Journée de la femme : pourquoi les femmes ont intérêt à rejoindre un réseau féminin ?

À l’occasion de la journée internationale de la femme, Marie Eloy, fondatrice de Femme de Bretagne explique l’intérêt des réseaux féminins pour les femmes entrepreneurs. 

Qu’on l’apprécie ou pas, la journée internationale des droits des femmes est l’occasion de mettre en lumière ce qui existe tout au long de l’année. Les difficultés, mais aussi toutes les belles énergies et notamment les réseaux féminins, dont l’utilité peut parfois intriguer.

« Pourquoi que des femmes ? Pourquoi voulez-vous rester entre vous ? C’est un peu bizarre, non ? »

À ce questionnement récurrent, j’aime faire le parallèle avec les dîners, qu’ils soient entre gars, entre couples ou entre filles. Ils coexistent tous et nous apportent chacun quelque chose de différent. Cette image du dîner entre filles possède l’avantage d’illustrer l’intérêt pour les femmes de rejoindre un réseau qui leur ressemble et de rassurer les inquiet(e)s sur le fait qu’on puisse appartenir à un réseau féminin et pour autant adooorer les hommes.

S’accepter peut-être plus facilement telle que nous sommes

Le véritable intérêt d’un réseau féminin est de pouvoir rester authentique, avec ses faiblesses ou ses doutes. Sur un réseau social mixte, comme linkedIn, les parcours professionnels sont souvent photoshopés. Il paraît impensable d’y mentionner qu’on manque de confiance en soi pour son projet, de clients pour son entreprise ou qu’on sort d’une période personnelle difficile. Sur un réseau social féminin, comme le nôtre, Femmes de Bretagne, c’est naturellement le cas. Les membres du réseau, en s’inscrivant, se décrivent telles qu’elles sont, telles qu’elles le font aussi ensuite dans la vie réelle lors des rencontres du réseau.

Cette sincérité permet de susciter à la fois l’empathie, la bienveillance, l’entraide mais aussi de se rassurer soi-même sur sa propre capacité, de s’inspirer d’autres qui ne sont finalement pas si différentes, de s’accepter peut-être plus facilement telle que nous sommes pour oser toujours plus : « Et pourquoi pas moi ? ». Lors de rencontres, certaines sont d’ailleurs étonnées de ne pas se trouver face à des wonderwomen mais à des femmes juste comme elles, rencontrant les mêmes problématiques.

Le digital explose toutes ces barrières et idées préconçues

Les réseaux féminins ont le vent en poupe. Jusqu’à présent, les femmes réseautaient peu, souvent par peur de perdre du temps, contrairement aux hommes qui en ont parfaitement intégré les enjeux et sont naturellement plus enclins à réseauter. Les réseaux féminins étaient aussi bien souvent élitistes, urbains ou constitués au sein d’une même entreprise.

Le digital explose toutes ces barrières et idées préconçues. Les réseaux sociaux, bien investis par les femmes, permettent de contourner les moyens de communication plus traditionnels et de relayer les informations et valeurs des réseaux féminins et d’attirer de nouveaux membres.

Ce déséquilibre n’est bon pour personne, ni pour les femmes, ni pour les hommes

Le digital permet aussi aux femmes de s’inscrire directement en ligne au sein de réseaux féminins, d’observer tranquillement ce qu’il s’y passe, d’y réaliser leurs premiers échanges, avant de franchir le pas, souvent peu évident, de la rencontre physique. Le digital permet enfin de toucher les femmes les plus isolées, physiquement, moralement ou socialement et de recréer du lien, d’inspirer, d’encourager.

Les chiffres de l’entrepreneuriat féminin sont aujourd’hui encore très faibles. On a traditionnellement l’habitude de préciser qu’il y a 30% d’entrepreneures, chiffre qui descend à 14% pour les cheffes d’entreprise au-delà de 10 salariés. Ce qui signifie que 86% des entreprises sont dirigées, imaginées, portées par des hommes. Ce déséquilibre n’est bon pour personne, ni pour les femmes, ni pour les hommes, ni pour la société en général.

Nous nous privons d’une immense source de richesse, de performance, d’innovation, de développement durable. En réponse, les réseaux féminins sont l’outil idéal pour booster l’entrepreneuriat, donner confiance, changer l’inconscient collectif et tenter d’améliorer ce déséquilibre.

Nous avons toutes notre place dans un réseau

Il y a deux jours, le réseau ouvrait une nouvelle antenne à Pontivy, en plein cœur de la Bretagne. Des femmes sont venues des petites villes où nous sommes déjà présentes raconter ce que le réseau leur a apporté. Comment elles ont réussi à créer leur entreprise, comment elles ont été aidées, comment cela leur a permis de réaliser leurs rêves. Tout ceci a été possible parce qu’elles ont enfin été mises en lien, parce qu’ensemble elles se sentent fortes. Et que cela leur a permis d’oser. C’était beau, vivifiant et porteur d’espoir. Rien que ce mois-ci, il y a eu 45 rencontres d’entraide organisées en Bretagne.

Nous avons toutes notre place dans un réseau. A nous de trouver celle qui nous conviendra : inspirer les autres, donner un coup de pouce, mettre en lien, être aidée ou juste écouter…  En gardant en tête, qu’une rencontre, un encouragement, un conseil suffisent parfois à changer une vie.

Marie Eloy

Fondatrice de Femmes de Bretagne

Marie Eloy

Fondatrice du réseau collaboratif Femmes de Bretagne ( 5000 membres en 2 ans - 30 rencontres organisées par mois), Marie Eloy lance en 2017 le réseau business Bouge ta Boite pour les cheffes d’entreprise TPE. Elle a auparavant co-créé une école Montessori et a été journaliste à RFI.

1 Commentaire
  1. Que ces belles évidences touchent un maximum d esprits à l image d une trainée de poudre, qu elles éclairent celles qui n osent pas encore croire en leurs idées et le potentiel qui va permettre de les amener à la réalisation. L union fait la force!!!

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