Crowdfunding : ces boîtes qui se sont plantées

Bien que le crowdfunding ait explosé ces dernières années, le financement participatif charrie de plus en plus de projets non financés. Focus sur ces projets ratés.

« Tout le monde peut être financé ». L’engouement planétaire pour le crowdfunding fait penser à des millions de porteurs de projets qu’il suffit de présenter un brouillon de projet pour trouver des financements. Une espérance bien souvent trahie par la réalité. Lever des fonds via une campagne de crowdfunding  est un travail à temps plein.

Pour ne prendre qu’un exemple, la plus grande plateforme mondiale de crowdfunding, Kickstarter, a permis à plus de 73 000 projets de lever 1,4 milliard de dollars depuis sa création. Et pourtant, Kickstarter affiche un taux d’échec de 40%.

Panorama de ces projets qui n’ont pas réussi à atteindre les objectifs affichés.

Ubuntu Edge : un objectif de levée de fonds délirant

Ubuntu-edge

L’idée est géniale : produire des smartphones haut de gamme munis de logiciels libres. Sur le papier, le porteur de projet peut compter sur l’immense communauté des défenseurs de logiciels libres. Ce qui a d’ailleurs été le cas. En un mois, Ubuntu Edge a réussi à lever 12,8 millions de dollars, dont 3,4 millions dans les 24 premières heures.

« Fantastique », diriez-vous. Seul petit caillou dans la chaussure, Ubuntu Edge avait fixé un objectif de… 32 millions de dollars. Résultat, ils ont dû rendre les contributions de 27 000 investisseurs. C’est ballot.

ShopCauz : La vidéo la plus ennuyante de toute l’histoire du Crowdfunding

Comme toute levée de fonds, le crowdfunding est avant tout un exercice de séduction. L’idée a beau être géniale, il faut donner envie de vous suivre. Une idée basique que ShopCauz a semble-t-il totalement oubliée.

Dans une vidéo digne des années 70 en Corée du Nord, les chefs d’équipes de ShopCauzy ont tenté d’illustrer le fonctionnement de l’application. Triste et cheap, la campagne n’a jamais reçu le moindre dollar de soutien.

Shop on Wheels or Mobile shop : le projet qui n’est pas du tout prêt

Cet irlandais a remarqué que le prix des aliments en supermarché et chez les producteurs varient du simple au triple. Mais, tout le monde n’a pas le temps de se rendre chez un producteur de qualité. Il a donc eu l’idée de transformer une voiture utilitaire en épicerie. Une idée qui, si elle n’est pas révolutionnaire, peut répondre à un certain besoin.

Malheureusement, le porteur de projet ne montre rien de concret dans son projet. Hormis une photo d’une voiture visible ci-dessous, il n’y a aucune illustration, aucune photo. Même les textes sont pauvres en information. Shop on Wheels (ou Mobile Shop) semble être une idée sortie il y a tout juste 15 minutes de son créateur. Ça ne suffit pas pour lever des fonds.

utilitaire

Brandon Merchandise

Le jeu dans une campagne de merchandising repose également sur un système de contreparties. En clair, plus vous donnez, plus vous avez de chances de recevoir un beau cadeau en retour. Ce n’est que justice. Enfin…

L’actrice Melissa Joan Hart, connue pour avoir joué Sabrina, l’apprentie sorcière (un chef d’œuvre), a voulu lancer une campagne de crowdfunding pour réaliser une comédie romantique. Elle offrait pour un don de 25 dollars un tee-shirt avec le nom du film. Un peu cher le bout de tissu.

Et encore, ce n’est pas trop mal, comparé à Brandon Merchandise. Ce jeune porteur de projet  veut créer une entreprise de confection de tee-shirt. Et, apparemment, la générosité n’est pas son fort. Avec un don de 10 dollars, Brandon envoie « une photo dédicacée ». Il faut envoyer 40 dollars pour espérer avoir un tee-shirt de quelqu’un que personne ne connaît.

Si à cela, on ajoute la faiblesse du projet, le peu d’images sur la collection, on ne s’étonnera pas que Brandon n’ait pas réussi à lever un seul dollar.

 Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

1 Commentaire
  1. Concernant le cas d’Ubuntu Edge, arrêtons de le prendre comme un échec. C’est avant tout un coup de com’. L’entreprise à l’origine de ce projet, Canonical, était à l’origine très peu connue dans le secteur de la téléphonie.

    Preuve que le crowdfunding ne sert pas qu’à trouver un financement, c’est aussi un moyen de communication (et ca marche, la preuve !).

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