Ouigo : le low-cost, nouvel eldorado des entrepreneurs ?

Entre les marges insolentes d’Easyjet, la nouvelle offre Ouigo de la SNCF, sans parler de la grande distribution, le low-cost continue de gagner les coeurs d’entrepreneurs. Un modèle économique à ne pas mettre cependant dans toutes les mains de dirigeants.

Le low-cost est bien plus exigeant qu'on ne le croit

Air France, Orange, Bouygues Telecom: tous ont en commun d’avoir développé une offre low-cost. Et voilà maintenant que la SNCF s’y met également avec Ouigo, un service où le billet de TGV sera compris entre 10 et 85 euros. Une nouvelle offre qui s’adresse « aux quatre millions de Français qui habitent hors de Paris et qui ont la tentation de prendre leur voiture plutôt que le train », a annoncé hier son Président Guillaume Pepy, lors de la présentation de la première rame.

À l’instar des autres entreprises engagées dans la voie du low-cost, l’entreprise publique a été obligée d’optimiser au maximum ses ressources internes : plus de wagons-bars, classe unique de passager qui agrandit les capacités de transport d’un train de 1000 à 1200 passagers. Sans oublier les trajets effectués entre huit et neuf fois par jour et les multiples options (accès électricité, bagages supplémentaires, etc..), désormais payantes.

Jamais se laisser embarquer

Une transition qui n’a pas été trop compliquée à mettre en place. En effet, selon Véronique Nguyen, co-auteure de « le business model du low-cost », livre référence sur ce sujet : « ils ne font qu’aller jusqu’au bout de la logique IDTGV ». D’autant plus « facile » que la SNCF ne contraint pas les employés à être davantage polyvalents, comme c’est généralement le cas dans les entreprises aux modèles low-cost.

Il faut dire, à moins de créer une entité à part, comme HOP, B&YOU ou Sosh, spécialement conçu à cet effet, il est « quasiment impossible », selon les propres mots de Véronique Nguyen, de passer d’un modèle économique  dit « classique » à Low-cost. Et puis, même à produit équivalent, le métier n’est plus le même. Pour le dirigeant, tout est à refaire : ses objectifs, son processus, en clair son métier.

Solution pour « coincer » vos concurrents

Être un entrepreneur « low-cost, c’est “presque avoir un état d’esprit militant”, aux yeux de la professeure chez HEC. “Il y a une espèce d’ascèse à tenir lorsque l’on est dirigeant low-cost. On ne doit jamais se laisser embarquer à ajouter quelque chose.” C’est tellement facile de dire oui. En clair, le low-cost pour le dirigeant “est une lutte permanente contre l’embourgeoisement », détaille Véronique Nguyen.

Car, si le low-cost est une offre dégradée, elle n’en doit pas moins rester une prestation de qualité. “Les clients comprennent très bien la réduction de leur confort”, à la condition expresse qu’ils y voient un avantage sur le prix. Autrement dit, “il faut tenir le cap du low-cost”, conclue-t-elle.  D’autant que cela reste le meilleur moyen pour “coincer” vos concurrents dans leur modèle économique, bien moins souple que le vôtre.

@TancredeBlonde

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

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