Management : faut-il croire ses salariés « multitâches » ?

Dans sa carrière professionnelle, l’entrepreneur a de grandes chances de croiser le chemin d’une personne qui s’imagine en haut de la pyramide des compétences. Un collaborateur qui, la plupart du temps, ne fait jamais long feu.

Les plus sûrs d'eux-mêmes sont généralement les moins bons

« Mais si ! Je peux gérer les quatre dossiers en même temps ». Quel entrepreneur n’a jamais entendu cette phrase prononcée par un de ses collaborateurs, généralement un stagiaire, un jeune ou un vantard ? On les reconnaît à leur manque d’expérience ou pire, leur narcissisme. La remise en question n’est pas leur fort, mais ils disposent d’une arme redoutable face aux autres membres de l’équipe : la confiance en soi.

Problème, d’après David Sanbonmatsu, Professeur à la nouvelle université d’Utah qui a conduit une étude sur cette catégorie très précise : « les personnes qui réalisent le plus de tâches à la fois apparaissent en réalité comme ceux le moins capable de gérer, à bon escient, plusieurs tâches à la fois ». Problématique, surtout s’il a des responsabilités.

« S’ennuient très vite »

En effet, après des centaines de tests pour mesurer à la fois leur perception et sur leur réelle capacité à gérer plusieurs tâches à la fois, on se rend compte que « les plus habitués » ne disposent pas d’une structure et d’une auto discipline assez solide pour y faire face. Ils sont accaparés par les objectifs de second plan et s’ennuient assez rapidement. Résultat, ils ne cessent de rechercher une « hypothétique stimulation », selon les propres mots de David Sanbonmatsu, afin de retrouver le « feu sacré » de la productivité.

Ça y est, maintenant, vous mettez quelques noms derrière cette description. Le dirigeant que vous êtes et qui a déjà mené plusieurs dizaines d’entretiens saura les repérer. Pour les autres, il suffit de leur demander de faire plusieurs choses à la fois. Et là, normalement, ça ne rate jamais. Les moins capables aux tâches multiples y vont de manière instinctive. Autrement dit, de façon désordonnée. Ça part dans tous les sens, ça s’y reprend à deux fois, ça s’énerve, et au final, ça prend deux fois plus de temps.

Insuffler une méthode de travail… ou périr

Oui, mais eux, ne le voient pas. Au contraire, la confiance, pour ne pas dire l’égocentrisme, les aveugles sur leurs réelles capacités. C’est précisément à ce moment que l’entrepreneur doit intervenir. Non pas pour le briser – même si cela peut paraître tentant – mais pour le faire évoluer. Comment ? En lui insufflant une méthode de travail qui a fait ses preuves et ainsi, qui lui permettra de gagner encore plus de temps.

Si votre salarié est intelligent, il comprendra. Pour les autres, la méthode forte peut se révéler judicieuse, à condition d’être persuadé de pouvoir en faire quelque chose. Si la personne en question n’arrive pas à voir ses défauts, faites en sorte de ne pas la mettre sur des dossiers à responsabilité. Sinon, vous pouvez être que, tôt ou tard, un grand malheur arrivera. En tout cas, on vous aura prévenu.

@TancredeBlonde

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé couvre l'actualité des entreprises et des entrepreneurs. Chaque jour, il se sert de sa connaissance profonde de l'histoire, de la politique et de l'économie, afin d'informer les créateurs et dirigeants d'entreprises de manière précise, inattendue et parfois décalée.
Egalement animateur de Widooworld, Tancrède Blondé vous propose dans cette émission un tour du monde radiophonique, à la recherche des entrepreneurs français expatriés dans le reste du monde.

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