Les entrepreneurs veulent plus de débats entre les candidats à l’élection présidentielle

Au lendemain du débat entre Manuel Valls et Benoît Hamon, Jacky Isabello et d’autres entrepreneurs pensent qu’il faut davantage de débats à la télévision entre tous les candidats à l’élection présidentielle.

À quelques mois de l’élection présidentielle, j’entreprends une démarche originale, une
démarche citoyenne. En tant qu’entrepreneur, entreprendre est bien naturel me direz-vous.

Sauf que cette initiative, conduite avec mon camarade Alexandre Malafaye
président du Think tank Synopia, est un business bien inhabituel. Nous avons créé un
Collectif « Trois débats sinon rien » et saisi le CSA afin qu’il insuffle de nouvelles règles
pour l’organisation de débats télévisés dans le cadre de la prochaine élection
présidentielle :

– 3 débats avant le premier tour, avec l’ensemble des candidats

– 3 débats entre les deux tours, avec les deux finalistes.

L’idée du débat entre les deux tours date de l’ORTF entre les deux tours

Aujourd’hui, il n’y a qu’un débat, entre les deux tours. La coutume, car c’est bien de
cela qu’il s’agit, a été instaurée par l’ORTF en… 1974, et l’exercice s’apparente
davantage à un combat de boxe avec recherche de Ko qu’à un débat de fond. Après
le succès des « demi-finales » télévisées des deux primaires, ce n’est plus satisfaisant.
Deux raisons, au moins, plaident en faveur d’une telle modernisation : un besoin et un
vide juridique.

Le besoin est caractérisé par l’intérêt manifeste des français pour cet exercice, et
même si ces débats sont techniques voire studieux, les chiffrent sont là :

– En 2017, à l’heure à laquelle nous écrivons les quatre premiers débats de la
primaire de la gauche ont déjà réuni plus de 10 millions de téléspectateurs avec
des pointes à près de 6 millions pour le premier échange.

– En 2016, les audiences télévisées des quatre débats de la primaire de la droite
et du centre ont été considérables, cumulant plus de 22 millions de
téléspectateurs, hors audiences radios.

– Déjà en 2011, le débat télévisé entre François Hollande et Martine Aubry avait
rassemblé 5,9 millions de Français.

Il faut passer à six débats

Il y a donc un plébiscite des Français pour ce type d’émission. C’est inattendu. A
l’heure de la révolution numérique, on avait prédit qu’internet et les réseaux sociaux
allaient être les fossoyeurs des médias historiques que sont la télévision et la radio.
Or, avec ces débats, nous assistons à une sorte de résurrection des médias
traditionnels, à tout le moins pour ce genre d’exercice politique.

Il y a aussi un vide juridique car à ce jour, la tradition de cet unique débat n’a aucun
caractère obligatoire. Ainsi, en 2002, le candidat Jacques CHIRAC avait refusé de
débattre avec le second finaliste Jean Marie LE PEN. C’est d’autant plus regrettable
que les audiences de ces débats du deuxième tour mobilisent des audiences
exceptionnelles (18 millions en 2012, et jusqu’à 30 millions en mai 1981).

Il est temps de moderniser ce dispositif avec la tenue de six débats et de l’encadrer.
En termes de gouvernance, l’instauration de ces débats aboutirait à proposer une
information plus objective et complète des citoyens électeurs. Au vu de ce qui circule
sur internet et les réseaux sociaux, ce ne serait pas inutile. Ce point que les
intellectuels qualifient de concept « post-vérité » abonde en ce sens. Cela aiderait
aussi à dépasser le stade de la démocratie d’émotion et permettrait aux Français de
mieux saisir les aptitudes réelles de celles et ceux qui aspirent à diriger la France. In
fine, une telle innovation servirait à combattre le fléau de l’abstention.

Le CSA peut contribuer à ouvrir le débat.

On le pressent bien, une telle modernisation du débat public offre de nombreux
avantages démocratiques et répond aux attentes des Français. Les demi-finales,
studieuses pédagogiques et très intéressantes, offertes aux téléspectateurs sous la
forme des débats télévisés de la primaire de la droite et du centre, puis de la belle
alliance populaire ont enclenché un phénomène dont on imagine mal qu’il pourrait
s’arrêter là. Qui pourrait croire, après le 29 janvier, que le seul débat d’entre deux tours
sera le dernier moment de rencontre entre les candidats ? Le CSA peut contribuer à ouvrir le débat.

Amies, Amis entrepreneurs, nous avons besoin de votre soutien. Pour cela notre site
www.troisdebats2017.tv vous permettra de faire savoir au CSA que vous adhérez à
cette démarche ; et notre compte twitter @3Debats_2017 n’est pas mal non plus.

Jacky Isabello
Co-fondateur de Coriolink
Co-fondateur du Collectif
« Trois débats sinon rien »

Jacky Isabello

Jacky Isabello est dirigeant d'entreprise depuis près de 20 ans. Après plusieurs expériences en cabinets ministériels (dont celui de Jean-Pierre Raffarin), il fonde sa 1ère agence de communication en 1998. Il la cédera 12 ans plus tard à un acteur français majeur du monde de la communication en tant que filiale spécialiste des thèmes économiques et institutionnels. Piqué très tôt par le virus de l'entrepreneuriat il co-fonde sa première entreprise dans le domaine du logement étudiant alors qu'il n'est pas encore diplômé de l'ESG. Depuis, ce tropisme restera le fil rouge de ses engagements. Créateur, dirigeant, mentor de jeunes entrepreneurs au MoovJee, accompagnateur avec le Medef d'anciens officiers supérieurs de l'armée vers un projet de création d'entreprise. Il a aussi écrit trois ouvrages sur ce sujet. Jacky actuellement dirigeant-associé de CorioLink une agence de communication et d'AlgoLinked une start-up technologique.

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