Zara : Amancio Ortega ou l’entrepreneur qui a réinventé le métier de la mode

Inconnu du grand public malgré une fortune estimée à 57 milliards de dollars, le fondateur de la marque de vêtement Zara vient de rejoindre le trio de tête des plus grandes fortunes de ce monde. Pas mal pour un entrepreneur parti de zéro.

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Le milliardaire "normal"

« La sincérité est de verre ; la discrétion est de diamant ». Si cette phrase d’André Maurois est vraie alors Amancio Ortega Gaona pourrait bien être le plus beau joyau que la Terre ait porté. Car, jusqu’à l’introduction d’Inditex en bourse en 2001, le créateur de la marque de vêtement Zara a refusé jusqu’au bout de donner des interviews de lui. Pas même une image ! Ou si peu, au point que certaines personnes en sont venues à se demander si « Ortega », selon son patronyme le plus couramment utilisé dans les rues de La Corogne, existait réellement.

Le fantasme s’arrête là. Né en 1936, année de tous les malheurs pour la nation espagnole, et fils d’un père cheminot et d’une mère femme de ménage, rien ne destinait le jeune Amancio à se lancer dans une carrière d’entrepreneur. Jusqu’au jour où, à 13 ans, allant dans un magasin avec sa mère, il vu sa mère se faire refouler par le propriétaire, faute d’argent. « Il a ressenti une telle humiliation qu’il a décidé de ne plus jamais retourner à l’école », raconte Covadonga O’Shea, une amie de l’entrepreneur et seule personne autorisée à avoir écrit une biographie de lui « l’homme qui a crée Zara ».

Fonde Zara grâce à un pull Shetland

Après quelques années d’apprentissage dans une boutique de chemises à La Corogne, Ortega comprend très vite que la véritable clé du succès dans ce business est de coller exactement aux attentes du client. Encore faut-il savoir ce qu’ils recherchent et, surtout, comment le fabriquer à un coût raisonnable. Pour cela, Ortega a l’idée de génie de recruter les femmes de marins, toutes expertes en couture, et très contentes de pouvoir arrondir ses fins de mois. Sa première entreprise, GOA, était née.

Mais la véritable force d’Amancio réside dans sa capacité à saisir l’ère du temps. D’abord avec ce pull Shetland, LE vêtement à avoir dans les années années 70 aux yeux des étudiants. Le succès est tel que l’entrepreneur ouvre sa première boutique en 1975, à deux pas de l’échoppe où il a fourbi ses premières armes. Premier magasin qu’il nomme Zara, son deuxième choix après Zorba, mais indisponible à l’époque. Pas un mauvais choix au final : 38 ans après, un magasin fleurit par jour dans 80 pays.

Vendeurs, stylistes, marketing, tout le monde donne son avis

Amancio ne fait pas que humer les dernières tendances de la mode, il réinvente totalement son mode de production. Avec, encore une fois, une idée simple : être réactif quand les autres attendent l’arrivée de la prochaine saison. Pour cela, non seulement il s’inspire – copie diront certains – les stylistes des marques de luxe, à un prix final raisonnable, mais il peut très mettre un nouveau modèle 15 jours seulement après le premier coup de crayon. Une prouesse qu’elle est encore (pratiquement) seule à pouvoir réaliser.

Bien entendu, Zara dispose désormais d’une armée de stylistes pour satisfaire les goûts des jeunes filles, mamans, garçons, aux bourses limitées. Chaque jour, ils ou elles doivent créer trois vêtements par jour que l’équipe réduira à un. De là, une autre cohorte de commerciaux prend la suite et tente de discerner, à quelle région du monde le produit convient le mieux. Et si, par hasard les idées manquent, tout le monde est entraîné, du vendeur, au styliste, en passant par service marketing, à garder un œil sur les vêtements de chacun. Une méthode qui, à en croire le désormais 3e homme le plus riche de la Terre, a fait ses preuves.

Encore faut-il posséder la rigueur et créativité d’Amancio Ortega.

@TancredeBlonde

Tancrède Blondé

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

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