Le b.a.-ba pour valoriser votre entreprise

DCF, options réelles, multiples… Au moment de se lancer dans la valorisation de votre startup, de nombreuses méthodes s’offrent à vous. Mais toutes ne sont pas bonnes à prendre. Pour faire le bon choix, voici les conseils essentiels de Patrick Daguet, consultant en finance et professeur permanent à l’IESEG School Of Management de Paris.

Commençons par le commencement : en quoi consiste la valorisation d’une entreprise ?

Patrick Daguet : Valoriser son entreprise, c’est mesurer ce qu’elle va générer comme valeur au travers des actifs qu’elle exploite. Cela peut être une licence, un brevet, mais aussi des biens matériels comme de l’outillage. C’est à travers ces revenus qu’on mesure la valeur de la société. Cette dernière est projetée dans l’avenir, c’est-à-dire qu’on estime sa capacité à générer durablement des revenus futurs.

À qui sert cette estimation ?

Patrick Daguet : Tout d’abord, cela sert évidemment à ceux qui sont propriétaires de l’entreprise, que ce soit pour la vendre un jour ou pour attirer d’autres personnes à les rejoindre dans l’aventure en tant que co-propriétaires. Ces derniers, aussi appelés investisseurs ont mené le même exercice de valorisation de leur côté. C’est de la confrontation de ces deux visions que va naître le prix auquel les nouveaux entrants vont décider de se lancer dans l’entreprise.

Quelle méthode de valorisation conseillez-vous pour une startup et pourquoi ?

Patrick Daguet : Tout dépend du degré de développement. Pour les startups early stage, on privilégie la méthode des options réelles. Celle-ci est fondée sur des multiples scénarios qui sont autant d’opportunités que l’entreprise peut saisir. C’est une méthode qui n’est pas restrictive, avec peu de contraintes, et qui se donne le droit d’explorer toutes les possibilités. On note toutefois une limite : sa complexité. Son avantage en revanche est qu’elle donne une revalorisation très fidèle et très précise, qui prend toutes les options en considération. Pour les second stage (deux à quatre ans d’existence), je conseille un mix entre la méthode des options réelles et celles des Discounted Cash Flows (DCF). Cette dernière, appelée aussi Méthode des flux futurs actualisés, est basée, comme son nom l’indique, sur l’évaluation de flux futurs. Son avantage : elle est connue, éprouvée et comprise par l’essentiel des acteurs du marché. Son défaut : elle doit se reposer sur des actifs producteurs de revenus existants. Or, la plupart des sociétés naissantes n’ont pas encore de patrimoine à ce stade. Cela devient donc un exercice de boule de cristal. Au-delà de quatre ans de vie, la méthode à privilégier pour les entreprises est le DCF.

Quelle méthode déconseillez-vous et pourquoi ?

Patrick Daguet : Bien que très facile d’utilisation, je déconseille la méthode des multiples. Elle ne s’applique pas du tout aux startups, car elle veut comparer une jeune pousse à des sociétés cotées dont les caractéristiques diffèrent totalement des startups, que ce soit du point de vue du taux de croissance, du chiffre d’affaires ou de la structure financière. Deuxième limite de cette méthode : elle survalorise les startups et augmente donc le risque de dilution des propriétaires à terme.

Au final, y-a-t-il une solution miracle ?

Patrick Daguet : Non ! À chaque étape de la vie d’une entreprise, correspond une méthode de valorisation optimale. En fonction de l’étape de développement dans laquelle vous vous trouvez, vous ne devez pas utiliser la même méthode de valorisation.

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