

Beaucoup d’entrepreneurs ont connu cette désillusion. Malheureusement, peu d’entre eux arrivent à retomber sur ses pattes.

boussacMarcel Boussac : il est persuadé d’avoir raison

Une étoile filante. Dans sa vie, Marcel Boussac a tout connu : la jeunesse autodidacte, une vision commerciale exceptionnelle, une croissance exceptionnelle, avant de sombrer l’égotisme le plus bêta.

Imaginez, en 1953 L’Express le compte parmi les personnalités d’avenir de la France. Son groupe de confection de vêtement dépasse les 54 milliards de francs, soit 11, 7 milliards d’euros. Il emploie 21 000 salariés. Et de tout ça, il ne reste rien, absolument rien.

Tout cela à cause d’un orgueil démesuré. Marcel Boussac ne comprend pas que le monde change. Il refuse les matières synthétiques, véritable révolution dans le monde du textile. Moins de charges, plus de production. Il ne voit pas non plus que les frontières tendent à disparaître. Le monde se rétrécit au contact des nouvelles technologies.

Mais, l’entrepreneur s’entête. Il refuse de voir la réalité. Il réinjecte de l’argent et refuse tout conseil. Il fait peu à peu le vide autour de lui. Et ce qui devait arriver arriva. En 1978, il dépose le bilan. Il meurt deux ans plus tard avec la certitude d’avoir eu raison. Pauvre homme.

CaptureHalsey Minor : il se lance dans un secteur qu’il ne maîtrise pas

Il voit tout avant les autres. Pendant des années, Halsey Minor réussit tout ce qu’il entreprend. Il démarre en 1993 CNET networks, Inc. Il développe également le site Download.com. Un nom de domaine qui aura de l’avenir…

Tout fonctionne comme dans un rêve. Il revend la société pour 1,8 milliard de dollars. Le rêve. Il n’arrête pas en si bon chemin. Il investit très tôt dans de belles startups : OpenDNS, Grand Central. Cette dernière est rachetée par Google 50 millions de dollars. Et il continue avec Saleforce.com. Une solution que connaissent les business developers du monde entier.

Malheureusement, Hasley décide de changer de métier. Des nouvelles technologies, l’entrepreneur décide de passer à l’immobilier. Premier achat : un manoir qu’il achète 20 millions de dollars. Il le revend 11 millions. Aïe.

Il investit également dans un hôtel à Charlottesville. Mais, les travaux traînent et la justice somme son entreprise de régler une amende de 21,6 millions de dollars. Ouille. À cela s’ajoute son divorce où il a dû donner 50 millions de dollars à sa femme. Ouch !!!

Dans plusieurs mails, il avoue enfin à des journalistes qu’il a eu tort de vouloir s’éloigner des nouvelles technologies. C’est bien qu’il s’en rende compte.

BernardMadoffBernard Madoff : l’ancien maître nageur qui a escroqué Wall Street

Il est l’entrepreneur qui a fait la plus grande arnaque du siècle. Quand l’affaire Madoff éclate en décembre 2008, il aurait délesté les banques et particuliers fortunés de plus de 50 milliards de dollars. Parmi eux, la Société générale, BNP Paribas, John Malkovich, sans oublier Steven Spielberg.

Ancien maître nageur, Bernard Madoff monte son fonds d’investissements à seulement 22 ans avec 5000 dollars en poche. Doté d’un rand charisme, il devient une des figures de Wall Street. Avec sa société d’investissement « Bernard L.Madoff Investment Securities », remet à jour la pyramide Ponzi, du nom de Charles Ponzi dans les années 20.

Grâce à la magie de la spéculation, il promet à ses clients des rendements supérieurs à 10%, quand les taux normaux varient autour de 5%. En réalité, il utilise les capitaux de ses nouveaux clients, pour rémunérer les anciens, système similaire à la pyramide de Ponzi.

C’est sans compter la crise des subprimes qui rend les marchés financiers plus méfiants. Petit à petit, les clients de Madoff décident de retirer leurs fonds. La pyramide s’écroule, et l’arnaque prend fin. Ruiné et incapable de rembourser l’intégralité de ses investisseurs, Bernard Madoff écope de 150 ans de prison le 29 juin 2009.

Richard FuldRichard Fuld : il met à genoux l’économie mondiale

« J’adore Rocky ». À l’occasion de la Marcum MicroCap, une conférence pour les petites capitalisations boursières, Richard ou « Dick » Fuld, l’ex-patron de Lehman Brothers n’a pas raté l’occasion de faire une plaisanterie. Et il en faut de l’humour. En quelques heures, l’ancien PDG de Lehman Brothers a tout perdu : job, statut, gloire. Il est devenu dans l’esprit populaire l’un des pires CEO de l’histoire des États-Unis.

Il faut dire, la liquidation de la société a provoqué la pire crise financière mondiale depuis le jeudi noir de 1929. États-Unis, Europe, Chine, Japon, tous les grands ont frissonné devant l’ampleur de la ruine. Sans parler de tous les épargnants, les employés, les propriétaires qui n’ont plus été capables de rembourser leurs dettes, payer les factures.

Mais, ne vous en faites pas pour Richard Fuld. Il a créé Matrix Advisors, une société de conseils aux PME. Et ça ne marche pas trop mal, la société compte déjà une douzaine d’employés aux dernières nouvelles.

Tancrède Blondé & Julie Galeski

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

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