Aleth d’Assignies (Usbek & Rica Business Review) : « L’entreprise a un rôle politique à jouer »

Aleth d’Assignies (Usbek & Rica Business Review) : « L’entreprise a un rôle politique à jouer »

On connaissait la version grand public, papier, d’Usbek & Rica. Dorénavant, le média explore le futur des entreprises avec sa Business Review, sur un site associé à un magazine trimestriel. Aleth d’Assignies pilote cette version B2B, en tant que directrice du studio. Elle nous explique pourquoi l’entreprise est une force de la nation, au même titre que la société civile et l’Etat !

Quelle est la genèse d’Usbek & Rica Business Review ?

Depuis sept ans, nous aidons les entreprises à comprendre les grands enjeux d’avenir. Avec des études prospectives par exemple. C’est la partie « studio » d’Usbek et Rica. On a créé ce nouveau média, cette version B2B, car nous sommes forts d’une vraie expertise sur les questions que les entreprises se posent et comment elles perçoivent leur futur.

L’idée est d’outiller tous les collaborateurs (managers, talents, nouveaux arrivants, middle managers, etc.) sur les questionnements contemporains, en conservant le ton cool et savant, sérieux et décontracté, d’Usbek & Rica. C’est un média numérique, avec un abonnement pro : en fonction du nombre d’abonnés, des exemplaires papiers sont également envoyés. Il y a aussi une version en anglais.

 

« Il y a un nouveau pacte possible entre les grandes entreprises et la société civile »

 

Ce premier numéro, c’est un peu un manifeste ?

Oui. Et notre propos est le suivant : aujourd’hui, si on veut vraiment sauver le futur, l’entreprise a un rôle politique à jouer. C’est d’ailleurs un peu une marche forcée puisqu’elle est obligée d’avoir ce rôle pilier entre l’Etat et le citoyen ! Dans ce triptyque, c’est l’entreprise qui peut financer une transition. Il y a un nouveau pacte possible entre les grandes entreprises et la société civile. C’est ça aujourd’hui la tendance et non plus l’innovation, la RSE ou les datas.

Jerôme Ruskin, fondateur et directeur de la publication, évoque sur LinkedIn une conviction selon laquelle les entreprises seront « à l’avant de la transformation du monde ». Quelle que soit leur taille. C’est ce que vous diriez aussi ?

L’entreprise est face à un consommateur qui lui intime toujours plus de transparence et qui est lui-même totalement volatile. Il s’accroche aux valeurs de ces entreprises. Si nous n’étions pas dans un moment de transition très fort, est-ce que l’entreprise aurait continué à polluer la planète par exemple ?   

Dans l’édito de ce premier numéro, vous écrivez qu’elle « doit se repenser de fond en comble ». Pouvez-vous préciser ?  

L’ancienne façon de penser et de communiquer des entreprises avait quelque chose de très descendant et déclamatif. Aujourd’hui, on ne parle plus aux collaborateurs avec un discours top-down, à la suite duquel ils sont censés appliquer et penser corporate. De nos jours le collaborateur, qui est aussi citoyen et consommateur (c’est ce que j’appelle les trois « c »), est informé, même surinformé. Et donc l’entreprise ne peut plus asséner. Elle est obligée d’être sincère et transparente. Elle doit embarquer les gens avec elle, sinon personne ne la suivra !

 

« Aujourd’hui, l’entreprise est obligée d’être sincère et transparente »

 

Que peut-on trouver dans ce premier numéro ?

Nous avons réalisé un grand dossier sur ce nouveau pacte entre les jeunes diplômés et l’entreprise. Avec toujours, pour provoquer la réflexion, une présentation des choses controversée chère à nos médias. Il y a aussi une grande interview avec Holly Riddings, la cheffe des vols de la Nasa. Elle y raconte comment ils travaillent, d’un point de vue RH. Vous trouverez aussi un grand reportage, en Chine, sur le système de formation des managers. Également une petite nouvelle de science-fiction. Il y a aussi des podcasts ; le premier avec Aurélie Dudézert, autrice de « La transformation digitale des entreprises » (éd. La découverte).

Et pour le prochain numéro fin septembre ?

Le dossier portera sur « le temps long ». C’est-à-dire comment gérer les problèmes de disynchronicité entre l’immédiateté, à laquelle on s’est totalement habitué avec le numérique, et la prise de décision ou la mise en place de nouveaux process ou d’infrastructures par exemple. Nous allons aussi créer un think tank pour que ces réflexions, celles qu’on sent advenir autour de l’entreprise, soient partagées entre pairs. L’idée c’est de rassembler nos abonnés et de réfléchir ensemble.

 

« Nous allons créer un think tank pour réfléchir ensemble »

 

Il y a aussi une nouvelle plateforme prévue pour Usbek & Rica ?

Oui, en janvier 2020. C’est une complète refonte de notre site. Aujourd’hui il accueille nos articles et nos convictions, ainsi que des tribunes de personnes qui travaillent sur des sujets communs. Usbek & Rica est le tiers de confiance sur des sujets d’avenir et nous voulons asseoir cette position. Ce nouveau site sera donc une plateforme de recherche ouverte sur les grands enjeux d’avenir. Nous y agrégerons toutes les initiatives et réflexions qui se posent sur le futur !

1 commentaire

Bonjour, évidemment, l'entreprise est un acteur majeur du monde et donc elle a un rôle à jouer dans la transformation du monde. Mais disant cela, on ne dit rien tant que l'on n'a pas répondu à cette question fondamentale : au service de quelle vision du monde ?
Et cette question subsidiaire : quelle est l'ambition de mon entreprise au service de cette vision ?
C'est la B A BA d'une démarche stratégique, vous l'avez reconnu.
Et nous - chefs d'entreprises mutualistes - fondateurs de la Mutuelle Les Solidaires - ne sommes pas nécessairement en ligne avec la vision d'un grande banque mondialisée par exemple.
Alors, n'évacuons pas ces questions et débattons-en en toute bienveillance et humilité.

Par Oyarbide, le 25 juillet 2019

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