L’international peut être un véritable levier de développement pour une entreprise. Avec sa nouvelle campagne, Bpifrance incite les entrepreurs à exporter leur business. Mais pas facile de savoir quand ou comment se lancer… Patrice Bégay nous livre ses conseils pour bien mener sa stratégie d’internationalisation.

Bpifrance international

La France compte 3,4 millions d’entreprises. Mais peu d’entre elles exportent… « En 2016, seulement 124 100 sociétés exportaient et le déficit commercial français s’est creusé l’année suivante, pour atteindre 62,3 milliards d’euros », souligne Patrice Bégay, Directeur exécutif de Bpifrance. « L’international est pourtant une formidable source de croissance pour les entreprises. 97% des consommateurs se trouvent en dehors de l’hexagone, ça ouvre des perspectives ! »

Pour inciter les entrepreneurs à l’export, la banque publique d’investissement vient de lancer une toute nouvelle campagne. Son ton cash interpelle et bouscule, pour mieux faire passer son message : l’international, c’est maintenant. « Nos entrepreneurs ne doivent pas passer à côté d’opportunités de faire grandir leur entreprise, de rencontrer leurs clients internationaux, mais aussi de nouveaux talents », précise Patrice Bégay. En « allant se faire voir ailleurs », une société pourra trouver de nouveaux débouchés à ses produits et dépasser les potentielles limites de son marché.

« Une entreprise qui s’internationalise est plus attractive aux yeux de ses futurs collaborateurs »

« L’international rime également avec innovation, non seulement parce qu’il permet de s’inspirer d’idées et de savoir-faire nouveaux, mais aussi car il s’agit d’un marché exigeant, sur lequel il faut être à la pointe », explique Patrice Bégay. « Une entreprise qui s’internationalise est aussi plus attractive aux yeux de ses futurs collaborateurs. Quant à ses dirigeants, ils redeviennent créateurs et redécouvrent l’adrénaline des débuts, car tout est à écrire ».

Mais comment savoir si c’est le bon moment d’exporter son business ? D’abord, en suivant les actualités économiques et politiques, qui sont de bons indicateurs de stabilité. « Les entrepreneurs ont 20 mois d’âge d’or devant eux », souligne l’expert. Il est aussi crucial d’analyser la concurrence dans le marché visé et de bien connaître les habitudes de consommation de ce dernier. Bien sûr, l’entreprise doit être structurée pour l’export. « Le retour sur investissement est long mais fondamental ».

« L’international, c’est aussi du test and learn constant »

Si vous souhaitez partir à la conquête de l’international, « la première étape est d’être à l’écoute du marché et de l’écosystème local pour voir les opportunités qui se dessinent ». Échanger avec ses pairs – par exemple via le réseau Bpifrance Excellence – peut permettre d’éviter certaines erreurs et ainsi de gagner du temps. « Tous les employés doivent être concernés par le projet. L’ambition doit être portée par le dirigeant, les membres du board et ainsi devenir une réelle culture d’entreprise », conseille Patrice Bégay.

« L’international c’est aussi du test and learn constant. Il faut y aller, tester, voir ce qui fonctionne et ne fonctionne pas, ajuster, redémarrer… Connaître les mœurs et la culture locale est d’ailleurs impératif, car certaines pratiques de business peuvent significativement différer d’un pays à l’autre ». Pour vous faire connaître par l’écosystème, n’hésitez pas à participer à des salons, congrès ou conférences. Et surtout, pensez à avoir un site en anglais – voire même dans les langues des différents pays visés.

Pauline Capmas-Delarue