Digital, tech, transformation numérique : où sont les femmes ? 

Digital, tech, transformation numérique : où sont les femmes ? 

C’était début février, Microsoft France réunissait autour d’une table ronde quatre invitées*, uniquement des femmes, issues du secteur de la technologie et du numérique. Au travers de leurs expériences, elles décrivaient un secteur déterminant que les femmes doivent reconquérir. Retour sur cet échange édifiant.

Selon la 4ème édition de l’étude Gender Scan, les femmes représentaient seulement 17% des effectifs dans le numérique en 2018. Une régression regrettable à l’ère où le digital s’impose comme un enjeu sociétal. L’intelligence artificielle, si elle est développée avec un biais de genre, n’effacera pas les discriminations mais les reproduira.  Dans un monde où les algorithmes régissent nos vies, il semble donc impensable d’exclure les femmes de ces secteurs clés qui façonnent notre société. 

La discrimination positive : une étape obligatoire ? 

Arbia Smiti est entrepreneure dans le secteur de la technologie. Elle évoque les discriminations de genre constatées lors de levées de fonds. Elle témoigne notamment des remarques sexistes de certains investisseurs, révélatrices des stéréotypes existants dans le monde de l’entrepreneuriat. Rien d’étonnant alors à ce que, depuis 2008, seulement 2% des montants levés aient été réalisés par des femmes. 

L’entrepreneure constate toutefois des signes encourageants : « Les remarques déplacées, ils y pensent, mais maintenant ils ne les disent plus. » Elle espère que, bientôt, ces idées sexistes ne traverseront même plus l’esprit des investisseurs. « Je suis certaine que ma fille vivra mieux que moi. Mais j’aimerais en profiter aussi. » déclare-t-elle. Pour cela, elle croit fermement à la discrimination positive qui, à son sens, est le seul levier qui fonctionne. Et d’ajouter « Il faut mettre en place des lois pour aller plus vite et plus loin sur les sujets d’entrepreneuriat et de mixité ». 

Le numérique en quête de role models féminins

Si les mentalités évoluent dans le bon sens, il reste du chemin à parcourir. La féminisation des secteurs du numérique et de la technologie passe, en grande partie, par l’éducation. Pourtant, là aussi, le constat est attristant. Alors que dans les années 80, les filières scientifiques et technologiques comptaient parmi les plus mixtes, les femmes y représentent aujourd’hui moins de 20% des étudiants. Considéré à tort comme un domaine de ‘geeks’ réservé aux hommes, le numérique souffre d’un manque manifeste d’attractivité auprès des étudiantes. L’enjeu pour le secteur réside alors dans sa capacité à faire émerger des modèles féminins capables d’inspirer les jeunes générations. 

Selon Merete Buljo, invitée de Microsoft, « le meilleur role model pour un enfant est son entourage ». Dès lors, toutes les femmes peuvent faire figure d’exemple et chacune a la possibilité de mettre en avant une autre femme. Pour cela, médias et réseaux sociaux représentent une force incroyable. Et les invitées de conclure cet échange en incitant le public à suivre le mouvement #FFWomenInTech lancé par Emmanuelle Leneuf, mettant à l’honneur chaque vendredi une femme inspirante. 

Combinant efficacement intelligence et optimisme, cette table ronde se terminait sur une note positive où chacune était invitée à agir pour faire bouger les lignes. La gente masculine était également interpellée, car comme le disait très justement Merete Buljo « Les hommes sont nos alliés. Il n’y a pas de mixité sans homme. »

 

*Merete Buljo, Chief Digital & customer experience officer chez BPCE,  Maud Funaro, directrice de la stratégie et de l’innovation chez E-Leclerc, Isabelle Mashola, co-fondatrice d’Isahit et Arbia Smiti, entrepreneure et business mentor chez TechStars, étaient les invitées de cette table ronde. Organisée par Microsoft France au sein de l’incubateur Willa et animée par Cathy Mauzaize, directrice de l’entité Enterprise Commercial.

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