Favoriser l’inclusion numérique dans un « monde d’après » dématérialisé

Favoriser l’inclusion numérique dans un « monde d’après » dématérialisé

inclusion numérique

Si la crise sanitaire a bien démontré une chose, c’est que le numérique est aujourd’hui essentiel à notre société. Cette période troublée, qui a engendré un boom du télétravail, de la télémédecine, de l’e-éducation, a su redonner un élan à la transformation numérique. Mais la dématérialisation généralisée n’a pas attendu la crise du Covid-19 pour se développer, entraînant parfois des inégalités.

Des démarches administratives aux applications bancaires, en passant par la réservation d’une consultation médicale, le numérique était déjà partout. La crise du Covid-19 l’a révélé. À quelques jours de la rentrée, certaines universités envisagent de maintenir les cours en ligne, obligeant professeurs et étudiants à maîtriser l’outil numérique. Les entreprises quant à elles se voient encouragées à privilégier le télétravail. Ce ne sont que quelques exemples de la place qu’occupe le numérique dans nos vies personnelles et professionnelles. Dès lors, dans cet environnement en transformation, la maîtrise de ces outils s’avère indispensable.

17% de la population française touchée par l’illectronisme

Pourtant, selon une étude de l’INSEE publiée en 2019, 17% de la population française serait touchée par l’illectronisme. Autrement dit, 17% des citoyens n’ont pas accès à internet, ne disposent pas d’équipement informatique ou ne savent pas comment utiliser les nouvelles technologies. Cette étude démontre d’ailleurs que 38% des usagers manquent d’une compétence numérique dans au moins un des domaines suivants : la recherche d’information, la communication, l’utilisation de logiciels et la résolution de problèmes. Des lacunes qui, en plein essor du numérique, impliquent un risque d’exclusion sociale pour ces non-internautes.

Il existe plusieurs facteurs expliquant cette fracture numérique : parmi eux le territoire, le niveau d’études, de revenu, l’âge…La question de l’âge est bien sûr déterminante et les personnes âgées de plus de 65 ans sont les plus touchées. Mais l’illectronisme touche également les plus jeunes, pourtant membres de la génération dite des « digital native ». Ainsi, 17% des 12-17 ans se sentent peu ou pas compétents pour utiliser un ordinateur quand 23% des 18-24 ans se disent inquiets à l’idée de devoir effectuer leurs démarches administratives en ligne. Autre facteur déterminant, le niveau d’étude : 74% des français non-diplômés estiment ne pas disposer des compétences nécessaires pour utiliser un ordinateur.

Les impacts positifs de l’inclusion numérique

Difficultés pour intégrer le marché du travail, perte d’autonomie, isolement, comptent parmi les conséquences directes de l’illectronisme. La maîtrise insuffisante du numérique, de l’informatique et d’internet engendre des inégalités et augmente le risque d’exclusion des non-internautes. Face à ce constat, il semble impératif d’agir afin que la transformation numérique ne provoque pas de nouvelles inégalités entre les usagers.

L’inclusion numérique présente d’ailleurs un impact positif. Un rapport de 2018 commandé par le Secrétaire d’État au numérique et adressé au Premier ministre, démontre même les bénéfices d’une meilleure autonomie numérique. Ce rapport révèle notamment qu’en formant mieux les jeunes à ces usages afin d’atteindre un meilleur niveau de qualification global, nous pourrions générer jusqu’à 10 millions d’euros de gains annuels. Favoriser l’accès à internet aux personnes souffrant d’illectronisme permettrait également une meilleure inclusion sociale.

Un « monde d’après » dématérialisé mais égalitaire ?

Dès lors, dans un « monde d’après » dématérialisé comment réduire la fracture numérique afin de favoriser l’égalité ? Cela passera bien sûr par l’éducation et la formation. La numérisation de notre société implique un apprentissage et une mise à jour régulière des connaissances. En 2018, l’État annonçait soutenir le déploiement national de Pass numériques, un dispositif qui donne accès aux bénéficiaires à des services d’accompagnement numérique. Ces pass sont pris en charge, en totalité ou partiellement par un tiers-payeur. En 2019, l’État lançait donc un appel à projet afin de permettre aux collectivités territoriales d’acheter des Pass numériques. L’année dernière, le dispositif a permis de former et d’accompagner 200 000 personnes en difficultés face au numérique.

Les entreprises et les associations peuvent, elles aussi, jouer un rôle clé et de nombreux ateliers d’aide voient le jour un peu partout en France.  L’association Emmaüs a par exemple créé en 2013 Emmaüs Connect, une antenne dédiée au numérique. Implantée dans neuf grandes villes de France, elle propose des ateliers, des cours et des entretiens individuels afin de familiariser les non-internautes avec l’informatique et internet. Elle apporte également des solutions pour s’équiper à moindre coût.

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