Nick Clegg – vice-premier ministre: « le succès de la zone euro est essentielle pour le Royaume-Uni »

Le vice-premier ministre britannique, Nick Clegg, s’est adressé vendredi 8 juillet aux chefs d’entreprise français, dans le cadre d’une rencontre organisée par le Medef.

Laurence Parisot : « par-delà les différences, nous avons l’intime conviction que nous pouvons avancer ensemble et avancer très loin »

Accueilli par Laurence Parisot, Nick Clegg a annoncé avec humour qu’il était ravi d’avoir l’opportunité de s’exprimer dans «une  langue [qu’il a] toujours pris beaucoup de plaisir non pas à maîtriser, mais à pratiquer », déclenchant quelques sourires dans l’assemblée avant d’évoquer des sujets plus sérieux tels que la sortie de crise en Europe.

La présidente du Medef a également tenu à remercier le leader libéral-démocrate pour sa présence et s’est dite honorée de recevoir un « européen convaincu » avec lequel « nous les entrepreneurs, [qui] croyons à l’Europe », ne pouvons que nous entendre. Un lien d’autant plus fort que l’une des idées évoquées par la patronne des patrons consisterait à créer un sommet similaire au G20, mais qui porterait la voix du business, le « B20 ».

A ceux qui pensent dé-mondialisation, sortie de la zone Euro, elle entend bien répondre que « ces politiques nationalistes, protectionniste, populiste, mettent en danger l’avenir de notre démocratie, de la libre entreprise et de l’échange » : « la vraie sortie de crise, à la fin des fins, elle passe par les entreprises ». Un point sur lequel Nick Clegg la rejoint.

Nick Clegg : « Même si nous avons des pièces différentes dans la poche, nos sorts sont inextricablement liés »

A l’heure où tous les regards sont tournés vers Athènes et vers la zone Euro, Nick Clegg revient sur les erreurs qui ont été commises : la gestion des finances publiques, la dépendance envers les banques sous-capitalisées et la hausse des prix dans l’immobilier. Cette croyance des gouvernements successifs qui pensaient « bâtir une économie forte et durable sur la base de bulles sur les marchés financiers et d’argent facile » s’est révélée fausse.

Ce déséquilibre n’est cependant pas à imputer à un gouvernement en particulier, mais à tout le continent : les erreurs ont été commises « à l’intérieur et à l’extérieur de la zone européenne ».

Bien que le Royaume-Uni ne fasse pas partie de cette union monétaire,  Nick Clegg souligne l’enjeu pour l’Europe de « travailler ensemble », puisque « le succès de la zone euro est essentielle pour le Royaume-Uni » et que « nos destins économiques sont fortement liés ».

Il est donc indispensable de proposer des solutions concrètes et de ne pas laisser s’effondrer l’économie européenne car c’est toute l’Europe qui en pâtirait.

Le secteur bancaire doit être réformé en profondeur

Selon le vice-premier ministre, il faut véritablement réformer l’économie et « travailler ensemble pour apporter une prospérité durable » sur trois fronts : les politiques budgétaires, le secteur financier, et les réformes structurelles. Pour éviter notamment l’effondrement des banques, de nombreux pays ont pris des mesures insuffisantes. Il s’agit en effet non pas d’éviter la crise totale, mais de s’interroger sur la manière de réformer le secteur bancaire.

En effet, pour relancer la croissance économique, il est nécessaire de « débloquer la liquidité des banques dans l’économie réelle ». Face à l’augmentation des crédits qui pourrait être problématique pour les TPE-PME, Nick Clegg répond que « tout est une question de timing, et que les banques ont le temps pour changer ».

Quoiqu’il en soit, Nick Clegg a conclu ses propositions sur l’Europe, la croissance et les entreprises en insistant sur l’urgence de porter les efforts sur le plan européen, car « l’Europe est le plus grand bloc commercial du monde ».


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