Dia, qui se revendique 10ème franchiseur mondial par le nombre de collaborateurs franchisés appartenant à son réseau, laisse un goût amer à plusieurs locataires-gérants. A quelques semaines ou mois de la vente des magasins français du hard discounter espagnol à Carrefour, ces entrepreneurs ont interpelés les Echos de la franchise. diaLe 8 mai dernier, les dirigeants de Dia monde annonçaient la vente de l’ensemble du parc de magasins français. C’est Carrefour qui, au terme de plusieurs semaines de flou, remporte la totalité du parc Dia, soit environ 800 magasins, dont 200 franchisés, pour la somme de 600 millions d’euros (sous réserve de validation de l’Autorité de la concurrence). Une annonce qui ne semble pas avoir surpris les franchisés et locataires-gérants du réseau, dont certains ont profité de l’occasion pour dénoncer les pratiques du franchiseur en France.

« Nous avons été abusés »

Anciens et actuels locataires-gérants, ils sont plusieurs dizaines à s’être réunis autour du syndicat professionnel Sefag pour interpeler les médias, dont les Echos de la franchise, quant à leur mésaventure avec la tête de réseau Dia. Tous pointent des écarts entre ce qui leur a été promis à la signature de leur contrat de franchise ou de location-gérance et la réalité du terrain. En particulier, les marges évoquées par le franchiseur et celles réellement payées par les locataires-gérants à la sortie entrepôt. « Dans un prévisionnel fourni avant la signature de mon contrat de location-gérance, Dia mettait en avant des marges « sortie entrepôt » sur les produits de l’ordre de 20 % en moyenne, totalement en décalage avec la réalité à laquelle j’ai été confronté », témoigne Julien*, ancien locataire-gérant Dia en région parisienne. Même constat pour Frédéric*, locataire-gérant toujours engagé auprès de l’enseigne pendant encore plusieurs mois : « Avec mon épouse, nous nous sommes rendus compte que l’entrepôt de Dia était en fait un véritable centre de profit. » Pour pallier ces déséquilibres, cet entrepreneur a choisi de s’approvisionner en direct sur une majorité de produits plutôt que de continuer à se faire livrer par l’enseigne. « Aujourd’hui, cela représente 60 % de mes sorties de caisse, ce qui m’oblige à passer un temps considérable chez des grossistes. Mais si je ne l’avais pas fait, nous aurions dû déposer le bilan », analyse-t-il. Rachid Hamdaoui, ex-franchisé à Drancy (93) est même allé jusqu’à relever des prix chez la concurrence pour s’assurer des décalages entre les tarifs du marché et ceux qu’il payait aux entrepôts Dia. « J’ai relevé des prix notamment chez un Carrefour Market situé près de mon fonds de commerce et j’ai pu constater que sur plusieurs produits de base, j’étais plus cher. Complètement illogique pour un hard discounter. » Idem en ce qui concerne l’emplacement des magasins : les locataires-gérants interviewés ont tous repris des points de vente qui étaient exploités en propre par l’enseigne et tous soupçonnent le franchiseur d’avoir voulu se « débarrasser des unités les moins rentables », précise le Sefag. « La tête de réseau a essayé de nous imposer certains magasins en nous expliquant que les zones de chalandise étaient intéressantes ou encore qu’il n’y avait pas de concurrence. Or, en tant qu’ancien salarié du réseau, je connaissais le manque de rentabilité structurel de ces points de vente », témoigne Eric*, locataire-gérant Dia jusque début 2013. En résumé, ce sont d’importantes informations pré-contractuelles que ces franchisés dénoncent comme manquant de sincérité. « Nous avons été abusés, la plupart des locataires-gérants ne sont pas aguerris pour lire entre les lignes d’un contrat de franchise », conclut Julien.

Des pratiques pointées du doigt

Ces entrepreneurs en colère dénoncent plusieurs pratiques du franchiseur Dia. La libre fixation des prix, notamment, est mise en cause : « De 2009 à 2012, nous ne pouvions pas fixer librement les prix dans notre propre magasin à cause du système informatique mis en place par l’enseigne », explique Frédéric…. Lire la suite de l’article sur les Echos de la franchise

Jennifer Matas