Faguo : retour sur 10 ans d’aventure

Faguo : retour sur 10 ans d’aventure

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Faguo fête ses 10 ans cette année. Nicolas Rohr, co-fondateur de la marque française de chaussures, de vêtements, de bagagerie et d’accessoires, revient sur la genèse de son projet, sur son engagement pour la reforestation mais aussi sur la notion d’échec.

« Aujourd’hui ce que l’on souhaite, c’est habiller toute une génération d’entrepreneurs qui a soif de projets et d’aventures ». Voilà comment Nicolas Rohr parle avec enthousiasme de Faguo, qu’il a fondé avec Frédéric Mugnier, il y a maintenant une décennie.

Les deux compères font connaissance et se lient d’amitié alors qu’ils ont tout juste la vingtaine et sont étudiants au sein de l’école de commerce Istec, à Paris. Ils partent ensemble pour un échange universitaire en Chine durant 6 mois. C’est là que tout change pour eux, ou plutôt… que tout commence ! Lors de ce voyage, ils décident de lancer leur propre marque de baskets. Pourquoi les chaussures ? Tout simplement car les deux étudiants leur vouent une véritable passion et adorent l’univers de la mode. Commencer par des sneakers est donc une évidence, tout comme le nom de leur griffe « Faguo » qui signifie « France » en mandarin.

Des moyens alternatifs pour fidéliser leur clientèle

Mais comme Rome, tout ne s’est pas fait en un jour. Sitôt rentrés en France, ils réussissent à convaincre leur directeur d’école de consacrer leur stage au développement de leur projet.

S’en suivent des journées où ils assistent à leurs cours et des soirées où ils travaillent sur Faguo. L’établissement accepte d’aménager leur emploi du temps pour leur permettre de passer leurs examens en parallèle. Pour Nicolas Rohr, le fait d’être issu d’une école de commerce « a été une bonne formation à l’entrepreneuriat ».

Afin de fabriquer leurs 4 700 premières paires en Chine, ils démarrent avec un capital de 50 000 euros. Les banques sollicitées n’ayant pas répondu présent les deux entrepreneurs combinent prêts étudiants (70% du capital) et love money. Treize amis acceptent d’investir entre 500 et 2000 euros chacun dans leur projet. Pour vendre leurs baskets, vu qu’aucun magasin n’accepte de les accueillir, ils décident d’utiliser leurs réseaux sociaux et plus particulièrement Facebook afin d’organiser des ventes privées chez leurs copains. Ils pensent écouler leurs stocks en un an. Deux semaines suffisent. Ils obtiennent ainsi le crédit nécessaire pour être commercialisés par des grands magasins comme le Printemps ou les Galeries Lafayette.

Une décennie d’ajustements et de croissance

La notion d’échec a donc bien été présente durant la création de Faguo, comme le souligne Nicolas Rohr au Salon des Entrepreneurs 2019. Pour lui, le plus grand risque quand on est entrepreneur, « c’est de ne pas créer sa boîte justement. C’est-à-dire s’arrêter à l’idée et ne pas passer au projet ». De plus, il juge que, « même si l’échec se vit rarement bien, en France on le pardonne heureusement et on sait rebondir ».

Dix ans plus tard, la marque française s’est diversifiée puisqu’elle propose également des vêtements, des bagages et des accessoires. L’engouement est tel que ce sont désormais les magasins qui sollicitent les créateurs de la marque. Après avoir misé sur une distribution en multimarques, le label se dote aussi de ses propres magasins. Faguo est ainsi présente à Aix-en-Provence, Bordeaux, Lille, Lyon, Nantes, Paris, Strasbourg et Toulouse. Pour ouvrir sa boutique située à Paris, dans le quartier du Marais, Nicolas Rohr a fait appel au crowdfunding : 650 personnes ont investi 20 000 euros au lieu des 8 000 euros espérés.

Quant aux ateliers de fabrication, ils sont répartis au Vietnam (60%), en Chine (20%) et au Portugal (20%).  Tous travaillent dans le respect des normes européennes.

Une démarque éco-responsable

La mission de la griffe composée de 40 personnes ? Sensibiliser les entreprises à leur impact environnemental. Pour compenser leur bilan carbone, ils plantent un arbre en France pour chaque produit vendu. Ces plantations contribuent à lutter contre le dérèglement climatique. 700 000 arbres ont été plantés depuis 2008 dans 120 forêts tricolores.

Avec ses sneakers responsables, la marque a remporté le Grand prix du Moovjee en 2010 et a bénéficié d’une levée de fonds de 1,5 million d’euros en 2012.

Son prochain gros projet ? « Lancer notre collection de produits en coton recyclé ». Rendez-vous à l’hiver 2019.

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