Gaspillage alimentaire : comment Phenix en a fait son business

Gaspillage alimentaire : comment Phenix en a fait son business

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Donner une seconde vie aux déchets et faire en sorte que les invendus ne soient plus perdus, tel est le leitmotiv de Jean Moreau et Baptiste Corval lorsqu’ils créent leur startup en 2014. Retour sur 5 ans de zéro déchet, d’échecs mais aussi sur leurs projets d’avenir.

Afin de mettre fin au gaspillage alimentaire et valoriser les déchets de la grande distribution et des acteurs industriels, Jean Moreau et Baptiste Corval décident de lancer Phenix, leur startup sociale, en 2014. L’ambition des deux hommes ? Devenir des pionniers de « l’économie circulaire où les invendus sont une ressource en tant que telle », comme nous le précise Jean Moreau.

Pour cela, l’entreprise récupère les denrées encore consommables de la grande distribution afin de les revendre en premier lieu « avec une réduction de -30, -40%, car elles se périment le soir ou le lendemain. Sinon, on les offre aux associations caritatives (Restos du cœur, Croix Rouge, Emmaüs), parce que ce sont des produits proches de la péremption à donner dans des circuits de solidarité. Enfin, après les consommateurs et les associations, on les donne aux animaux (fermes, parcs animaliers, centres équestres). Tout ça pour éviter la mise en décharge, la destruction ou l’incinération », explique Jean Moreau.

Phenix a d’ailleurs reçu le prix David et Goliath, de Raise et Bain & Company, pour sa collaboration avec Carrefour en 2017 et le prix de l’Entrepreneur de l’année dans la catégorie engagement social en 2018.

Des débuts difficiles, qui font rebondir

Mais tout n’a pas été rose sur chemin du succès. Non, son modèle économique en lui-même était même un véritable pari. En effet, ils ont décidé de prendre « une commission au succès sur les volumes qui transitaient par Phenix ». Ce qui veut dire qu’ils n’avaient aucune garantie de revenus. « C’était une décision assez chouette mais assez risquée sur le moment », note Jean Moreau. En faisant les bons choix, ils sont passés de 0 à 120 employés et de 0 à 10 milliers d’euros en cinq ans. Mais à cause d’un problème de gouvernance, les deux entrepreneurs ont été forcés de se séparer du 3e co-fondateur « dans un bain de sang ».

Mais comme le dit si bien Jean Moreau, « l’échec fait partie de la vie d’un entrepreneur ».

Une levée de fonds pour s’exporter

De startup, Phenix est devenue scale-up et son futur s’annonce radieux avec cette une levée de fonds de 15 millions d’euros, réalisée en novembre dernier. La société souhaite ainsi « développer une brique BtoC pour aller chez le consommateur ». Et ce, grâce à une « application pour revendre et acheter des invendus à prix cassés, mais aussi un réseau d’épiceries anti-gaspillage spécialisé dans les produits moches, hors calibre ou difformes ».

Le deuxième pilier de la levée ? L’international. « Aujourd’hui, sur les 120 personnes, on est 110 en France, 4 au Portugal et 4 en Espagne. On souhaite se tourner vers la Belgique, la Suisse et l’Italie dans les 18 dix-huit mois ».

Enfin, Jean Moreau souhaite également « aller de plus en plus vers une mission de Tech for good. On a déjà une grosse équipe tech, mais on va recruter 15 profils dans les deux ans, des devs, des datas scientist et des product owners ».

Une chose est sûre : Phenix a définitivement pris son envol et l’objectif #ZéroDéchet est en marche.

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