Entrepreneur : les cinq stratégies gagnantes pour innover à tous les coups

Pour réussir sa vie d’entrepreneur, mieux vaut démarrer avec un produit innovant. Ça aide ! Voici donc les cinq voies pour atteindre le nirvana de l’innovation.

Les stratégies gagnantes de l'innovation
Les stratégies gagnantes de l’innovation

« Tout le monde peut innover… si sa vie en dépend », disait le co-fondateur de Sony, Akio Morita. Autre façon de dire que l’entrepreneur n’a pas le droit, lui, de ne pas innover. Non pas qu’il soit obligé d’inventer à chaque fois une nouvelle technologie révolutionnaire – n’est pas Alexander Graham Bell qui veut – mais bien en proposant une valeur ajoutée spécifique à son produit, service.

Comment ? En puisant dans l’insolite, explique Anne Brunet-Mbappe, chercheur et professeur de créativité et d’entrepreneuriat à Novancia Business School. Des innovations qui résisteront d’autant mieux à la crise, car « peu soumises aux aléas de la conjoncture », explique-t-elle dans son dernier ouvrage : « L’insolite : moteur de l’innovation – Être hors tendance pour être fort ». Encore faut-il connaître les ressorts de l’innovation par l’insolite. Elle nous en donne cinq.

La stratégie de l’expérientiel

Un mot barbare pour en fait évoquer l’expérience du consommateur. Une expérience que l’on espère, forcément, inattendue. « Les innovations insolites basées sur l’expérientiel se caractérisent par la dimension participative du client », rappelle Anne Brunet-Mbappe. En gros, l’entrepreneur vend une histoire au client de telle sorte qu’il en soit co-producteur.

Des innovations qui émergent principalement des secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. Par exemple dans le restaurant Alcatraz E.R à Tokyo, vous déjeunez dans un… hôpital. Atmosphère lugubre, cocktails servis dans des tubes à essai, servis par des infirmières équipées de seringues. Charmant ! Et encore, ce n’est rien comparé à un restaurant ukrainien en forme de cercueil géant. Avis aux amateurs…

Pour faire simple: « les sens et les émotions sont au cœur de l’offre, car les expériences proposées doivent être mémorables ».

La stratégie de l’acteur

Ici, l’innovation repose sur le choix de l’acteur, inattendu dans ce contexte d’utilisation : des singes à la place de serveurs, des enfants qui gèrent une banque, un aveugle… architecte d’intérieur. Au final, l’entrepreneur «développe une compétence inattendue» qui rend l’entreprise innovante sur son marché.

Dans le genre insolent & insolite, l’entreprise Californienne Adopt a Shark fait aussi fort. Comme son nom, elle vous propose d’adopter… un requin. Pas de panique non plus, si vous testez la piscine d’un ami de la Silicon Valley. Ici, l’objectif est de mettre en avant les vertus régulatrices sur l’écosystème maritime. Grâce à un programme pédagogique et un traçage par satellite, on peut suivre « son » requin pendant quelques mois.

Résultat, l’entreprise a réussi à vendre un produit qui ne lui appartient pas.

La stratégie de la cible

Dans ce cas précis, c’est le « choix de la cible qui est inattendue dans le contexte d’utilisation ou d’activité.Concrètement, un produit destiné généralement aux humains sera cette fois-ci adapté aux animaux. C’est fou, certes, mais ça existe. La preuve, avec le Doggy palace en Belgique qui offre des suites de 70m2, avec salles de jeux, massages et hydrothérapie. Le pied !

Mais la cible ne se limite pas aux meilleurs amis de l’homme. Par exemple, TravelEyes se veut la première agence de voyages… pour aveugles. Avec un système très simple : en échange d’une réduction sur le voyage, des voyants accompagnent, guident et décrivent aux malvoyants et aveugles, les paysages qui les entourent.

Une telle stratégie nécessite néanmoins de connaître sur le bout des doigts son métier et secteur d’activité. En effet, «les produits et services se caractérisent par une hyperspécialisation de la cible, toujours très spécifique », explique la professeur d’entrepreneuriat.

La stratégie du matériau

Cette fois-ci, c’est le matériau qui est utilisé de manière innovante. «La stratégie d’innovation ne repose pas sur l’intégration d’un matériau nouveau, mais sur l’utilisation nouvelle d’un matériau déjà existant». Sandale en papier, cercueil en carton, pierre tombale en métal, autant d’objets que l’on n’imagine pas dans ce type de matériau.

La plupart du temps, cette stratégie est utilisée pour créer, renouveler, une démarche écologique. Dans cette démarche, une «villa déchet» a vu le jour dans un écoquartier de Nantes. Créée dans une logique militante, la maison a été reconvertie aujourd’hui en « gîte urbain ». Comme quoi, on peut faire du business avec tout.

À l’inverse, des matériaux nobles peuvent être utilisés pour créer des objets d’exception (chaussure de bébé en or, meuble en marbre, etc…). Enfin, des objets sont également détournés pour en créer de nouveaux. C’est le cas de bijoux, de vêtements de modes, créés à partir de chambre à air de vélo.

La stratégie de l’absence

De la contrainte, naît la créativité. Ici, on se passe d’un élément habituellement central dans le contexte d’utilisation du produit ou service. « Ces stratégies à la dimension principalement sociale », se positionnent comme des solutions à des problématiques sociétales. Concrètement : comment faire, sans argent, sans soleil, sans l’Homme etc…

Un des exemples les plus significatifs, le projet TAOA (There Are Other Alternative) qui soutient le développement des monnaies complémentaires. Ici, on parle réseaux, création d’entreprise, mais sans jamais passer utiliser d’argent. Comment ? «Par exemple la SSII (A) conçoit le site web de B, restaurateur; B offre des repas à C, transporteur, et C offre des livraisons à A». La boucle est bouclée sans jamais avoir payer une prestation.

Mais ça peut également être sans personne (hôtels entièrement automatisés), sans durée (magasins éphémères), ou sans agence (banques en lignes). D’autres entrepreneurs ont pensé à créer des restaurants sans allergènes (sans gluten, sans lactose, sans arachide, etc…).

A vous de jouer maintenant.

 Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

1 Commentaire
  1. Bonjour,
    Anne Brunet-Mbappe, dont les idées sont fort bien résumées ici par Mr Blondé, nous incite à surprendre les clients. Les surprendre en leur proposant soit quelque chose qu’ils n’imaginaient même pas, soit quelque chose qu’ils souhaitaient du bout des lèvres mais n’osaient réclamer pensant être des cas trop isolés, trop marginaux ou imaginant que leurs « rêves » ne trouveraient jamais personne assez audacieux pour les aider à les réaliser …
    L’audace est donc la clé de voute de ces « recettes » à l’innovation, et pour avoir expérimenté cet état d’esprit à plusieurs reprises, je peux témoigner que c’est effectivement l’ingrédient indispensable pour innover. Indispensable, primordial, crucial, mais pas suffisant … Cet allant doit être accompagné d’une bonne dose de bon sens, de pragmatisme, et de connaissances financières, commerciales et marketing. Bon sens et pragmatisme qui sont certainement des compétences relavant de l’inné, alors que les connaissances financières, commerciales et marketing relèvent plutôt de l’apprentissage. Innover ne nécessite malheureusement pas que d’une bonne dose d’imagination et d’audace, mais aussi d’une dose, peut-être aussi importante, de savoir-faire lié aux dures réalités du monde des affaires.
    Sans doute la différence entre un inventeur et un innovateur, ou entre un entreprenant et un entrepreneur …

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