Taxes sur les dividendes : pourquoi cet amendement fait mal à l’esprit d’entreprise

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Malgré la volonté du gouvernement d’abandonner l’amendement socialiste sur la taxation des dividendes des SA et SAS, cet épisode fait du mal aux entrepreneurs français.

Le match retour n’a pas eu lieu. Deux ans après la révolte des Pigeons contre la hausse des taxations des plus-values de cession d’entreprises, la majorité socialiste est revenue à la charge en voulant assujettir les dividendes des chefs d’entreprises aux cotisations sociales. Une mesure qui a fait hurler le Medef et les entrepreneurs en général. Résultat, moins de 24H après son adoption, le gouvernement fait marche arrière.

Mais le mal est fait. Cette tentative donne une image désastreuse de l’action du gouvernement. « L’incohérence est le premier mot qui me vient à la bouche », dénonce Denis Jacquet, fondateur de Parrainer la croissance. « Comment peut-on mettre à mal, depuis les bancs de l’assemblée, ce que Macron et Valls tentent de mettre en place au gouvernement ? J’ose espérer que ce n’était pas un ballon d’essai. »

Plus grave, la volonté de taxer les dividendes des dirigeants de SA et SAS prouve encore une fois aux yeux de l’entrepreneur la « méconnaissance » des députés en matière d’économie. « Ce député, chirurgien d’origine, comment peut-il « opérer » l’économie à cœur ouvert sans protéger les vaisseaux qui l’alimentent ??? ».

« Cette nouvelle taxation des dividendes reviendra »

Depuis, le député PS Gérard Bapt a fait amende honorable. « Il est vrai qu’il y a eu un manque de préparation. Avant la discussion budgétaire, nous avions consulté les acteurs du monde de l’entreprise, notamment la CGPME, mais ce point n’avait pas été soulevé. » Une méthode qui n’étonne pas Robert Branche, vice-président de Nous, Citoyens. « C’est la République des mots. Les mots d’un côté ; les actes de l’autre ».

Difficile de croire après de croire aux déclarations d’amour du gouvernement sur l’entreprise. Yoan de Hautcastel ne dit pas autre chose sur Twitter : « Hélas, cette nouvelle taxation des dividendes reviendra tant la haine des « frondeurs » envers l’entreprise est forte ». Une analyse qui est partagée par nombre de dirigeants de petites entreprises.

Marc Simoncini, sous couvert d’ironie sur Twitter, raconte d’ailleurs sur les premiers effets ravageurs de ce double discours de la majorité socialiste : « Tiens, l’entrepreneur qui fait mes travaux m’annonce ce matin qu’il déplace sa boîte au Portugal. Il se payait en dividendes ! #Chômage ». Une réaction peut-être exagérée qui traduit néanmoins les craintes de la majorité silencieuse des entrepreneurs.      

Tancrède Blondé


Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

4 Commentaires
  1. Cet amendement est en erreur et va être retiré ou corrigé.
    De là à en conclure à « la haine des frondeurs envers l’entreprise », c’est un peu réducteur.

    Personne, ni les frondeurs, ni les autres, ne conteste les 50MM€ d’économies de dépenses publiques programmées sur 3 ans dans le cadre du programme de stabilité. C’est un effort sans précédent, qu’aucun gouvernement n’a jamais réalisé.

    En revanche il y a débat sur l’utilisation de ces 50 MM€ :
    * le Pacte de responsabilité + le CICE utilisent 41 des 50 MM€ à des allègements de charge pour les entreprises, 5 MM€ à des allègements fiscaux pour les ménages, reste donc 4 MM€ de réduction de la dette (ce qui, en passant, fait râler l’UE et nous maintient à 4,4% au lieu des 3§ de déficit)
    * les frondeurs, via « l’appel les 100 », proposent 22,5 MM€ pour les entreprises, 18,5 pour les ménages (histoire qu’ils puissent consommer ce que produisent les entreprises), 5 pour les collectivités territoriales (qui retourneraient aux entreprises via investissements btp locaux) et 5 à la réduction du déficit. C’est de la haine, 22,5 + 5 milliards d’Euros pour les entreprises ?
    * Montebourg proposait 3 tiers égaux entreprises/ménages/déficit, base de son désaccord avec le gouvernement fin août.

    C’est un peu plus long qu’un tweet pour expliquer tout cela, mais j’espère avoir éclairé le débat !
    amitiés
    VG

  2. Le probleme n’est pas un soucis d’analyse ou de répartition mais uniquement un soucis de confiance.
    Tant qu’un politique considerera qu’un revenu de 6 000 € mensuel équivaut à être RICHE (ce qu’ils sont d’ailleurs eux même tous), aucune solution ne sera trouvée.
    Rendre les « Riches » moins riches ne fera des « Pauvres » des gens moins pauvres, au contraire, si ceux qui pouvaient encore consommer ne le font plus, c’est encore plus de chomage et de misére pour les autres.
    Un dicton dit que la politique est trop sérieuse pour la laisser aux politiciens, en matière de consommation c’est un fait avéré…
    TW

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