Avec sa collègue Fleur Pellerin et Dominique Restino, Arnaud Montebourg a signé à Bercy la charte nationale du Mentorat Entrepreneurial. Un texte qui va encadrer cette pratique venue du Canada.

Montebourg Restino
Dominique Restino entouré de Fleur Pellerin et d'Arnaud Montebourg

« C’est l’esprit du redressement productif »! Pour Arnaud Montebourg, la signature de cette charte permettra aux ministres concernés de comprendre plus facilement les problèmes des entreprises et des entrepreneurs. « Nous aimons les agrégats à Bercy, les contenus statistiques, les chiffres », mais ajoute-t-il « nous préférons les histoires d’hommes, parce que dans la vérité humaine se cache parfois des vérités universelles ».

Quant aux entrepreneurs, Arnaud Montebourg dit comprendre « qu’un chef d’entreprise ait envie de faire davantage confiance à un de ses pairs plutôt qu’un à un fonctionnaire », explique-t-il sur un ton ironique. Or, avec le Mentorat, « on fait confiance aux chefs d’entreprises », ajoute le ministre du Redressement Productif.

« Là franchement, vous n’avez rien compris »

De cette charte du Mentorat Entrepreneurial, va naître la mise en place d’un comité de mentor et de mentorés qui rencontreront « au moins une fois par trimestre » le ministre. Une méthode qu’Arnaud Montebourg approuve : « c’est mieux si un chef d’entreprise vient nous faire des rapports sous le sceau du secret. » D’autant que les chefs d’entreprises ont une « timidité par rapport au pouvoir ».

Ainsi, pourront-ils dire en toute franchise au ministre du Redressement Productif : « là franchement, vous n’avez rien compris; là c’est franchement inadmissible; là il y a une réglementation vous êtes fous; là, cette loi, il faut la transformer », selon les propres mots d’Arnaud Montebourg.

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« On les aide à décortiquer des situations que l’on a déjà connues »

Quant aux entrepreneurs, cette charte nationale du Mentorat Entrepreneurial va permettre de « légaliser » dans les textes, ce qui l’était déjà dans la pratique des principaux instituts du Mentorat. Notamment celui de l’IME, lancé par Dominique Restino, au sein de la CCI Île-de-France.

À titre de rappel, le Mentorat consiste à organiser des rencontres régulières entre un chef d’entreprise déjà muni d’une certaine expérience et un autre ayant moins de deux ans d’activité. Mais attention, rien à voir avec une relation de maître à élève. Le Mentorat, ce sont deux entrepreneurs qui échangent à bâton rompu. Pour faire simple : « on les aide à décortiquer des situations que l’on a déjà connues », explique le mentor Patrick Jolly.

Et ça, c’est déjà beaucoup.

@TancredeBlonde