Bernard Tapie : richesse, ruine et résurrection d’un entrepreneur

Mise à jour – 01/01/2013

C’est officiel ! Après de multiples rebondissements dans la cession du groupe Hersant Média, Bernard Tapie ajoute une nouvelle corde à son arc. En effet, l’entrepreneur Bernard Tapie reprend le groupe de presse régional pour un montant de 50 millions d’euros en association avec la famille Hersant. Le groupe Hersant Média, qui rassemble entre autres les titres de presses régionaux Nice Matin, La Provence, Corse Matin ou encore des titres aux Antilles, a un nouvel actionnaire ! L’offre de Bernard Tapie a finalement eu l’aval des banques créancières pour la reprise des dernières actions du groupe de presse et la cession devrait être actée dans le courant du mois de janvier 2013.

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Adulé ou détesté, l’entrepreneur Bernard Tapie aura marqué au fer rouge l’esprit des chefs d’entreprise Français des années 80. Retour sur la vie d’un entrepreneur, au sens le plus large du terme, qui n’aura cessé de se réinventer au gré de ses échecs.

 Bernard Tapie entrepreneur

« Qu’est ce qui fait marcher Tapie ? » Longtemps, la question posée dans cette publicité des années 80, restée célèbre depuis, a fait écho dans la société Française. Produit de la méritocratie entrepreneuriale des années 80, Bernard Tapie a symbolisé plus que tout autre ce nouveau capitalisme, issu de la grande vague de déréglementation de la génération Mitterrand. Brasseur d’affaires, président d’un club de foot, prisonnier de droit commun, animateur TV, avant d’enfiler le costume d’acteur, le caméléon Bernard Tapie aura tout connu.

Né en 1943 dans un milieu ouvrier de la banlieue parisienne, le jeune Bernard Tapie montre très tôt une bougeotte peu commune. Une énergie qui s’accorde mal avec le milieu scolaire, dont il se séparera sans regret. Energique et beau, le jeune Bernard Tapie pousse quelque temps la chansonnette. Mais le succès artistique se refuse à lui. Il décide alors d’entrer dans les affaires. Ou, pour être plus honnête, elles décident de rentrer chez elle.

Mic-mac Bernard est à l’attaque

Un jour, un vendeur en porte-à-porte essaie de lui vendre un téléviseur. Bernard Tapie refuse, mais prend le pari qu’il réussit à vendre son stock d’invendu. Après quelques déconvenues, le commercial s’invente un métier de journaliste. Le prospect ne doit plus acheter un téléviseur mais l’utiliser pendant une semaine afin de répondre à un sondage. Approprié à son univers, le client à du mal à refuser l’offre que lui fait le jeune Bernard Tapie : 25% de réduction sur ce même téléviseur. Mic-mac Bernard est à l’attaque.

Après trois dépôts de bilan, Bernard Tapie rachète plusieurs entreprises de papeterie. Mais c’est en 1980 qu’il se fait connaître nationalement, en faisant l’acquisition de Manufrance. Société défaillante qu’il vide de sa substance avant de la liquider en 1986. Dès lors il multipliera les rachats : Testut, Look, raquette de tennis Donnay, les piles Wonder-Leclanché). Et la méthode reste la même : ventes d’actifs juteux avec plus-value, restructurations, licenciements et fermetures d’usines.

L’affaire OM-VA le fait plonger

Sa fortune faite, il crée sa holding Bernard tapie finance (BTF) où il fait entrer des acteurs institutionnels dont le Crédit Lyonnais. Il continue ses rachats, dont l’Olympique de Marseille qu’il amènera au sommet grâce à de recrues de choix. Mais son plus grand coup vient en 1989, avec le rachat d’Adidas. Cependant, il manque de trésorerie et revend très vite l’équipementier, par l’intermédiaire du Crédit Lyonnais. Se sentant lésé dans l’affaire, Bernard Tapie attaquera la banque. Une bataille homérique qui terminera par une victoire pour l’entrepreneur qui recevra 220 millions d’euros dans cette affaire.

Son succès est telle qu’il se lance en politique. Mais les ennuis commencent. Devenu ministre de la ville sous le gouvernement Bérégovoy, il doit le quitter aussitôt pour une condamnation d’abus de bien sociaux. L’affaire OM-VA, vulgaire histoire de match truqué, conclut de le décrédibiliser dans la galaxie entrepreneuriale et l’opinion Française. Sans cesse rattrapé par différentes affaires (trucage de comptes de l’OM, usage personnel d’un Yacht qui ne lui appartient pas), il est mis  en liquidation judiciaire à titre personnel en 1994.

Bref, Bernard Tapie entreprend

En quelques années, Bernard  Tapie a tout perdu. Plus patron de groupe, démissionné de la présidence de l’OM, l’entrepreneur connaît une incarcération de quelques mois en 1997. Il est au fond du trou. Mais l’ancien jeune premier a de la ressource. Ruiné, il reprend une activité d’animateur TV sur TF1 et joue quelques pièces de théatres qui en seront pas ridicule, en terme de box-office. Un purgatoire, pour cet amoureux des « coups », qui durera une dizaine d’année.

Remis à flot par le litige qui l’a opposé au Crédit Lyonnais, Bernard Tapie escompte même revenir dans le monde des affaire, par le biais du Club Med, dont il désapprouve la stratégie de montée de gamme. Une tentative qui échouera. Ce qui ne l’empêchera pas de lancer, avec son fils, BernardTapie.com qui a pour ambition d’augmenter le pouvoir d’achat des « 50% des Français qui gagnent le moins ». Bref, Bernard Tapie entreprend.

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

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