Izipizi ou comment entreprendre entre amis

Montures colorées, formes design et stylées, les lunettes Izipizi ont déjà envahi le marché. Mais savez-vous comment tout a commencé ? Derrière ce concept d’accessoires à petits prix, qui mise sur son capital sympathie, il y a l’histoire de trois potes devenus associés.

Derrière le succès fulgurant des lunettes Izipizi, se cache une histoire d’amitié. En 2010, Charles Brun, Quentin Couturier et Xavier Aguera, inséparables depuis leurs années lycée, décident de se lancer dans une aventure commune. Ils trouvent une idée qui fait consensus et créent leur entreprise. Pourtant, dans leur entourage, leur association suscite des doutes.

« Quand on a créé la boite, tout le monde nous disait : ‘Ça ne marchera pas. Trois, c’est deux contre un’ ou  ‘À trois, on va au casse-pipe’. » Pas de quoi décourager le trio fraîchement diplômé : « C’était un défi pour nous d’aller au bout. Au début, c’était un peu le bordel, tout le monde faisait tout, ça créait des tensions et au bout d’un an, il nous a semblé indispensable de se répartir les tâches », raconte Charles Brun. 

Dès le début, une parfaite équité règne entre Charles, Quentin et Xavier. Qu’il s’agisse des parts de la société, des salaires ou des congés, les cofondateurs d’Izipizi sont sur un pied d’égalité. D’ailleurs, si vous leur demandez ce qui prime entre le projet et l’association, la réponse est immédiate. Ils n’ont jamais douté de leur engagement, et ce malgré quelques débuts difficiles, avec leur concept de lunettes sur socle, mises à disposition des presbytes dans les lieux publics. Un produit gadget qui n’a pas rencontré le succès escompté et qui a poussé les trois amis à revoir leur copie.

« Une association, c’est un peu comme un mariage »

« Intellectualiser le concept sans se confronter à la réalité du terrain, c’est une perte de temps. Il faut échanger, en parler à plein de gens pour recueillir des points de vue variés. » Tel est le constat de Charles Brun, attendu le 11 octobre prochain à l’AccorHotels Arena de Paris pour le Bpifrance Inno Génération. S’il ne prétend pas détenir la recette du succès, il est convaincu que l’ingrédient principal consiste à bien choisir ses associés : « C’est un peu comme un mariage. Parce qu’en réalité, on passe plus de temps tous les trois qu’avec nos femmes respectives. »

En 2017, la société opère un virage risqué et se revêt d’un nom nouveau. See Concept devient Izipizi. Un nom pas si easy car, s’il reflète bien plus l’esprit fun et dynamique de leurs produits, les trois amis ont dû tenir bon face aux réprobations. « Plein de gens n’ont pas compris. Certains ont trouvé que c’était enfantin », se souvient Charles Brun.

« Rester focus et ne pas s’éparpiller est essentiel »

De la remise en question donc, mais aussi de la persévérance. Le dosage est délicat mais Charles Brun et ses associés ne manquent pas d’humilité et ont su mettre en application les conseils avisés de leurs pairs. « Rester focus, ne pas s’éparpiller est essentiel. Et puis, il faut être ambitieux. Quand vous avez un potentiel mondial avec un produit mondial, il faut pouvoir se dire que votre terrain de jeu, c’est le monde entier. »

Pari gagné. Aujourd’hui, Izipizi est présent dans 65 pays, a démarré l’aventure retail à Paris en 2017, s’apprête à ouvrir une boutique à Londres et fait 70% de son chiffre d’affaires à l’étranger. La force de l’enseigne ? « Notre équipe. Ce sont des ambassadeurs de la marque, des gens de tous horizons qui comprennent les quatre valeurs de la marque : Happy, Easy, Open et Wahou. On vend des sourires, des produits sympas et colorés. » Et Charles de conclure : « On considère qu’on est à 10% de ce qu’on peut faire. On a les moyens d’investir le reste du monde. »

Mathilde Degorce 

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