2020 : tentative de réhabilitation d’une année pourrie

2020 : tentative de réhabilitation d’une année pourrie

Bye bye 2020, une année pas tellement 20/20. Et pourtant. En plus de savoir nous servir toujours plus et mieux des outils digitaux pour le meilleur et pour le pire (les apéros Zoom), cette année, nous aurons beaucoup appris.

Par exemple, on aura à nouveau appris, si on l’avait oublié, que rien jamais ne se passe comme prévu. Que nous étions individuellement et collectivement capables d’une résilience et d’une résistance inouïes. Que nous pouvions à peu près, et à peu près tous, respecter des consignes. Qu’un Premier Ministre ne sait pas tout et que, lucide, il est capable, de le dire…et de nous plaire. Que ne pas pouvoir choisir d’aller, quand ça nous chante, courir les librairies, les bars, les théâtres ou les salles de cinéma et de concert nous était totalement insupportable.

Tout comme ne pas pouvoir aller voir sa vieille tante malade, ronchon et acariâtre. Que la distance, tout bien considéré, rapproche. Qu’il était désagréable et frustrant de ne pas pouvoir se serrer la main ou faire un petit bisou en passant. Que quand même, quand on est en responsabilités et, en règle générale, il est préférable de ne pas raconter n’importe quoi, au risque d’être assez vite démasqué. Que l’APHP est un gros machin formidable. Qu’il n’est pas systématiquement nécessaire d’être au bureau pour bien travailler. Que, dans la majorité des cas, si on l’avait oublié, la famille a de bons côtés. Et que l’on ne soupçonnait pas à quel point Monique de la compta et Hervé de la direction générale pouvaient nous manquer. Que l’ennui avait du bon, aussi.

Autres leçons

Qu’a-t-on encore appris de formidable et de réconfortant ? Que les matches sans supporters, eh bien, c’est tout de suite moins bien. On a besoin de cris et d’encouragements. Et que l’on a impérativement besoin d’amis et de les réunir pour discuter et se marrer un peu. Que choisissant de quitter cette année un monde qui ne tourne plus rond, John Le Carré est bien l’écrivain anglais le plus distingué et le plus chic de la couronne. Et la résistance est un combat et qu’il ne faut- presque- rien lâcher.

Que, si l’on en doutait encore, la Chine est vraiment toujours bien mystérieuse. Et que commenter les commentaires ne sert définitivement à rien ni à personne et n’a aucune importance. Qu’agir et Faire, c’est toujours mieux. Que le complot sera malheureusement toujours une option. Et l’essentiel est parfois ailleurs et pas forcément là où on l’avait un peu vite défini et cantonné. Que l’absence (qui est lourde à porter bien sûr) ne vaut que si elle s’absente aussi, à un moment. L’amour est toujours une valeur sûre. Et l’engagement aussi. Et, que « la vie sans contact » est bien une expérience dégradée.

Voila, ça, c’est fait, on a bien appris ou réappris. Mais maintenant passons vite à autre chose. Il y a urgence.

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