Treefrog therapeutics : la biotech en passe de soigner Parkinson et l’infarctus du myocarde

Treefrog therapeutics : la biotech en passe de soigner Parkinson et l’infarctus du myocarde

Soigner des infarctus du Myocarde ou encore la maladie de Parkinson ? Un espoir qui devient possible grâce à la thérapie cellulaire. Mais malgré des centaines d’essais cliniques en cours partout dans le monde, le procédé peine toutefois à s’industrialiser. C’est là qu’intervient TreeFrog Therapeutics. La biotech, lauréate du programme Medstartup 2020 organisé par Business France et le Prix Galien, propose un système de thérapie cellulaire à l’échelle industrielle. Interview du CEO,  Kevin Alessandri.

La thérapie cellulaire, c’est quoi ?

Kevin Alessandri : Certaines maladies telles que l’infarctus, le diabète de type 1 ou encore Parkinson sont provoquées par une population de cellules qui va mourir ou dysfonctionner.  La thérapie cellulaire va permettre de remplacer ces cellules en dysfonctionnement pour de nouvelles produites en laboratoires et ainsi permettre de soigner ces maladies à la source. C’est une réalité qui est en train de s’imposer dans le monde médical. A titre d’exemple, l’année 2020 a connu une augmentation de 400% des investissements en thérapie cellulaire et des centaines d’essais cliniques sont en cours dans le monde. Notre ambition chez Treefrog Therapeutics est ainsi d’adapter cette technique à l’échelle industrielle grâce à notre technologie de production de cellules souches et de cellules différenciées.

Quelles maladies sont concernées par votre technologie ? Et où en sont vos travaux ?

K.A : Notre première ambition est de développer une thérapie pour la maladie de Parkinson. On produit dans le laboratoire, à partir de cellules souches, des neurones que l’on encapsule et pour lesquelles on utilise des bioréacteurs industriels. Ces derniers peuvent ensuite être greffés chez les patients atteints de cette maladie. Nous en sommes encore en phase d’essais non cliniques, et on prévoit les premiers tests sur l’homme à l’horizon 2024.

Le deuxième programme sur lequel on avance porte sur l’infarctus du myocarde. Nous avons produit, des cellules de cœur dont le but sera de remplacer celles perdues lors d’un infarctus. Les premières applications chez l’homme pourraient avoir lieu en 2025. L’idée ici est de produire suffisamment de cellules de bonne qualité, puisque pour l’instant les systèmes de production actuels ne permettent pas de faire des lots suffisamment importants. C’est l’une des clefs de l’industrie pharmaceutique, il faut que ce soit de bonne qualité, à grande échelle et à un coût acceptable par les systèmes de santé. Et c’est tout l’enjeu dans la thérapie cellulaire : de nombreuses entreprises mènent des essais et produisent des cellules pour des lots cliniques mais peinent toutefois à atteindre un niveau industriel suffisant pour que ce soit rentable et applicable à large échelle.

L’infarctus du myocarde touche des millions de patients et donc à terme, les augmentations de capacité industrielle, dans le domaine vont devoir être assez gigantesques.

Vous avez collaboré avec le Harvard tem Cell Institute et la Foundation for Biomedical Research and Innovation (F.B.R.I) ? Dans quel but ?

K.A : Le but de ce consortium avec Harvard et le FBRI est d’étudier plus profondément l’amélioration de la qualité de notre système de culture. Nous faisons pousser des cellules que l’on amplifie sous la forme de cellules pluripotente et nous vérifions ensuite la viabilité des cellules pluripotentes produites dans notre système.

 C’est ce qui vous a valu d’être parmi l’une des 3 entreprises lauréates du programme Medstartup 2020, organisé par Business France et le Prix Galien, équivalent du Prix Nobel de la recherche en santé. Qu’attendez-vous de cette distinction ?

K.A : La situation actuelle a rendu assez difficile toutes les communications qui ne portaient pas sur la covid-19, le prix est donc arrivé à point nommé. Être récompensé d’un prix aussi prestigieux constitue également une excellente introduction pour le lancement de notre filiale aux Etats-Unis. Nous allons d’ailleurs bientôt installer à un HUB à Boston. Mais ce n’est pas pour autant que nous ne resterons pas une entreprise française. Le but ici est de garder le siège et la R&D au sein de l’hexagone tout en continuant à accélérer notre croissance à l’international.

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