Création d’entreprises : les entrepreneurs préviennent Arnaud Montebourg

 

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Après sa formation à l’INSEAD, Arnaud Montebourg va démarrer une carrière d’entrepreneur. Une nouvelle vie qui n’est pas de tout repos préviennent ses collègues.

« Diriger une boîte, c’est un vrai métier ». Arnaud Montebourg ne croit pas si bien dire. Éjecté manu militari du gouvernement, l’ancien ministre du Redressement productif a décidé de mettre entre parenthèses sa carrière politique pour démarrer une entreprise d’imagerie médicale. Une nouvelle vie qui va l’amener à se confronter aux petits tracas de la vie de chef d’entreprise.

Remplis d’amour pour leur prochain, certains entrepreneurs ont néanmoins voulu prévenir l’ancien homme fort de Bercy. « Il va très vite s’apercevoir que personne ne l’attend », explique Dominique Fonfrède, fondateur de Recépieux, entreprise spécialisée dans le recépage de fondation profonde. D’ailleurs, prévient-il : « la langue de bois, ça ne fonctionne pas ici ». Seuls les résultats comptent, prévient l’entrepreneur.

L’URSSAF, ce « cher » ami

Encore  faut-il maintenir un certain niveau de trésorerie. Ce qui n’est pas toujours simple quand on lance sa propre entreprise. Alexandre Paepegaey, étudiant entrepreneur et cofondateur de Privateaser raconte : « Dans une structure de type SAS, les fondateurs sont assimilés à des salariés. Ce qui nous oblige à payer des charges, alors qu’on est loin de pouvoir se payer un SMIC ». Un cas de figure que ne devrait pas rencontrer Arnaud Montebourg.

En revanche, son entreprise d’imagerie médicale va, à coup, sûr, l’obliger à recruter des profils qualifiés, « sans avoir forcément le chiffre d’affaires », précise Dominique Fonfrède. « Vous allez avoir le plaisir de vous frotter à l’URSSAF et aussi à toutes les autres caisses ». Des heures à passer au téléphone pour rectifier, quémander, échelonner des sommes qui sont calculées de façon plus ou moins « obscure ». Quoi qu’il en soit une aventure enrichissante et pleine de rebondissements.

Vivre l’insécurité juridique

Et puis, il y a les lois et les amendements sur la fiscalité. Des « petites » augmentations, fluctuantes au gré des majorités et des vents politiques. Dernière en date, la taxe sur les dividendes, assujettissant les dividendes des chefs d’entreprises aux cotisations sociales. Une « anomalie » retirée depuis par Michel Sapin, mais qui n’a pas manqué d’échauder les petits dirigeants de TPE et PME.

Oui, Arnaud Montebourg va vivre les tracasseries que rencontrent des millions d’entrepreneurs. Mais qu’il se rassure néanmoins, la vie de dirigeant vaut la peine d’être vécue. À la différence de la politique, les résultats sont immédiats et concrets.

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

1 Commentaire
  1. C’est gentil de prévenir l’ancien ministre de ce qu’il attend ! Quelques commentaires toutefois : l’Urssaff et toutes ces tâches administratives, ce n’est rien pour peu que l’on consente à dépenser environ 1000€ par mois pour se doter des services d’un expert comptable. Donc hop, problème réglé ! Et alors, l’entrepreneur peut se consacrer corps et âme à la création de valeur, à la conception et à l’industrialisation de ses produits. Mais surtout, et c’est là le vrai défi, à la recherche de clients, à la négociation de devis … et au paiement des factures en souffrance : là commencent la « vraie » vie et les réelles difficultés. Bon courage !

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