Entreprendre en temps de crise, bonne ou mauvaise idée ?

Entreprendre en temps de crise, bonne ou mauvaise idée ?

Entreprendre en temps de crise

Si entreprendre en temps de crise peut sembler être une idée folle, nombreux sont ceux qui y entrevoient une opportunité. Alexandre Sumar, co-fondateur de Time 2 Scale en fait partie. Selon lui, lancer son entreprise en période de récession potentielle pourrait être gage de succès futur. Dans cette interview, Il met en lumière les opportunités de cette crise et livre les clefs pour entreprendre en temps de coronavirus.

Peut-on entreprendre en temps de crise ?

C’est possible, car des besoins il y’en a même en temps de crise. Mais il est préférable d’avoir de bonnes raisons de se lancer. Avant la crise du Coronavirus, nous avons vécu une période d’euphorie entrepreneuriale. Lancer sa start-up était devenu tendance. On pouvait lever des fonds grâce à un concept sans réelle utilité et pour lequel le marché était inexistant. Ces entreprises-là risquent de ne pas survivre à la crise. A contrario celles qui prennent le soin d’analyser leur marché et qui sont certaines de répondre à un besoin concret ont toutes leur chance. C’est justement en période de récession potentielle que naissent les champions. Tout simplement parce que ceux qui résistent aux crises sont souvent ceux qui vont prendre les parts de marchés par la suite.

En quoi la crise peut représenter une opportunité pour entreprendre ?

 La crise peut également être une opportunité pour ceux qui ne trouvaient pas le temps de se lancer. Le chômage par exemple peut être l’occasion de lancer son projet tout en s’assurant des ressources financières chaque mois. Il y a peut-être moins de clients, donc la compétition sera plus exacerbée. Mais si les boîtes arrivent à tenir dans ce marché, ce seront les premières à redémarrer. C’est aussi l’occasion pour certains secteurs d’émerger à l’instar des entreprises de la biotech ou de la medtech. Le confinement a quant à lui fait émerger de nouvelles méthodes de travail aussi bien pour les salariés que les enfants. C’est aussi une opportunité pour les éditeurs de logiciels de collaboration à distance ou encore les entreprises d’eductech. Dans le contexte actuel, les investisseurs seront plus sensibles à ce type de start-up.

Quelles sont les attentes des investisseurs ?

Le contexte a changé donc les investisseurs se focaliseront sur la bonne gestion du cash-flow des sociétés dans lesquelles ils investissent. Il y a quelque mois c’était la course effrénée aux parts de marché au détriment de la rentabilité. Du fait que les boîtes se développaient à l’international, la consommation de cash était très importante. Et ce sans même gagner d’argent ! Aujourd’hui ce ne sera plus ce genre de stratégie qu’il faudra mettre en avant, la rentabilité redevient un élément décisif.

Comment convaincre les investisseurs en temps de crise ?

Il faut d’abord prouver qu’il y a un marché et établir une stratégie qui donne les preuves d’une rentabilité assez rapide. Ces acteurs-là pourront bénéficier d’une oreille attentive de la part des investisseurs et des fonds d’investissementf. En effet, il faut que les entrepreneurs démontrent qu’ils sont capables de gagner de l’argent, et vite. Si vous lancez une boîte qui demande plusieurs mois, voire des années d’investissement et de recherches et développement, ce sera nettement plus compliqué . Malheureusement, il n’y a pas d’autres fchoix à court terme.

 Quels conseils donneriez-vous aux entrepreneurs qui souhaitent se lancer en ces temps troublés ?

  • S’assurer en amont qu’il existe bel et bien un marché.
  • Se tourner vers le service : la solution qui nécessite le moins d’investissement.
  • S’adresser directement au consommateur : de nombreuses entreprises vont fermer.
  • Ensuite, il est indispensable d’en parler un maximum : n’hésitez pas à sonder votre entourage, les fonds d’investissement et même les autres start-ups. Il existe une véritable solidarité entre entrepreneurs.
  • Évitez également d’entreprendre seul. Il est plus facile de se lancer à plusieurs. Pour ma part, avoir un associé m’aide à me remettre en question régulièrement et réciproquement.
  • Si vous entreprenez seul : privilégiez les espaces de co-working et n’hésitez pas à intégrer des programmes de mentorat. L’accompagnement dont vous ferez l’objet peut être décisif pour votre entreprise.
  • Être agile : Les meilleures entreprises sont souvent celles qui sont parties d’une première idée qu’ils ont modifiée en cours de route.
  • Et enfin prendre du plaisir : il faut croire en son projet, c’est de cette manière que l’on s’épanouit et réussit. Et c’est aussi comme ça que l’on convainc ses prospects et futurs collaborateurs de nous suivre.
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