BEATEX : la désindustrialisation à visage humain …

Les années passent mais la situation industrielle de la France, elle, ne change pas. La preuve avec Beatex, dernière fabrique de bérets installée en France, qui risque de disparaître très vite si la procédure de redressement judiciaire est enclenchée par le Tribunal de Commerce, le 10 Janvier prochain.

Un triste mais inéluctable épilogue si l’entreprise n’avait pas de clients. Or il n’en est rien selon son président, Pierre Lemoine : « j’ai 600 000 € de commandes à livrer ». Assez selon lui, pour continuer l’activité de la dernière manufacture de bérets de l’hexagone. D’autant que la société fournit non seulement l’armée française mais aussi les autres de l’Otan, l’Espagne et le Brésil en tête.

Problème, Beatex a eu des difficultés de trésoreries et doit à l’URSAFF  « 59 000 € pour ce qui est des parts salariales, 160 000 si l’on ajoute les parts patronales dont l’échelonnement se négocie », toujours selon Pierre Lemoine. Alors pourquoi enclencher la procédure de redressement judiciaire ? Selon son avocat Gilles Lefebvre, Beatex est victime d’un « matraquage médiatique, car sur le plan comptable il n’y pas de problème ! » Son avocat accuse même, à mots voilés, le 1er vice-président de la région Aquitaine et maire d’Oloron, Bernard Uthurry de vouloir récupérer le terrain de Beatex pour la construction d’un auditorium.

Ce qu’il ne dit pas, c’est que la société a eu du mal à payer ses salariés en Novembre. A tel point que les salariés se sont mis en grève deux jours afin de recevoir leurs salaires. Sans compter, le « différend » qui oppose la direction et les salariés sur la prime d’ancienneté. Des éléments qui justifient aussi l’auto-saisie du Tribunal de Commerce, bien que la procédure soit extrêmement rare. De là à fermer l’entreprise, il n’y a qu’un pas que le Tribunal de Commerce semble bien vouloir franchir.

Et pendant ce temps, la désindustrialisation continue.

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

1 Commentaire
  1. La désindustrialisation est malheureusement monnaie courante où le gel des salaires (et des primes), la réduction de la masse salariale et les difficultés de (re)financement par les banques (surtout en la période actuelle) ne permettent pas de sauver l’activité en danger.

    Bien souvent, le soutien des pouvoirs publics et des élus locaux est réellement décisive pour sauver les usines et les emplois. Et les solutions ne manquent pas : exonération de TP, création d’un système de garantie et/ou de financement soutenu par la collectivité, aide dans la recherche de locaux collectifs et/ou à location modérée, etc.

    Néanmoins, les aides doivent être accompagnées par deux conditions indiscutables :
    1. que la collectivité soit dotée (bien en amont !) de réels moyens financiers. D’où l’intérêt de la décentralisation accompagnée par la création de collectivités d’agglomération (pour les élus les moins riches) afin d’optimiser les coûts et d’éviter les hausses d’impôts aux contribuables.
    2. (évidemment) que l’entreprise soit dotée de réelles perspectives de clientèles, sans quoi la « main invisible » (A. Smith) doit prendre le relais.

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