We Are Ants : C’est l’histoire d’un physicien et d’un mathématicien qui montent une boîte…

Lancé il y a 3 ans, We Are Ants se veut « laboratoire d’innovations » pour les entreprises. En plein pivot, la startup se retrouve face à un dilemme : lever des fonds, ou pas.

Julie Galeski : Un mathématicien et un physicien qui s’associent pour lancer leur entreprise, c’est peu commun par les temps qui courent. Il manque le commercial, non ?

Alexandre Vallette :  C’est vrai qu’on a deux profils similaires, mais ça a du sens étant donné notre domaine d’activité, surtout pour un laboratoire d’innovations. Quand les entreprises ont des besoins en R&D, même les grandes, elles viennent nous voir, et on a 3 mois pour résoudre le problème. On se considère un peu comme le commando des mathématiques ! [Rires]

J.G : Quels types de besoins en R&D ? Généralement, les grands groupes ont un pôle R&D, non ?

A.V : Pas forcément. Les problèmes pour lesquels nous sommes sollicités nécessitent plusieurs compétences comme les mathématiques pures, l’intelligence artificielle, le calcul haute performance ou l’internet des objets. Il est très compliqué de monter en interne une équipe de spécialistes inter-disciplines sur des cycles aussi courts. Et c’est en multipliant ces projets qu’on arrive à suivre l’avancée des nouvelles technologies dans des domaines très variés.

Dernièrement, on a ainsi pu travailler à la fois sur l’intelligence artificielle au service de l’immobilier, la modélisation économique de réseaux gaziers pour un grand Energéticien, et la région Aquitaine qui souhaitait être en mesure de compter en temps réel le nombre de personnes présentes sur les plages.

J.G : Challenges réussis ?

A.V : Oui ! Pour la région Aquitaine, on a inventé un petit capteur que l’on place dans les postes de secours. Il arrive à détecter le nombre de téléphones portables à 1km à la ronde. On a combiné cette technologie avec le vol de drones pour prendre des photos et compter le nombre de personnes. Grâce à ça on arrive à une moyenne très proche de la réalité.

J.G : Finalement vous développez des technos pour les autres… Pourquoi ne pas avoir choisi l‘option plus « simple » de travailler pour une entreprise en tant que salarié ?

A.V : Pour la liberté.  Et puis, ne soyons pas langues de bois, nos métiers un peu techniques dans les grandes entreprises peuvent vite devenir ennuyeux. En ayant monté notre boîte, on varie les projets, on relève des défis différents à chaque fois, et on ne rend de compte à personne. Il faut juste répondre à une problématique dans les 3 mois.

J.G : Et si vous n’y parvenez pas ?

A.V : Ce n’est pas une question qu’on se pose [Rires]. Mais cela souligne quand même le jeu d’équilibristes auquel se confrontent les petites structures qui font du service. Notre objectif, c’est de développer notre propre produit. On est sérieusement en train de se pencher sur les vélos électriques connectés.

J.G : Et avec cette innovation, vous aussi vous voulez « changer le monde ?

A.V : Non bizarrement ! Ce n’est peut-être pas très vendeur de dire ça, mais on ne fait pas partie des entrepreneurs qui rêvent de révolutionner un marché. Avec mon associé, Serge Bredin, on veut juste réussir à développer notre propre produit.

J.G : Donc à la fin de l’année, vous aurez atteint votre objectif si…

A.V : Si on a sorti de terre une technologie indispensable, dont les gens se serviront au quotidien.

J.G : Pour cela, il va vous falloir de l’argent ? Est-ce que l’idée de lever des fonds vous a traversé l’esprit ?

A.V : On essaye de financer nos projets internes de recherche sur notre trésorerie. J’aimerais me dire qu’on n’a pas besoin de faire appel à des investisseurs, mais pour le moment je n’ai pas assez de visibilité.

J.G : À vous entendre, ça sonne un peu comme une crainte des investisseurs ?!

A.V : Pas une crainte, mais une prudence. Pour des projets d’innovation, une levée de fonds privée n’est pas indispensable au démarrage lorsqu’on a les compétences en interne. Si une rallonge de trésorerie est nécessaire pour lever un verrou technologique, je préfère toquer à la porte de Bpifrance, les convaincre de la valeur de cette innovation et conserver plus de latitude avant le développement industriel. On verra d’ici quelques mois…

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2 Commentaires
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