l’Union Maghrébine la relance une priorité politique 2012

De Nouakchott à Tunis en passant par Rabat et Alger, la relance de l’Union Maghrébine est affichée comme une priorité politique. Mais le vrai déclic qui permet de passer du discours au concret dépend de l’état des relations entre l’Algérie et le Maroc. La visite à Alger du chef de la diplomatie marocaine, Saad-Eddine El Othmani pourrait en être le prélude…

Le nouveau ministre marocain des affaires étrangères, Saad-Eddine El Othmani entame lundi une visite officielle de deux jours en Algérie dans un contexte qui semble favorable à la relance d’une relation bilatérale essentielle pour la fiabilité du projet maghrébin. Le contexte régional marqué par les changements politiques survenu en Tunisie et en Libye a incité les deux pays maghrébins les plus peuplés à engager, en interne, des réformes très contrôlées. Le ministre algérien des affaires étrangères a ainsi mis en avant la « stabilité » qui existe en Algérie et le Maroc pour expliquer pourquoi les deux pays ne connaissent pas des bouleversements spectaculaires. Si les appréciations sur la nature et la qualité des réformes engagées dans les deux pays sont divergentes, les observateurs notent qu’il existe désormais une disponibilité forte pour la relance des relations bilatérales. Selon Mourad Medelci, il y a désormais une entente entre l’Algérie et le Maroc pour déconnecter la relation bilatérale de la question du Sahara Occidental. Une idée qui n’a rien de nouveau mais qui n’a jamais été défendue « au même moment » par les deux parties. C’est désormais le cas. Le « dégel » des relations bilatérales fait en effet espérer que le discours quasi-unanime sur la priorité « maghrébine » pourrait enfin trouver des traductions politiques concrètes.

Un même langage

Le ministère marocain des affaires étrangères a indiqué que la visite de M.Othmani « visite s’inscrit dans le cadre de la consolidation du processus des rencontres et des concertations entamé par les deux pays pour hisser leurs relations au niveau des aspirations des deux peuples frères ». Le 9 janvier dernier, lors de sa première rencontre avec la presse après sa prise de fonction, Saad-Eddine El Othmani, avait souligné qu’il fallait « faire renaître les structures de l’Union du Maghreb arabe » et que les conditions étaient «réunies pour insuffler une nouvelle dynamique à cette organisation qui a été fondée en 1989 à Marrakech et dont l’action a été gelée. » Le ministre marocain avait affirmé que les révolutions tunisienne et libyenne ont tracé la voie à une « intégration maghrébine à tous les niveaux ». Une dizaine de jours auparavant, le ministre algérien des affaires étrangères, Mourad Medelci, tenait le même discours en soulignant que l’émergence d’un nouveau système politique en Tunisie et en Libye permet de « travailler d’une manière plus cohérente et plus sereine pour enfin l’édification d’un Maghreb uni ? ». « Nous pourrions nous mettre autour d’une table, pour parler sérieusement de l’UMA et au moment où on parle du GMO (Grand Moyen Orient), il faudrait qu’on parle entre nous d’une manière constructive ». Il reste à traduire ces bonnes intentions par du concret.

Revenir, au moins, à la situation d’avant 94

Les échanges et les accords sectoriels (agriculture, énergie notamment) conclut ces derniers mois étaient déjà des indices. Mais le vrai déclic pour la relance du processus maghrébin serait une réouverture de la frontière terrestre entre l’Algérie et le Maroc fermée depuis 1994, à la suite d’une crise née d’un attentat terroriste à Marrakech imputé, à tort, par le gouvernement marocain de l’époque aux services algériens. A Alger, les « niet » de l’ancien ministre de l’intérieur Yazid Zerhouni, (vice premier ministre) ont laissé place à un discours plus ouvert. La fermeture de la frontière entre l’Algérie et le Maroc « n’a jamais été une décision irréversible » a déclaré Mourad Medelci en ajoutant que « la réconciliation avec le Maroc sera consolidée avec le nouveau gouvernement marocain ». Dans le cas de l’Algérie et le Maroc, un « retour en arrière », à la situation d’avant 1994, serait déjà un progrès. Mais les attentes vont au-delà. Le président tunisien Moncef Marzouki l’a dit à sa manière. « Je crois fermement qu’il n’existe aucun avenir pour la Tunisie dans la seule Tunisie, et que tel est également le cas pour l’Algérie, la Libye, le Maroc et la Mauritanie. Notre avenir repose dans une entité maghrébine ». Marzouki avait également souhaité que l’Algérie et le Maroc « mettent de côté » la question du Sahara occidental et avancent « sur la voie de la construction de l’union ».MAGHREB EMERGENT
ÉCRIT PAR SALIM RABIA

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