Femmes entrepreneures : faut-il congeler ses ovocytes ?

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Apple et Facebook vont offrir la congélation des ovocytes aux employées qui le souhaitent. Une initiative qui intéresse forcément les femmes entrepreneurs.

Choisir. Le nombre, mais surtout l’heure. Pour la première fois, deux grandes sociétés, Apple et Facebook, vont proposer le remboursement des frais médicaux aux salariées qui souhaiteraient congeler leurs cellules reproductrices. Une initiative qui ne peut pas laisser insensibles les entrepreneures, bien souvent obligées à jongler entre les agendas familiaux et professionnels.

« Ce ne sont pas des philanthropes ». Aux yeux de Françoise Kourilsky, Coach, conférencière et auteure de  deux livres sur l’accomplissement personnel, l’initiative de Facebook et Apple est toute sauf désintéressée. « Ils misent clairement sur les ressources de la gent féminine dans leur business ! », ajoute la dirigeante. Ce qui n’est, de son point de vue, pas une mauvaise nouvelle non plus. Les femmes ont montré depuis longtemps les bienfaits qu’elles apportent aux différents conseils d’administration dont elles font partie

Accueillir un enfant dans les meilleures conditions

« C’est une initiative moderne, précurseur », mais aussi « coûteuse », rappelle Dominique Druon, dirigeante d’Aliath. En effet, la congélation n’est pas à la portée de toutes les bourses qui le souhaiteraient. Aux États-Unis, la congélation coûte en moyenne entre 10 000 et 20 000 dollars pour chaque congélation et 500 dollars de frais annuels de conservation. Garance Yverneau, dirigeante de 5A Conseil, qui a congelé ses ovocytes évoque quant à elle sur Itélé une facture de « 4 à 5000 euros ».

« Sécuriser ma fertilité et retarder l’âge de la grossesse c’était pour moi me donner quelques années de plus pour stabiliser ma vie professionnelle et construire ma vie personnelle pour accueillir un enfant dans les meilleures conditions », explique-t-elle. Faut-il cependant installer cette mesure dans l’entreprise, si celle-ci en a les moyens ? Si pour Garance Yverneau, « le législateur doit s’emparer de cette question », François Kourilsky demande un temps de « réflexion en terme d’éthique ».

Et l’éthique ?

Même si « la culture américaine est sans doute plus libératrice d’initiative », l’entrepreneure rappelle également que les deux géants « ont fait leur calcul ». La philanthropie et l’altruisme n’ont pas leur place ici. « Comment effectivement éviter une pratique qui n’interagisse pas dans le système de promotion des femmes, sous prétexte que l’entreprise finance une facilité pour les femmes à avoir des enfants plus tard dans leur vie ? », demande Dominique Druon.

En tout cas, Françoise Kourilsky a « la conviction qu’il nous faut aujourd’hui prendre conscience que rien n’est jamais trop tard, ni trop tôt.  Il faut plutôt savoir se sentir prêt, et ne plus s’emprisonner dans des conventions de timing pour faire X ou Y ». À croire que l’exemple de Carla Bruni, mère à 43 ans se multiplie chez les entrepreneures.

Et vous qu’en pensez-vous ?

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

3 Commentaires
  1. Bonjour,

    Je suis toujours surprise de voir que ce sont les hommes qui commentent ce qui devraient être commenté par les femmes !
    Mais, force m’est de constater qu’en général elles ne commentent, ou très peu !

    Je ne sais pas bien ce que veut dire « accueillir des enfants dans de meilleures conditions » … condition physique ? condition financière ? condition psychologique ? condition familiale ?
    Si on met cette information en rapport avec la durée moyenne des couples (+ ou – 3 ans) et en rapport aussi avec l’augmentation du turnover en entreprise, même dans les postes à responsabilités (là où nous aurions quelques deniers pour se permettre de se congeler les ovocytes) de quelles meilleures conditions parlons-nous ? et finalement pour qui seraient ces meilleures conditions au juste ?

    Faire des enfants à partir de 43 ans ? ils ne seraient pas encore à la maternelle que nous serions déjà considérées professionnellement comme « sénior » … avec toute la difficulté de trouver (ou retrouver) du travail à cet age là ???

    Peut-être, aussi, avons nous oublié que la ménopause commence vers 50 ans ?
    Nul besoin de se faire congeler quoi que ce soit pour avoir des enfants à 40 ans ! (faisons un p’tit tour vers les statistiques d’avortement pour constater le nombre impressionnant et inconnu du nombre d’avortement après 40 ans !!!)

    Donc messieurs les responsables des lobby pharmaceutiques (qui nous inquiètent en permanence sur les risques des grossesse dites « tardives » …(tardives en quoi ? on ne meurt plus à 40 ans !!!) et messieurs pro-ovocytes congelés peut-être devriez-vous vous occuper de faire un monde du travail plus humain (pour les hommes comme pour les femmes) au lieu de vous faire de l’argent en tentant de nous faire peur en permanence sur la capacité des femmes à être mère (donc femme finalement) dès qu’elles sortent de leur cuisine.

