Faut-il avoir peur d’être dirigé par une femme ?

L’exemple d’Amélie Mauresmo, entraîneur d’Andy Murray prouve une chose : certaines personnes ont encore du mal à accepter le fait que des femmes puissent diriger des hommes.

Dans un monde idéal, les managers, coachs et dirigeants sont choisis en fonction de leurs compétences. Le physique et le genre n’ont pas à être des éléments déterminants. Mais, tout le monde ne pense pas de cette façon. La preuve avec Andy Murray qui, à la fin sa demi-finale remportée contre Tomas Berdych, rend un hommage appuyé à Amélie Mauresmo.

« On m’a critiqué pour avoir choisi de travailler avec elle. Elle a montré qu’on pouvait être une très bonne coach, en plus d’avoir été une bonne joueuse, a-t-il rappelé. Je la remercie beaucoup, je suis content du travail qu’on fait ensemble ». Même s’il n’a pas été capable de renverser la montagne Djokovic en finale (match perdu en 4 sets), l’hommage répond à ceux qui ont encore un doute : oui les femmes peuvent diriger le travail des hommes. Même quand il s’agit d’une activité traditionnellement plus masculine.

« Je n’ai pas de problème particulier à être dirigé par une femme, mais… »

C’est d’ailleurs ce que pensent une majorité de gens. Dans un sondage Gallup, 46% des personnes interrogées affirment ne pas avoir de préférence entre un patron masculin ou féminin. Une constat que l’on retrouve depuis une douzaine d’années. Un tiers des personnes questionnées préfèrent clairement être dirigées par un patron masculin. À peine 20% disent le contraire et cherchent à être managés par une femme.

Si les résultats sont encourageants, certains clichés ont néanmoins la vie dure. « Je n’ai pas de problème particulier à être dirigé par une femme, mais je ne vois pas comment elle peut mettre en ordre toute une équipe de mecs qui ont l’habitude d’être entre eux », explique un cadre travaillant dans une PME industrielle. Et pourtant elles y arrivent.

Casser les clichés par les exemples concrets

Au point d’ailleurs de se comporter parfois comme des hommes des années 50. Deux consultantes américaines, Pat Heim et Susan Murphy auteures La femme est un loup pour la femme : comprendre et résoudre les conflits entre femmes (Éd. Payot, 2004), ont montré  que des femmes managers peuvent avoir tendance à bloquer la promotion des femmes. C’est ce qu’on appelle le « queen bee syndrome » ou le « syndrome de la reine des abeilles ».

Un comportement réel, mais généralement circonscrit aux secteurs d’activités traditionnellement plus masculins : industrie, BTP, ingénierie, etc. Dominées par une culture patriarcale, les deux consultantes expliquent que ces femmes développent une obsession de leur autorité. En clair, elles agissent comme les hommes. Et ça se voit.

Comment casser ce mécanisme ? Tout simplement en découplant le genre de la performance professionnelle par des exemples concrets. Marissa Mayer, Oprah Winfrey, Arianna Huffington, etc. Les exemples ne manquent pas. Pas besoin donc d’avoir peur. Hommes ou femmes, les patrons restent des patrons. Les résultats comptent plus que le genre.

 Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

3 Commentaires
  1. Pour rebondir sur votre titre avant tout, il faut surtout ne pas avoir peur de poser une telle question ? Je comprends vos objectifs éditoriaux, séduire le pigeon ou faire dans la provoc… mais en fait je n’arrive plus à le comprendre. Et sachez que la moitié de la planète ne le comprend plus du tout. Comment en 2015, peut-on encore se demander si on doit avoir peur d’être dirigé par une femme ? On se consolera en se disant, que vu l’exemple donné par les dirigeants mâles, les femmes n’ont rien à craindre, elles ne peuvent pas faire pire !

  2. « Comment en 2015, peut-on encore se demander si on doit avoir peur d’être dirigé par une femme ? »

    => Sois tu vis dans un monde utopiste, soit tu n’es pas encore sortie de ta grotte. Il est évident que, bien que ce soit malheureux, la peur d’être dirigé par une femme existe. En tant que femme moi même, j’ai déjà travaillé dans différentes entreprises; et je peux te dire que quand mon boss est une femme, les tensions se sentent. Je suis totalement d’accord avec le syndrome de la reine abeille que l’article reporte. C’est moche à dire, mais bien souvent,(pas tout le temps; donc!) quand on donne un peu de pouvoir à une femme, elles ne se sentent plus et en profite. Comme si elles avaient qqch à prouver. Et c’est une femme qui parle.

  3. Pour ma part, je ne suis pas sûre que le pouvoir est un sexe particulier !
    Il me semble que la majorité des êtres humains utilisent sa parcelle de pouvoir dès qu’il le peut, quelque soit la sphère où cela se joue. Si son pouvoir ne dépasse pas l’espace domestique tout ce joue là, s’il s’étend au monde du travail, c’est encore plus « fun » !
    Quand au cliché homme/femme, lui n’ont plus n’a pas de sexe particulier… les femmes ne veulent pas lâcher leur prérogative tout en voulant l’espace des hommes et les hommes n’ont pas trop envie de bouger de leur position archaïque quelque soit le domaine dont on parle.
    Tant qu’on agira par adhésion aux clichés et qu’on n’apprendra pas vivre, sans avoir besoin de dominer quelqu’un, le monde (du travail comme le reste) ne changera pas.
    Ce n’est pas une question de genre, mais une question de maturité personnelle. Et dans ce domaine on est en totale égalité homme/femme 😉

    Je me permets tout de même de rajouter que depuis que j’ai décidé de travailler avec des gens incarnant leur valeur, je ne vis plus dans cet univers de querelle quotidienne de pouvoir. (ouff)
    Je travaille dans un milieu particulièrement féminin, mais pas que, et je reste persuadée que la sérénité intérieure, et l’envie de traiter les autres bien n’est pas une question de genre.

    Belle journée à tous

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