Conférence sociale : le double discours de la gauche

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Alors que la conférence sociale réunissant les partenaires sociaux démarre aujourd’hui, les responsables socialistes tiennent un discours pour le moins contrasté vis-à-vis du patronat.

Jean-Christophe Cambadelis est fâché contre le Medef. Au micro de France Info, le 1er secrétaire du PS a dénoncé la « culture » de la plus puissante organisation patronale qui se définit à « take the money and run ». Autrement dit, « prend l’argent et sauve-toi, ne participe pas, ne fais pas en sorte d’agir pour que le pays puisse s’en sortir ».

Le député de Paris a également accusé le Président du Medef de ne pas jouer le jeu. « La culture de la négociation n’est pas dans la tête de M. Gattaz ». Aux yeux de Cambadelis, le successeur de Laurence Parisot « veut démolir tout ce qui peut construire le dialogue social nécessaire en France ». Rien que ça.

« Le dialogue social marche en France »

Plus mesuré dans ses propos, Bruno Le Roux observe néanmoins que Pierre Gattaz a été « incapable de créer de la confiance autour de lui et de ce que nous faisons », affirme-t-il dans la matinale de Radio Classique. Bien qu’il trouve cela « dommage », le chef des députés PS à l’Assemblée Nationale espère que « la mécanique de la conférence nationale change les points de vue ».

Le ministre du Travail de l’Emploi et du Dialogue social, François Rebsamen, lui n’a rien vu de tout cela. À ses yeux, « le dialogue social marche en France ». Certes, il voit des « tensions », mais il a rappelé ce matin au micro de RTL qu’il y a « 40 000 entreprises qui ont passé des accords ». En clair, entre les déclarations des dirigeants nationaux et la réalité du terrain, il y a un monde.

Attaquer oui ou non les patrons ?

Le ministre des Finances veut également sortir de cette rhétorique guerrière. Il a déclaré dimanche : « notre amie c’est la finance : la bonne finance ». Une phrase qui fait référence à la fameuse citation campagne de François Hollande : « je veux faire la guerre à la finance ».

Quoi qu’il en soit, même si Michel Sapin avoue sur le ton de la plaisanterie « sa part de provocation », cette sortie reste symptomatique d’une division de la majorité sur le sujet. Faut-il oui ou non, attaquer les « patrons » et les organisations qui les représentent ?  Pour le moment, François Hollande et Manuel Valls gardent encore la main. Mais, pour combien de temps ?

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

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