Le recrutement start-up vu par Steve Jobs

Au-delà de sa vision du business, Steve Jobs était réputé pour sa connaissance profonde des Hommes. Une science qui lui a permis de constituer une des plus belles équipes de la Silicon Valley.

steve jobs entrepreneurs apple mac ordinateurs équipe tim cook jay elliot génie« Quand vous êtes dans une start-up, les 10 premières personnes que vous recrutez déterminent la réussite ou non de votre entreprise ». Dans la bouche de Steve Jobs, ces paroles font office de parole d’évangile. Oui, mais comment les a-t-il recrutés, lui, le fondateur d’Apple, le génie parmi les génies ? Dans son livre « Leading Apple with Steve Jobs », Jay Elliot, ancien vice-président d’Apple dans les années 80, éclaire quelque peu la lanterne des entrepreneurs.

Déjà, à la différence de nombreux dirigeants qui ne cernent pas toujours les besoins de compétences, « Steve a toujours eu une idée très claire de ce dont il avait besoin », explique Jay Elliot. Dans le même temps, « il n’a jamais été ultra rigide sur les compétences qu’il recherchait ». À ses yeux, l’intitulé du diplôme ne fait pas tout. La preuve, avec Susan Kare, une graphiste inconnue à l’époque, qu’il recrute pour dessiner les premières polices et icônes d’Apple, bien qu’elle ne connaisse rien au monde informatique.

Ce n’est pas une histoire d’argent

« Steve a vu en elle l’étincelle » se rappelle son ancien vice-président. Celle-là même qui allait permettre à Apple de se différencier très tôt sur le marché déjà ultra concurrentiel. « Il avait décidé que le talent de Susan, sa passion et son flair étaient plus importants que son parcours académique, aux antipodes du monde des nouvelles technologies ». Comme quoi, tout ne peut pas se résumer sur un CV.

D’autant que cette ouverture d’esprit dans sa politique de recrutement comporte un autre avantage : elle coûte moins chère. « L’innovation n’a rien à voir avec les dollars que vous investissez en R&D. Quand Apple est apparu avec le MAC, IBM dépensait au moins 100 fois plus en R&D. Ce n’est pas une histoire d’argent. Il s’agit des gens que vous avez, comment vous les dirigez et à quel point vous êtes impliqués ». De la contrainte naît la créativité. Que les entrepreneurs gardent cela en tête.

N’ayez pas peur de l’intelligence d’autrui

Or, quoi de mieux que d’aller prêcher la bonne parole dans les écoles de commerce, d’ingénieurs, d’arts appliqués, etc… pour identifier les perles rares. Elles ne demandent qu’à être cueillies. Jay Elliot se souvient : « Steve parlait d’Apple et de la façon dont ils allaient tenter de changer le monde avec les ordinateurs particuliers. C’était tout ce que voulait entendre Mike Murray ; il avait envie de faire partie de cette aventure ». Autant dire qu’il n’a pas été difficile de le convaincre à prendre le poste de responsable marketing pour les ordinateurs Mac.

En clair, dans l’esprit du génial entrepreneur, tout relève de l’état d’esprit du dirigeant : « Soyez certains de recruter des joueurs de 1ère division », expliquait Steve Jobs. Pourquoi ? « Les joueurs de première division recrutent des joueurs de première division ; les joueurs de troisième division recrutent des joueurs de troisième division ». Autrement dit, n’ayez pas peur de l’intelligence d’autrui.

Dernier conseil de Jay Elliot que Steve Jobs ne renierait pas: « une des plus grandes sources d’inspiration est vos propres employées. Or, des gens intelligents préfèrent généralement la compagnie d’autres personnalités intelligentes. Ainsi suffit-il, pour vos prochains recrutements, de leur demander de recommander une personne de leur réseau professionnel qu’eux-mêmes admirent ». C’est pourtant simple, non.

@TancredeBlonde

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

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