Orthographe : la solution pour ne plus faire de fautes dans vos mails

‘Ils se sont téléphoné’ ou ‘Ils se sont téléphonés’ ? J’accorde ou je n’accorde pas ? C’est toujours au moment d’écrire un mail crucial qu’on se retrouve face à un tel dilemme. Pour ne plus jamais avoir à douter de son orthographe dans la sphère professionnelle, Bernard Fripiat distille ses précieux conseils lors de formations plébiscitées par les entreprises.

Professeur d’histoire spécialisé en langue, Bernard Fripiat en connaît un rayon sur les fautes d’orthographe. En 1993, sa méthode et ses astuces pour éviter d’en faire remontent aux oreilles du spécialiste de la formation professionnelle Demos. Depuis, il organise des stages ludiques pour les salariés et les dirigeants qui sont confrontés au même mal : l’orthographite aiguë.

Vous faites vos stages d’orthographe depuis plus de 25 ans. Quelle est votre méthode miracle ?

Bernard Fripiat : C’est tout simple, je prends la méthode à l’envers. Au lieu d’enseigner la grammaire pour éviter les fautes, je pars des fautes les plus commises et j’explique comment ne plus les faire. Je ne m’attarde pas sur tout ce qui est souligné par le correcteur orthographique de votre outil de traitement de texte. Je donne des astuces pour que ma méthode soit immédiatement efficace dans votre entreprise.

Quelles sont les fautes les plus fréquentes ?

BF : Sans aucun doute l’emploi du participe passé. Beaucoup de personnes croient (à tort) qu’on accorde toujours avec le verbe être et jamais avec le verbe avoir. Mais tout se complique avec les verbes pronominaux.

Une petite astuce à partager pour nous aider ?

BF : Pour savoir si on accorde ou pas le participe passé, je propose de mettre la phrase à la première personne du singulier au présent. Si on utilise le pronom ‘le’ on accorde, et si on utilise ‘lui’ on n’accorde pas. Exemple : ‘Ils se sont vus’, que je peux formuler à la première personne par ‘Je le vois’, donc on accorde. Quant à ‘Ils se sont téléphoné’, cela donne ‘Je lui téléphone’, donc on n’accorde pas.

Qui retrouve-t-on dans vos stages ? Des salariés ou des dirigeants ?

BF : Dans les années 90, on trouvait surtout des employés et des secrétaires. Mais depuis la démocratisation de l’ordinateur, chacun envoie ses propres mails. Du coup, beaucoup de dirigeants et de cadres s’inscrivent. Dans les stages, je peux avoir une secrétaire, un biologiste et un manager de trente personnes côte à côte. C’est pour cela que je ne fais jamais de tour de table, pour ne pas que les gens se jugent. Nous sommes tous égaux devant les fautes !

Quels sont les impacts de ces fautes d’orthographe dans notre vie professionnelle ?

BF : Faire une faute dans un mail, c’est comme aller à un entretien d’embauche avec un jean troué. Si la personne en face de vous adore ça, vous avez de la chance, mais il y a plus de chance que vous donniez une impression de laisser-aller.

Quels sont les résultats de vos stages ?

BF : À la sortie du stage, les élèves ne font plus de fautes avec le correcteur orthographique. Je laisse quand même mes coordonnées au cas où ils aient un énorme doute sur une phrase. En général, 50 % le font, et je réponds toujours. Dernier conseil peut-être, quand vous avez un texte long à envoyer : relisez phrase par phrase à partir de la fin ! Ça marche toujours pour trouver les coquilles et petites fautes.

 

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2 Commentaires
  1. […] Source : Orthographe : la solution pour ne plus faire de fautes dans vos mails | Widoobiz […]

  2. Parmentier

    22 février 2019 6 h 19 min

    Au cas où ils auraient (pas « aient ») : conditionnel, pas subjonctif.

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