Est-il possible de réconcilier les artisans et les auto-entrepreneurs ?

Depuis quelques mois, la guerre semble déclarée entre les auto-entrepreneurs et les artisans. Les derniers accusant les premiers de concurrence déloyale et de favoritisme, ce que, bien entendu, les associations d’auto-entrepreneurs récusent. Pourtant les voies de réconciliations existent.

« Il ne peut en rester qu’un ! » Tel est le leitmotiv des associations d’artisans. Car le statut d’auto-entrepreneur représente bien pour eux « une concurrence déloyale ». Un représentant de l’Union Professionnel des Artisans (UPA) s’explique : « nous souhaitons seulement que toutes les entreprises soient logées à la même enseigne ». C’est-à-dire qu’elles soient soumises de la même manière à la TVA « car les artisans établissent un devis avec les charges intégrées ».

Des assertions « complètement fausses » selon le président de la Fédération des auto-entrepreneurs, Grégoire Leclercq. « On compare deux régimes qui n’ont rien à voir ! ». Surtout qu’un « auto-entrepreneur ne récupère pas la TVA comme un artisan ». Autrement dit, l’accusation de dumping faite aux auto-entrepreneurs serait un mauvais procès. Et les griefs continuent entre les associations représentatives des deux statuts.

Simplifier les procédures administratives des artisans

Alors querelle de chapelle ? Plus tellement avec les élections présidentielles. François Hollande a été le premier sur BFM TV à tirer. Pour le candidat socialiste à l’élection présidentielle, le statut d’auto-entrepreneur « met en péril d’autres entreprises ». Il souhaite « un contrôle plus grand de la réalité de ce qui est fait parce que c’est une distorsion de la concurrence à l’égard d’autres entrepreneurs. Un point de vue que ne démentirait pas Charles de Courson qui a déposé un amendement – rejeté depuis – pour obliger les auto-entrepreneurs à contrôler leurs comptes par un organisme tiers.

Dès lors comment enterrer la hache de guerre ? Grégoire Leclercq propose de simplifier les procédures administratives des artisans par exemple « en annulant les rappels de charges et par la simplification des différentes règles d’imposition ». L’UPA souhaiterait quant à elle une limitation à un an du statut auto-entrepreneur, en particulier pour les artisans. « Dans ce cas-là, ce serait positif » explique l’UPA. Une mesure que le président de la FEDEAE accepterait à « l’extrême limite ». A conditions que ce ne soit pas élargie « aux auto-entrepreneurs cuisinier, coiffeurs, etc ».

Autant vous dire que les négociations pour rapprocher les points de vue entre artisans et auto-entrepreneurs sont loin d’être terminées.

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

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