« Je suis passé de Président de mon entreprise, à rien » – Alexandre Roux

Après avoir dirigé son entreprise, MARK, pendant près de 20 ans, Alexandre Roux est entré en liquidation judiciaire en 2017, avant de devoir laisser son bébé à un repreneur. Sans langue de bois, l’entrepreneur revient sur cette étape « lourde » de sa vie de chef d’entreprise, et sur ce jour où il a mis un point final à l’histoire qu’il avait lui même créée. 

« Quand on est chef d’entreprise, on sait le risque que l’on prend, mais au fond, on ne s’imagine pas qu’un jour, on va finir en liquidation judiciaire ». Frappant de sincérité, Alexandre Roux fait partie de ces entrepreneurs qui ont flirté avec le succès avant de devoir encaisser un revers des plus puissants qu’il soit.

En 1998, Alexandre Roux décide de lancer avec son épouse, MARK Mobilier Contemporain, une entreprise de fabrication de meubles design haut de gamme. À l’époque, l’offre très faible sur ce marché, propulse le couple sur le devant de la scène, notamment grâce à sa collection « Cubik ». Durant 10 ans, l’entreprise connaît une très forte croissance, et n’hésite pas à mettre les bouchées doubles du côté de ses investissements. « Au pic de notre succès, on est monté à 35 salariés. En 2005 on réalisait 4 millions d’euros de CA. En 2007 on en investissait 1,5 million…», raconte-t-il.

Mais en 2008 : Badaboum. La crise économique qui sévit dans le monde entier n’épargne pas son entreprise. « Le marché s’est resserré, les magasins qui travaillaient avec nous ont subi le marché, alors forcément, on a directement été touchés », se souvient-il amèrement. Sans apports capitalistiques extérieurs, l’entreprise souffre rapidement de problèmes de trésorerie qui poussent le couple à se placer en redressement judiciaire quelques années plus tard.

« On a d’abord pensé au redressement pour tenter de sauvegarder un maximum d’emplois, car quand on est en train de perdre son entreprise, l’une des étapes les plus éprouvantes, c’est de devoir se séparer de ses équipes ». Mais cela ne suffit pas à sauver le bateau du naufrage. « On a dû transformer le redressement en liquidation pour qu’un repreneur puisse récupérer les actifs de la société, la marque, une partie des effectifs et l’équipement industriel. C’était ça, où tout partait à la casse », confesse l’entrepreneur.

« Je n’ai pas passé une seule journée en jogging dans mon canapé à me morfondre »

Du jour au lendemain, Alexandre Roux se retrouve à nu, sans aucun statut juridique. Soucieux de ne pas lâcher sa société dans un piteux état, l’ancien patron reste quelques temps dans les parages pour « faire en sorte que la transition avec les clients et les salariés puisse être la meilleure », comme il le décrit. « J’étais là pour faire un peu d’accompagnement commercial », avant de devoir définitivement quitter le navire. « En l’espace de quelques jours, je suis passé de Président de mon entreprise, à rien », accepte-t-il sans condition.

Si sa femme a été réintégrée dans la nouvelle structure, Alexandre Roux doit quant à lui « immédiatement » penser à sa reconversion professionnelle. Lui qui a toujours été actif n’imagine pas un seul instant s’arrêter de travailler. « Je n’ai pas passé une seule journée en jogging dans mon canapé à me morfondre », insiste-t-il. Il fait alors marcher son réseau, celui qu’il a toujours mis un point d’honneur à entretenir lorsqu’il était son propre chef.

Un réseau d’anciens clients, d’amis, d’entrepreneurs, qui lui tend la main, et grâce auquel Alexandre Roux réalise ponctuellement quelques missions en tant que consultant, avant de sortir la tête de l’eau. Rapidement, il décide de monter son cabinet de conseils en actions commerciales et en communication digitale, Move and Up.

« C’est grâce à son réseau qu’on arrive à rebondir »

Une renaissance qui n’aurait sans doute pas été possible sans sa GSC. « Quand j’étais à la tête de MARK, j’avais souscrit à la GSC sur les conseils de mon assureur, mais je ne savais pas vraiment à quoi ça servait. À chaque rendez-vous, je me disais qu’il fallait que je la résilie, mais lui me tenait tête, et à raison ! Quand mon statut a changé, j’e l’ai activée, ce qui m’a permis de maintenir une partie de mon salaire pendant un an. Sans ça, je n’aurais pas pu subvenir aux besoins de ma famille », reconnaît-il.

La GSC lui offre aussi un accompagnement personnel pour l’aider dans la structuration de son nouveau projet professionnel. « Ça m’a complètement permis de rebondir, de manière plus sereine. Quand on est chef d’entreprise, il faut savoir aborder l’avenir. J’ai connu des patrons de boîte qui se sont écroulés parce qu’ils n’avaient rien derrière ».

S’il devait tirer une leçon de ces deux dernières décennies, ce serait sans doute, nous dit-il, « la force du réseau ». Car, si Alexandre Roux avoue avoir vécu cet échec comme une expérience humaine « lourde », « pas très heureuse », il retiendra ce soutien sans nom qu’il a reçu de la part d’entrepreneurs, d’amis, de sa famille. « Le chef d’entreprise ne doit jamais s’enfermer dans son bureau, car c’est grâce à son réseau qu’on arrive à rebondir ».

Infographie à lire : en 2017, 50 011 dirigeants ont perdu leur emploi 

@Julie Galeski

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2 Commentaires
  1. […] « Quand on est chef d’entreprise, on sait le risque que l’on prend, mais au fond, on ne s’imagine pas qu’un jour, on va finir en liquidation judiciaire ». Frappant de sincérité, Alexandre Roux fait partie de ces entrepreneurs qui ont flirté avec le succès avant de devoir encaisser un revers des plus puissants qu’il soit. En 1998, Alexandre Roux décide de lancer avec son épouse, MARK Mobilier Contemporain, une entreprise de fabrication de meubles design haut de gamme. À l’époque, l’offre très faible sur ce marché, propulse le couple sur le devant de la scène, notamment grâce à sa collection « Cubik ». Durant 10 ans, l’entreprise connaît une très forte croissance, et n’hésite pas à mettre les bouchées doubles du côté de ses investissements. « Au pic de notre succès, on est monté à 35 salariés. En 2005 on réalisait 4 millions d’euros de CA. En 2007 on en investissait 1,5 million…», raconte-t-il. Mais en 2008 : Badaboum. La crise économique qui sévit dans le monde entier n’épargne pas son entreprise. « Le marché s’est resserré, les magasins qui travaillaient avec nous ont subi le marché, alors forcément, on a directement été touchés », se souvient-il amèrement. Sans apports capitalistiques extérieurs, l’entreprise souffre rapidement de problèmes de trésorerie qui poussent le couple à se placer en redressement judiciaire quelques années plus tard. « On a d’abord pensé au redressement pour tenter de sauvegarder un maximum d’emplois, car quand on est en train de perdre son entreprise, l’une des étapes les plus éprouvantes, c’est de devoir se séparer de ses équipes ». Mais cela ne suffit pas à sauver le bateau du naufrage. « On a dû transformer le redressement en liquidation pour qu’un repreneur puisse récupérer les actifs de la société, la marque, une partie des effectifs et l’équipement industriel. C’était ça, où tout partait à la casse », confesse l’entrepreneur. « Je n’ai pas passé une seule journée en jogging dans mon canapé à me morfondre… Lire la suite depuis la Source […]

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