La résidence principale des seniors, bien plus qu’un toit !

La résidence principale des seniors, bien plus qu’un toit !

Seniors

Un grand nombre de personnes âgées est propriétaire de son logement. Acquis au fil d’une vie, ces biens ont souvent pris beaucoup de valeur et pour certains il est alors tentant de réaliser cette belle plus-value. Si la vente est l’option retenue, elle reste pour la plupart des seniors un choix douloureux. Y a-t-il une alternative ?

Même si une crise se profile, l’immobilier n’a jamais été aussi cher, gonflé par des taux d’intérêts au plus bas et une démographie dynamique. Il y a là pour beaucoup de personnes âgées propriétaires de leur logement une manne considérable, que l’INSEE avait chiffré en 2015 à environ 1500 milliards d’euros pour les plus de 70 ans. Quand la valeur de son toit a été multipliée par 5 ou 10, il peut être tentant d’encaisser une belle plus-value, d’autant plus qu’il s’agit du seul gain sur lequel l’Etat ne prélève pas sa dîme ! Ainsi, acheter un logement plus petit et/ou louer un appartement sur les dernières années de leur vie, permet aux seniors de tirer pleinement profit de la plus-value réalisée sur la vente de leur bien initial. En se relogeant pour moins cher, ils peuvent désormais compléter leurs pensions de retraite ou donner un coup de pouce aux enfants de leur vivant, par exemple.

Ce raisonnement, séduisant d’un point de vue économique, sous-estime de nombreux effets collatéraux, parfois dévastateurs.

Avec l’âge de la retraite vient aussi le temps du loisir : voyages, associations, découverte ou redécouverte des alentours. Le rythme de la vie change, de nouvelles routines s’installent. Mais le foyer reste ce point de retour réconfortant, dont on profite enfin pleinement. En vieillissant, le changement et la perte de repères deviennent difficiles et perturbent le quotidien. Quand celui-ci est rythmé par un circuit régulier dans son quartier et par la visite rituelle de commerçants connus depuis parfois des décennies, facteurs de lien social, un déménagement peut s’avérer très déstabilisant.

De plus, la résidence principale est bien souvent le lieu où l’histoire de la famille s’est écrite. La quitter revient alors à couper le fil de sa trame personnelle. Une expérience douloureuse, qui impacte aussi le reste de la famille, elle qui a investi ces lieux émotionnellement, désormais associés à des souvenirs d’enfance, de retrouvailles et de moments de partage intergénérationnels.

Enfin, et cette période de confinement en exacerbe les contours, la solitude et l’isolement sont certainement les deux facteurs les plus nuisibles au bien-être des seniors. Un déménagement ne fera malheureusement qu’amplifier le sentiment de solitude s’il éloigne géographiquement le cercle des visiteurs habituels, enracinant l’isolement. Quand le nouveau logement des parents ou grands-parents n’est investi émotionnellement d’aucune trace de moments partagés, cela contribue aussi à l’espacement des visites.

Bref, le logement des seniors est bien plus qu’un toit, c’est un vecteur de bien-être et de lien social et le vendre cause souvent de nombreux effets induits négatifs pour les personnes âgées, qu’il ne faut pas sous-estimer. De nouvelles solutions ont émergé, qui permettent aux seniors de vendre leur bien tout en conservant son usage, en évitant la vente en viager. Ces nouvelles solutions de vente en nue-propriété, plus éthiques, qui parient sur la vie des seniors, méritent d’être intégrées dans la réflexion familiale.

Par Thomas Abinal et Amaury de Calonne, co-fondateurs de Monetivia

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