Discours d’Arnaud Montebourg : les entrepreneurs veulent y croire

 

montebourg

Après avoir écouté le discours d’Arnaud Montebourg jeudi après-midi sur le « redressement économique de la France », les patrons présents veulent y croire.

« Convaincant », « visionnaire », « sérieux ». Les qualificatifs encourageants, si ce n’est élogieux, ne manquent pas après le discours d’Arnaud Montebourg à Bercy. D’autant plus étonnant que la plupart d’entre eux viennent de patrons, dont on peut douter qu’ils aient voté socialiste un jour dans leur vie. « Il commence à donner confiance à l’ensemble des entrepreneurs », assure Michel Valache, Président du Syndicat National des Activités du Déchet (SNADE).

Pendant une heure, Arnaud Montebourg a esquissé la future stratégie économique du gouvernement : redistribution du pouvoir d’achat, investissement dans les infrastructures, réforme des phénomènes de rentes et de monopole. « L’esprit de Franklin Roosevelt vole sur les collaborateurs de Bercy », avoue-t-il même. Au final, le ministre de l’Économie veut « restituer 6 milliards d’euros de pouvoir d’achat ».

« Problème de l’ISF »

Il annonce également une règle des trois tiers concernant l’affectation des économies budgétaires : un tiers pour les baisses d’impôts des ménages, un tiers pour les baisses d’impôts pour les entreprises et un tiers pour la réduction des déficits. « Il ne s’agit pas de remettre en cause les 50 milliards d’économies, mais de bien les utiliser », explique-t-il à ceux qui visiblement n’y croient pas.

Serge Dassault, présent pour l’occasion, est l’un d’entre eux : « C’est très bien, mais le problème c’est qu’on n’a pas les moyens », explique-t-il à la fin de l’intervention de Montebourg. Pour lui, les réductions des déficits sont prioritaires. Sans parler du « problème de l’ISF », dont il n’a pas manqué de parler au ministre lorsque celui-ci est venu le saluer. Pour le chef de la famille Dassault, le plus important reste la baisse des impôts en général.

« C’est un type qui comprend l’entreprise »

Mais, en dehors de cet intermède, les entrepreneurs veulent y croire. « Moi j’ai confiance en lui. Il se souvient des entreprises et des entrepreneurs », explique Jean-Marc Barki, dirigeant de Sealock. « Bon après, je ne connais pas sa latitude d’action exacte », plaide-t-il. Mais, comme les autres patrons présents dans la salle de conférence de Bercy, cette action va donner « de l’oxygène aux PME ». Sur ce point, l’entrepreneur en est certain.

D’autant que Jean-Marc Barki « n’était pas sujet à l’apprécier, encore moins à l’admirer ». Mais voilà, son énergie a fait le reste. « C’est un type qui comprend l’entreprise ». Il n’en n’est peut-être pas issu, « il fait bouger les lignes ». Une phrase que l’on n’était pas près d’entendre de la part d’un entrepreneur il y a encore quelque mois.

De là à savoir si cela va marcher ? Réponse l’année prochaine. En tout cas, les patrons ne veulent plus s’entendre dire qu’ils n’ont pas joué le jeu.

 Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

1 Commentaire
  1. On aimerait y croire… Aujourd’hui, les Français et les entreprises peinent. Je rejoins l’idée qu’Arnaud Montebourg connait le monde des entreprises et qu’à ce titre, il saura adapter la politique pour les aider. Croisons les doigts !

Répondre

Votre email ne sera pas visible.

Vous aimez le média des Entrepreneurs & Startups ?

Sélectionnez une ou plusieurs listes :

et restez connecté en nous suivant sur les réseaux sociaux