À cause d’une vision de l’histoire bien trop héroïque, les Français imaginent encore le leader comme un surhomme. Une vision un brin trop simpliste.

Le génie du leadership, ça se travaille
Le génie du leadership, ça se travaille

Le leadership, « cette autorité qui exige du prestige pour exister et de la distance pour perdurer ». Cette définition du Général de Gaulle a beau convenir à une époque et à une certaine idée de la France, elle n’en reste pas moins ultra restrictive pour un manager ou un chef d’entreprise du XXIe siècle. Dans son ouvrage « Le génie du leadership », Éric-Jean Garcia tente de dépasser certaines idées reçues.

Savoir à qui on parle

Tout le monde n’envisage pas le leader de la même manière. Éric-Jean Garcia distingue 3 catégories de personnes.

Premièrement, il existe la catégorie des gens subjugués. Ce sont ceux qui apprécient et recherchent un leader charismatique. « Dans leur vie professionnelle, les subjugués du leadership ont une irrépressible envie de servir les desseins d’une personne qu’ils jugent exceptionnelle ».

Les sceptiques, eux, savent garder un esprit critique. Ils sont conscients de la supériorité des leaders, mais jugent excessif de parler de super héros. Parfois, ils prêtent « du leadership à des personnes qui occupent la fonction sans que cela soit réellement justifié, mais parce que cela est rassurant. »

Enfin, les désenchantés qui regardent d’un mauvais oeil le pouvoir. Pour eux, il n’existe pas de super leader. D’ailleurs, les personnes qui occupent des postes de direction ne sont pas forcément les plus capables et les plus dignes de confiance.

Savoir quel leader on est

Plutôt qu’un leader universel, Éric-Jean Garcia reprend les travaux de Warren Thorngate qui découpe le leader en trois catégories: les scientifiques, les gourous, et les managers.

Les scientifiques préfèrent travailler avec des idées à portée générale ou extrêmement précise. Ils « se méfient toujours des idées simples ». On peut penser à Alexander Graham Bell, Thomas Edison.

Les managers produisent des connaissances faciles d’accès, « mais se désintéressent des idées générales ou théoriques. Généralement, ils exercent dans les directions d’entreprises ou sont consultants.

Enfin, les Gourous, qui veulent faire commerce de leur capacité à entraîner les foules. Problème, s’ils jouent facilement avec les idées générales ou théoriques, ils restent « mal à l’aise avec des idées précises».

Le leader génial sait les reconnaître et leur parler en fonction

Savoir gérer la chance

Comme tout le monde le sait, les hommes et les femmes qui ont réussi au sens le plus large du terme ont tous, à un moment ou à un autre, rencontrés la chance. Ce qui n’est pas un hasard. Comme le rappelle Éric-Jean Garcia : « la chance n’est pas un hasard, même si le hasard fait partie de la chance ».

Pour obtenir sa part de chance, le leader génial travaille. Et pas qu’un peu. « Plus un individu travaille, plus ses aptitudes à identifier, à comprendre et à saisir des opportunités augmentent », détaille l’auteur. Donc non: Marck Zuckerberg n’a pas eu la chance de tomber sur le filon Facebook.

Un leader chanceux est aussi un leader curieux, prêt à briser les normes pour repousser les frontières. Pour cela, il possède d’ailleurs un relationnel étendu et de qualité. Ce qui lui permet d’être au contact de nombreuses opportunités, tout en restant lui-même une opportunité pour les autres. Eh oui, ça marche dans les deux sens.

Encore et toujours, apprendre

L’entrepreneur doit toujours se former. Encore faut-il trouver la formation qui corresponde à ses attentes et à celles de ses collègues.

Si le leader s’appuie sur sa compétence, Éric-Jean Garcia va le pousser vers des formations plus cérébrales, comme des études de cas ou des cours théoriques. En effet, la rationalité du leader va privilégier les formules et l’accumulation de connaissances.

Si le leadership requiert des « aptitudes sociales », en clair une intelligence de l’humain, la formation « parcours initiatique » collera mieux à la situation.

« Il s’agit du format qui offre l’impact le plus fort sur un plan pratique et le plus faible sur un plan théorique ». L’exemple type de ce type reste Franck Riboud qui a commencé en tant que stagiaire au sein de l’entreprise de son père.

Enfin, pour les leaders perçus comme tels pour leur volonté morale, il est préférable de choisir des formations « cours critiques ». Autrement dit, qui a « pour objectif d’interpeller les consciences sur les enjeux du pouvoir, la complexité des situations et les dilemmes auxquels sont confrontés les dirigeants ».

Alors, bien entendu, les formations d’aujourd’hui touchent la plupart du temps ces trois catégories. À vous, leader, de savoir laquelle vous convient le mieux.

Quoi qu’il en soit, être un bon leader, ça se travaille.

Tancrède Blondé