Loi Copé-Zimmermann sur la mixité : un petit pas pour la femme, un grand pas pour la parité ?

Toutes les Françaises ont en mémoire 1944, l’année où leur a été accordé le droit de voter et de se présenter à des élections. Mais qui se souvient de 1972 ? C’est pourtant une date clé dans l’histoire des droits des femmes en France : le principe de l’égalité de rémunération est inscrit dans la loi.

 « Votes for Women balloons » (CC BY 2.0) by League of Women Voters of California

45 ans plus tard, au 1er janvier 2017, une nouvelle loi sur l’égalité des sexes dans le monde du travail va s’imposer aux entreprises : les conseils d’administration des grands groupes devront en effet accueillir en leur sein au moins 40% de femmes. Décryptage d’une mesure qui va peut-être changer les choses.

Au 1er janvier, combien d’entreprises françaises hors-la-loi ?

« How to run an effective meeting » (CC BY 2.0) by Nguyen Vu Hung (vuhung)

C’est une réforme dont on parle peu. À compter du 1er janvier 2017 pourtant, toutes les sociétés cotées de droit français et autres entreprises de plus de 500 salariés et avec un chiffre d’affaires de plus de 50 millions d’euros, devront voir leurs conseils d’administration composés à 40% de femmes. Mais problème : on en est encore loin. Et le manque de communication sur cette loi risque de coûter cher aux entreprises. Les sanctions prévues sont en effet drastiques : les rémunérations de tous les administrateurs peuvent par exemple être gelées.

Cette loi – du nom de Copé-Zimmermann – adoptée en 2011, prévoyait de laisser un délai de 5 ans aux entreprises françaises pour la mettre en application. Le temps semble avoir fait son œuvre au sein des sociétés du CAC 40, qui comptaient au mois d’août 2016 en moyenne 39,6% de femmes administratrices selon les projections d’Ethics and Boards, contre 25% il y a quatre ans. Mais à la Bourse de Paris, il y a les bons élèves : 60% chez Engie (dirigée par une femme) et ceux du fond de classe : (Accor, Carrefour, Crédit Agricole, Orange, Pernod Ricard, Renault).

L’inquiétude porte désormais surtout sur les entreprises cotées hors SBF 120 où 24% des femmes seulement composent les conseils d’administration. Pire au sein des sociétés qui ne sont pas cotées en bourse : 16 % seulement ! Qu’on se le dise, la mixité avance d’un pas déterminé : la prochaine étape sera 2020. Cette mesure s’étendra alors aux entreprises de moins de 250 salariés.

Demain, plus de femmes aux manettes ?

« AW9FYG » (CC BY 2.0) by sam_churchill

S’il a fallu attendre le mois de mai dernier pour que, pour la première fois en France, une femme prenne les rênes d’une entreprise du CAC 40 (Isabelle Kocher chez Engie), il semble bien que ce soit encore un arbre qui cache la forêt. En effet, si les Françaises sont légèrement minoritaires dans la population active du pays (47%), selon une étude citée par l’Opinion menée sur près de 300 entreprises cotées, seul 3,5% de femmes accèdent au poste de numéro 1, soit en-dessous même de la moyenne mondiale de 5%, pourtant très basse !

Du côté des créations d’entreprises, le chiffre de 28 % est avancé par le ministère des Droits des femmes. Cependant, les secteurs émergents de l’économie que sont le numérique et l’internet voient une nouvelle génération de femmes s’imposer et réussir. Dirigeantes de start-up, de sites ou développeuses d’applications, les exemples de Françaises qui réussissent dans le digital, secteur réputé plutôt macho, sont nombreux. Citons Leetchi, VestiaireCollective, TheFamily, 1001Pharmacies…

De plus en plus de femmes se lancent également à l’assaut des terrains de jeux des hommes sur le web : bâtiment, habitat, sport, poker ou de plus en plus de femmes remportent les grands prix sous le nez et la barbe des professionnels de sexe masculin !

Une chose est sûre, le chemin est encore long. Cependant, le courage et la volonté de cette nouvelle génération de femmes, qui se posent assurément moins de questions et s’imposent naturellement est un gage de confiance en l’avenir de l’égalité des sexes dans le monde du travail. Concluons en rappelant deux arguments de poids dans ce combat : sur 14 entreprises du CAC 40 qui comptent plus de 35% de femmes parmi leurs cadres, on enregistrerait en moyenne un taux de croissance supérieur de 60% par rapport aux autres. Enfin, on estime que la réduction de moitié des inégalités sexuelles en entreprise pourrait générer 12% de croissance mondiale.

#Replay : En cette année de campagne présidentielle, les entrepreneurs souhaitent interpeller les candidats. C’est le cas d’Olivier Ganivet qui propose de réformer la loi pour les TPE/PME :

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