Comment l’économie va-t-elle tenir ?

Comment l’économie va-t-elle tenir ?

Sur le marché des changes, le dollar américain a parfaitement joué son rôle de valeur refuge face à l’incertitude ambiante et au risque croissant de récession économique. Pour en juger, il suffit de regarder l’évolution hebdomadaire du Dollar Index, qui synthétise l’évolution de l’USD face aux autres devises majeures.

En l’espace d’une semaine, le Dollar Index a bondi de 2,2 %. Ce mouvement va vraisemblablement se poursuivre dans les semaines à venir, tant que le nombre de nouveaux cas déclarés d’individus touchés par le COVID-19 ne se stabilise pas. La hausse du dollar américain s’est aussi répercutée face à l’euro, puisque la monnaie unique affiche un repli de plus de 3 % face au dollar américain en variation hebdomadaire. En revanche, l’euro était quasiment stable par rapport au franc suisse. On peut estimer que des rachats d’euros par la Banque nationale Suisse ont une nouvelle fois limité l’appréciation de la monnaie de la Confédération.

 

Les grandes annonces à retenir :

  • Sans attendre l’ouverture du marché lundi et la réunion initialement programmée mardi et mercredi, la Réserve Fédérale américaine a décidé de ramener ses taux à zéro et de racheter 700 milliards de dollars d’actifs pour contrer les effets récessifs du COVID-19. Cette annonce qui a été communiquée dimanche vers 22h, heure de Paris, a pris de court beaucoup d’intervenants du marché des changes.
  • Le Royaume-Uni a annoncé une action coordonnée entre le Trésor britannique et la Banque d’Angleterre. Cette dernière a abaissé son principal taux directeur de 50 points de base, à 0,25 %, et annoncé des mesures de soutien aux entreprises via une facilité de prêt. En même temps, le Trésor britannique a dévoilé une enveloppe budgétaire sans précédent, qui est plus importante que celle mise en œuvre pour faire face à la crise financière de 2007-2008.
  • La réunion de la BCE a abouti à un krach boursier, car l’institution n’a pas réussi à rassurer les marchés financiers. Contrairement aux attentes, une nouvelle baisse du taux de dépôt n’a pas été annoncée. En revanche, une facilité de prêt aux entreprises a été décidée afin d’éviter des faillites en série. Il s’agit d’une enveloppe de 120 milliards d’euros. C’est surtout la prestation très médiocre de Christine Lagarde qui a fait paniquer. Elle a semblé se distancier de son prédécesseur, Mario Draghi, qui avait toujours laissé entendre que « quoi qu’il arrive » la BCE serait là pour endiguer toute panique financière. L’euro a d’ailleurs plutôt pâti de cette contre-performance puisqu’il perdait près de 0,7 % face à l’USD lors de la séance en question.
  • Juste avant le week-end, la Banque du Canada a de nouveau baissé son taux directeur de 50 points de base, à 0,75 %. Le gouvernement canadien a aussi présenté un plan d’aide aux entreprises touchées par la crise sanitaire d’un montant de 10 milliards de dollars canadiens.
  • L’Allemagne a annoncé un plan de soutien aux entreprises d’un montant de 550 milliards d’euros qui repose essentiellement sur des garanties de prêts.
  • Plusieurs pays, dont l’Espagne et les États-Unis, ont déclaré l’état d’urgence. Outre-Atlantique, cette décision permet aux États et aux localités de bénéficier d’aides fédérales qui sont estimées à 15 milliards de dollars.

 

À quoi faut-il s’attendre cette semaine ?

  • Une action sanitaire coordonnée pourrait être annoncée dès lundi à l’issue de la visioconférence des pays membres du G7. Elle pourrait aussi aller de pair avec une enveloppe budgétaire pour venir en aide aux entreprises.
  • Les statistiques économiques, comme l’indice ZEW allemand qui sera publié mardi à 11h, vont permettre de vraiment mesurer l’ampleur de la crise économique actuelle et de juger de la réalité du risque de récession.
  • Dans le prolongement des mesures de liquidité annoncées la semaine dernière, la Réserve fédérale américaine (Fed) devrait annoncer de nouvelles mesures de soutien à l’issue de sa réunion de deux jours ce mercredi. Le marché table à une large majorité sur une baisse du taux directeur de l’ordre de 75 points de base. Si la FED baisse ses taux comme prévu, il faut s’attendre à ce que d’autres banques centrales fassent de même dans la foulée, particulièrement dans les pays émergents (comme l’Afrique du Sud).
  • De nouvelles baisses de taux hors du calendrier habituel de réunion des banques centrales risquent d’être la donne pendant plusieurs semaines, comme ce fut le cas lors de la dernière grande crise financière.
  • En France, le gouvernement devrait dévoiler un plan de relance budgétaire afin d’aider les entreprises touchées par le double choc sur l’offre et la demande résultant de la crise sanitaire.

 

Quel positionnement sur l’euro ?

L’EUR/USD va continuer d’être pénalisé par l’aversion au risque croissante sur le marché des changes qui se traduit par une forte progression du Dollar Index. La monnaie unique a franchi vendredi à la baisse le cap psychologique des 1,11, ce qui constitue un signal de vente important. Le prochain objectif pour la paire se situe à 1,09. De notre point de vue, l’Europe sera certainement la zone économique la plus touchée par la pandémie mondiale. Ceci va fragiliser les structures économiques dans plusieurs pays et aboutir à un affaiblissement durable de la monnaie.

Pierre-Antoine Dusoulier, CEO d’iBanFirst 

 

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