Les patrons français trop payés ? Les patrons répondent

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Entre les patrons du CAC 40 et les entrepreneurs, la confusion est vite arrivée dans la tête des Français. Ce qui agace profondément les chefs d’entreprises.

 

Les grands patrons gagnent bien leur vie. Dans sa dernière étude, le cabinet Spencer Stuart a scruté le niveau de rémunération des dirigeants du CAC 40, grâce notamment aux comptes rendus des dernières assemblées générales. Avec une rémunération de 4,5 millions d’euros, Maurice Lévy reste le patron le mieux payé de France, devant Jean-Paul Agon (4 millions d’euros) de L’Oréal et du dirigeant de LVMH, Bernard Arnault (3,9 millions d’euros).

Après, il faut bien poser la question « qui tue » : est-ce trop ? Si tout le monde a sa petite idée, il est rare d’entendre les entrepreneurs à ce sujet. Aux yeux de Stefan Aimar, co-fondateur de Upblisher, « le travail, fut-il acharné, la créativité, fût-elle éclatante, cela ne saurait justifier à eux seuls un tel niveau de rémunération». Il dénonce d’ailleurs une rémunération non plus basée uniquement sur « ce qu’ils font », mais aussi sur « ce qu’ils sont ». En clair, les entreprises paient la célébrité, avant la compétence.

Exaspéré par cette confusion

Résultat, comme l’explique Isabelle Sthemer, Présidente de ClubDojo, « cela nuit gravement à l’image des petits entrepreneurs trop souvent assimilés à ces grands patrons, alors que ceux-ci peuvent aussi bien ne pas se payer pendant quelques temps dans le souci de pérenniser leur entreprise et de payer leurs salariés d’abord. On est loin de Maurice Lévy… ».

Et puis, Maurice Lévy est un cas à part. Sophie de Menthon, Présidente du mouvement patronal ETHIC, rappelle que le patron de Publicis « était à l’origine salarié » de l’entreprise. « Que son talent en ai fait le 3e groupe mondial a d’évidence incité les actionnaires et les propriétaires de l’entreprise à l’élever à ce niveau d’intéressement et de revenus ». Une situation qui reste néanmoins exceptionnelle, comparée au reste des entrepreneurs.

La conscience des petits entrepreneurs supérieurs ?

Il n’empêche, Stefan Aimar reste exaspéré par cette confusion : « Je suis excédé par l’amalgame incessant entre le salaire des patrons et celui des dirigeants du CAC 40 ». L’entrepreneur reprend les dernières études sur le sujet et rappelle qu’un dirigeant d’entreprise de moins de 20 salariés gagne en moyenne 4200 € en 2010. Une goutte d’eau en comparaison du CAC 40.

D’autant que l’écart de salaire dans les PME, ETI, Startups sont sans communes mesures avec ce qui se passe dans les grandes entreprises françaises. À croire qu’ « au-delà des considérations de rentabilité de leur entreprise, la conscience des petits entrepreneurs sur la contribution de chacun dans leur équipe à sa réussite, est nettement supérieure », avance la Présidente de ClubDojo.

« Dîtes merci aux riches, imposez-les après »

Cependant, les entrepreneurs ne veulent pas d’interventions de l’État en matière de rémunérations. « Je trouve le principe de limitation avec un ratio entre le plus petit salaire et le plus important, restrictif, arbitraire et dogmatique », dénonce Dominique Druon, CEO de Aliath. La taxe à 75 % est dans tous les esprits.

L’utilisation de l’impôt pour réduire ces écarts relève tout simplement de la « punition et fait fuir les riches », explique Sophie de Menthon. Or, pour l’entrepreneur, plus que les salaires, « c’est un état d’esprit qu’il convient de corriger. À quand la lettre de remerciement pour nous remercier d’avoir contribué, peu ou énormément à nos infrastructures ? Dites merci aux riches, imposez-les après, et redites merci ! »

 

Une pensée que n’est pas loin de partager la majorité des entrepreneurs français.

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

7 Commentaires
  1. Ok pour distinguer petits patrons et grands patrons, ce ne sont pas les mêmes proportions ni états d’esprit, en général.

    « Dites merci aux riches » : les riches ne sont riches que parce que qu’ils sous-paient les salariés qui travaillent pour eux. Ce sont aux riches, de dire merci aux pauvres.

    Étant donné que de nombreux riches patrons ne savent pas d’eux-mêmes répartir les gains de manière équitable et payer un salaire honnête à leurs salariés, alors l’intervention d’une instance externe pour limiter les abus est la seule option.

    Les impôts ne sont qu’une maigre compensation des abus d’attribution de salaire qui font qu’une énorme partie de la population mondiale vit dans la précarité, se prive au quotidien, dans l’incertitude continuelle du lendemain, alors qu’elle travaille. Malgré les impôts (qui leur profitent aussi, infrastructures, etc), les très riches restent très riches car la disproportion salariale est extrêmement abusive.

    Les grands patrons n’ont pas la moindre notion du quotidien de l’immense majorité de la population mondiale.

    1. « les riches ne sont riches que parce que qu’ils sous-paient les salariés qui travaillent pour eux »

      J’en ai assez entendu pour aujourd’hui, merci Marc… Sinon vous savez ce que c’est d’être patron ? Vous avez déjà été entrepreneur pour sortir des choses pareils ?

      combien de patrons n’ont pas touché un rond pendant plusieurs années avant de trouver la bonne formule et de se rattraper… Mais ça personne le dit.

  2. moi meme j’ai été grand patron d’un sexe shop reconnu dans le monde entié et c’étais pas facile tout les jours de se faire enculer pour tester les godes

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