    Et dernière question : Un être humain qu’il soit homme ou femme ne peut-il avoir une belle vie épanouie sans avoir enfanté ? l’accomplissement humain passe-t-il par la reproduction ?

    Je vous souhaite une belle journée
    Isabelle Montané

    1. Bonjour Isabelle,
      Je rebondis sur votre dernière phrase. Oui, je pense pour ma part qu’avoir des enfants est absolument necessaire à l’épanouissement de la femme. Notre culture et notre histoire nous y prédisposent. Sans cette étape qui nous permet de transmettre, nous ne pouvons être épanouies. Sans enfant, la frustration s’installe et la déprime avec. Je ne connais pas de femme parfaitement épanouie sans être mère et je ne connais pas de mère ayant désiré un enfant, qui regrette de l’avoir mis au monde.
      Concernant le moment de vivre ce moment privilégié, j’aimerai que chacune puisse y répondre personnellement. Pour moi, pas de règle applicable, pas de recette magique. Le désir d’avoir des enfants doit prévaloir sur toute autre considération car au final, c’est forcément des soucis mais toujours beaucoup de bonheur.
      N’oublions pas, nous entrepreneuses, qu’avoir des enfants est une merveilleuse aventure pleine de surprises pour toute une vie !
      A bientôt, Hélène (entrepreneuse et mère de 4 enfants)

  2. Bonjour Hélène,

    Cela m’a fait plaisir de vous lire.
    Je comprends votre point de vue et pour plein de raisons je le partage aussi. Personnellement j’ai 2 enfants (tardivement donc !) et ce fut, et c’est encore une grande joie et une grande source d’épanouissement. C’est pourquoi, j’aurai pu tout à fait écrire votre post.
    Mais, il me semble important de faire entendre aussi d’autres voies, et surtout la voie des « sans voies ». Ancienne militante féministe, je peux vous assurer que de nombreuses femmes ne sont pas contentes d’être mère et d’avoir donné une vie… souvent une vie non désirée… et parfois désirée sur l’instant mais pour de mauvaises raisons … qu’il faut payer ensuite toute une vie. Et aujourd’hui, il n’y aucune place sociale pour une femme qui voudrait dire « je regrette d’avoir un ou des enfants, cela est plus une charge qu’un plaisir pour moi ». Cette parole là ne peut pas être dite, je peux vous l’assurer !
    J’ai aussi une vie spirituelle importante, et rencontre des femmes qui ayant fait des choix liés à d’autres systèmes de valeur, sont sincèrement bien aussi épanouie que moi, voir plus pour certaines.
    J’ai aussi 2 amies qui n’ont pas pu avoir d’enfant, ce deuil fut difficile, mais leur vie, pas moins que celle qui a perdu son enfant de 6 ans. Mais le vie de ces personnes est plus grande que tous les deuils que nous devons tous faire à un moment ou un autre.
    La vie des femmes et des hommes est plus grande, plus ample et va plus loin que le besoin, l’envie ou la impossibilité de se reproduire.
    Mais l’article de Monsieur Blondé n’est pas là. Il est sur le « confort que propose FaceBook et Appel » avec la congélation des ovocytes. Et autant, je trouve cette option (que permet la science) formidable, comme tout ce qui permet aux femmes d’être libre de leur destin, autant je m’interroge sur ce qui n’est pas visible immédiatement … à qui sert véritablement le fait que les femmes puissent avoir des enfants tardifs, dans un monde professionnel où l’on « n’est plus utile au marché » de plus en plus tôt ? Et plus amplement encore, à qui profite cette parole « la femme ne s’épanouie que dans la maternité » donc il faut lui permettre d’enfanté à tout moment ???
    L’instinct maternel n’existe pas. C’est un choix d’aimer ou non les êtres vivants que l’on a mis au monde… et de les aimés toute leur vie… combien d’enfants homosexuels, où d’ado enceintes sont jetés à la rue avant leur majorité (!!!) par leurs parents ?
    Il est où l’instinct maternel et le fameux épanouissement, là ?
    Donc même si je suis pleinement d’accord avec vous : la maternité peut être un véritable épanouissement, PERMETTONS MALGRÉ TOUT D’AUTRES PAROLES DE FEMMES, et d’autres paroles de parents … comme celles de ceux qui regrettent d’avoir fait un enfant non conforme à leur espérance !

    Mais surtout, et c’est là l’essentiel de mon propos, que l’on soit homme ou femme, soyons attentifs ensemble quand un système BASÉ SUR LA RENTABILITÉ nous propose des options soit disant désintéressées pour notre bien ! A qui cette proposition sert-elle le plus ? A quoi sert-elle vraiment ?

    Je vous remercie de l’occasion de ces échanges.
    Isabelle

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