Taxes sur les dividendes : pourquoi cet amendement fait mal à l’esprit d’entreprise

Taxes sur les dividendes : pourquoi cet amendement fait mal à l’esprit d’entreprise

Publié le 31 octobre 2014

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Malgré la volonté du gouvernement d’abandonner l’amendement socialiste sur la taxation des dividendes des SA et SAS, cet épisode fait du mal aux entrepreneurs français.
Le match retour n’a pas eu lieu. Deux ans après la révolte des Pigeons contre la hausse des taxations des plus-values de cession d’entreprises, la majorité socialiste est revenue à la charge en voulant assujettir les dividendes des chefs d’entreprises aux cotisations sociales. Une mesure qui a fait hurler le Medef et les entrepreneurs en général. Résultat, moins de 24H après son adoption, le gouvernement fait marche arrière.
Mais le mal est fait. Cette tentative donne une image désastreuse de l’action du gouvernement. « L’incohérence est le premier mot qui me vient à la bouche », dénonce Denis Jacquet, fondateur de Parrainer la croissance. « Comment peut-on mettre à mal, depuis les bancs de l’assemblée, ce que Macron et Valls tentent de mettre en place au gouvernement ? J’ose espérer que ce n’était pas un ballon d’essai. »
Plus grave, la volonté de taxer les dividendes des dirigeants de SA et SAS prouve encore une fois aux yeux de l’entrepreneur la « méconnaissance » des députés en matière d’économie. « Ce député, chirurgien d’origine, comment peut-il « opérer » l’économie à cœur ouvert sans protéger les vaisseaux qui l’alimentent ??? ».

« Cette nouvelle taxation des dividendes reviendra »

Depuis, le député PS Gérard Bapt a fait amende honorable. « Il est vrai qu’il y a eu un manque de préparation. Avant la discussion budgétaire, nous avions consulté les acteurs du monde de l’entreprise, notamment la CGPME, mais ce point n’avait pas été soulevé. » Une méthode qui n’étonne pas Robert Branche, vice-président de Nous, Citoyens. « C’est la République des mots. Les mots d’un côté ; les actes de l’autre ».

Difficile de croire après de croire aux déclarations d’amour du gouvernement sur l’entreprise. Yoan de Hautcastel ne dit pas autre chose sur Twitter : « Hélas, cette nouvelle taxation des dividendes reviendra tant la haine des « frondeurs » envers l’entreprise est forte ». Une analyse qui est partagée par nombre de dirigeants de petites entreprises.
Marc Simoncini, sous couvert d’ironie sur Twitter, raconte d’ailleurs sur les premiers effets ravageurs de ce double discours de la majorité socialiste : « Tiens, l’entrepreneur qui fait mes travaux m’annonce ce matin qu’il déplace sa boîte au Portugal. Il se payait en dividendes ! #Chômage ». Une réaction peut-être exagérée qui traduit néanmoins les craintes de la majorité silencieuse des entrepreneurs.      
Tancrède Blondé

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