Emploi : l’alternance n’enthousiasme plus les dirigeants français

Selon des données provisoires du ministère du Travail, les formations en alternance ont subi une légère baisse. La faute, bien entendu, à la crise économique, mais pas seulement. 

La formation en alternance
Selon des données provisoires du ministère du Travail, les formations en alternance ont subi une légère baisse.

La campagne publicitaire du gouvernement de 2011 n’a visiblement pas convaincu les entrepreneurs. Preuve en est, le recrutement des apprentis est en baisse en 2012. On enregistre quelque 455.000 entrées en formation en alternance contre 468.229 en 2011, soit une baisse de 2,6 % tout type de contrats confondus.

Les tendances se sont donc bien inversées. Les chefs d’entreprises ne voient plus que des avantages à embaucher des apprentis. On est loin du slogan « Plus d’apprentis égale plus de talents et moins de charges ».

« Aujourd’hui, des PME qui avaient l’habitude de recruter chaque année en contrat d’apprentissage ou en contrat de professionnalisation choisissent de ne plus former en alternance. La faute à la crise, bien sûr, mais pas seulement :  une PME qui a éventuellement déjà eu une expérience en alternance qui s’est mal passée, et qui, en plus, n’a aucune visibilité sur son carnet de commandes à 5 mois, ne voudra pas s’engager à recruter un jeune. »

Le temps, c’est de l’argent

Voilà un début d’explication que nous offre Morgan Marietti, président de l’ANAF (association nationale des apprentis de France). En effet, l’absence de visibilité sur le carnet de commandes représente un frein, d’autant plus fort dans le cas de contrats en alternance longs, de 24 à 36 mois.

De plus, il faut prévoir du temps pour encadrer et accompagner le jeune. Cela explique que certaines grandes entreprises se passent des apprentis. Entre le coût d’encadrement et le montant de la pénalité à payer si elles n’atteignent pas leur quota d’apprenti, les entreprises arrivent à la conclusion qu’il est peut-être plus intéressant pour elles de payer une plus grosse pénalité.

Malgré ce constat, le ministre de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, Thierry Repentin, reste optimiste : « J’ai confiance dans les entreprises, qui savent que pour préparer l’avenir, il faut faire des investissements. Et embaucher un jeune en alternance, c’est un investissement pour l’avenir. »  De nouveaux dispositifs, prévus pour cet été, devraient contribuer à soutenir les contrats en alternance. La priorité ? Faire évoluer la taxe d’apprentissage. Pour cela, le gouvernement veut supprimer les freins qui rendent très coûteux l’apprentissage pour les employeurs publics. Le financement des formations est lui aussi en cause. En effet, 60 % seulement de la taxe d’apprentissage va, à proprement parler, au monde de l’apprentissage. La création d’un service public régional de la formation professionnelle pourrait figurer dans le prochain projet de loi de décentralisation.

Sarah Cohen

Sarah Cohen

Rédactrice

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