Percevoir son salaire en crypto-monnaie : est-ce possible ?  

Percevoir son salaire en crypto-monnaie : est-ce possible ?  

Euro vs crypto-monnaie

Percevoir une partie de son salaire en crypto-monnaie ? Plusieurs start-up sont nées de cette idée mais la perte d’attractivité de cette monnaie virtuelle pose la question de leur pérennité. État des lieux.

Les prémices d’une rémunération en crypto-monnaie

Plus de dix ans après l’apparition de la première crypto-monnaie, le marché pèse désormais plus de 239 milliards de dollars et compte plusieurs milliers de monnaies virtuelles. Un engouement qui touche petit à petit les Français puisque 57 % d’entre eux se disent prêts à négocier une partie de leur salaire en crypto-monnaie. Si dans l’hexagone, le Code du travail indique que le versement du salaire doit être fait en monnaie fiduciaire ou ayant cours légal en France,  le pays héberge pourtant Bitwage, une start-up d’Orange Fab, qui propose un service de paiement de salaires moins coûteux pour les indépendants grâce au bitcoin. La start-up toulousaine Talao – qui a levé en 2018 l’équivalent de 2,6 millions en crypto-monnaie – permet aussi aux entreprises de pouvoir recruter ses free lancers de manière plus efficace en utilisant un jeton basé sur l’Ethereum. Mais est-ce que ce modèle peut être adapté à tout le pays ? Selon l’étude réalisée en avril 2018 par Qapa et Paypite, 55 % des femmes et 66 % des hommes en France se disent prêts à percevoir une partie de leur  salaire en crypto-monnaie, des données à mettre en perspective avec le sondage effectué en novembre 2017 par Yougov qui révèle que 49 % des Français considèrent encore cette monnaie comme dangereuse due à son cours très volatile et aux arnaques répétitives.

Une pratique déjà existante à l’international

De nombreux pays ont, quant à eux, décidé d’intégrer totalement les crypto-monnaies à leur système. C’est notamment le cas au Japon où la crypto entreprise GMO Internet tente, depuis fin 2018, l’expérience du salaire partiel en bitcoins. Grâce à la régularisation du bitcoin dans le pays du soleil levant, le Japon représente aujourd’hui la moitié des échanges mondiaux en crypto-monnaie. En Australie, un arsenal réglementaire a même été mis en place afin de renforcer la confiance du citoyen australien dans ces monnaies en vue de peu à peu, leur donner un statut de monnaies classiques. En Suisse, le cabinet de conseil KPMG a quant à lui développé, en 2018, un programme permettant d’aider certains employeurs à payer leurs salariés en crypto-monnaie. Mais le marché des ICO (initial coin offering) a connu, depuis sa publication, un déclin constant. « Aujourd’hui, les composantes salariales sous forme de jetons émis sont rarement utilisées par des start-up et des entreprises existantes car ces derniers ont perdu de leur attractivité sur le marché » analyse Reto Gareus, Partner chez KPMG Suisse. Il explique néanmoins que les paiements de bonus sous la forme de jetons de paiement existants tels que Bitcoin et Ether continuent d’être un instrument populaire pour récompenser les employés comme dans le cas de « bonus ».

 Un regain d’intérêt pour la crypto monnaie

En France, les crypto-monnaies n’ont aucune valeur officielle. Mais plusieurs changements se profilent. Dans une interview au journal Lacroix, Bruno Le Maire a récemment émis le souhait de créer une monnaie numérique publique émise par les banques centrales. Le ministre français de l’Économie et des Finances annonce qu’il va proposer l’automne prochain, lors des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, une réflexion sur ce projet. Même regain d’intérêt en Chine : après avoir déclaré la guerre aux crypto-monnaies en 2017, l’ex-Empire du milieu change radicalement de position sur le sujet comme le prouve le lancement imminent d’une monnaie virtuelle chinoise et les récentes déclarations de Xi Jinping. Le leader Chinois a ainsi vanté les mérites de la blockchain et ses applications possibles dans de nombreux secteurs. Affaire à suivre.

 

 

 

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