La positivité toxique : l’autre mal de la pandémie ?

La positivité toxique : l’autre mal de la pandémie ?

arrêter la positivité toxique

« Ça va passer, tout ira bien ». « Reste positive, ça aurait pu être pire ». Que celui qui n’a jamais été agacé d’entendre ces mots lors d’une épreuve difficile jette la première pierre à son voisin. En effet, même si l’intention de notre entourage est de nous rassurer sur notre situation et de nous donner de l’espoir, cet excès de positivité nuit finalement à notre bien-être.

« Ça va aller », « reste optimiste »… Qui n’a jamais été asséné par ces phrases banales quand ça allait mal ? Ou, qui ne les a jamais dites pour tenter de réconforter son entourage ? Un article du Huffington Post américain explique que ces mots que l’on prononce, l’air de rien, s’avèrent finalement négatifs pour notre santé mentale.

En finir avec la fausse positivité

Selon les experts, cela serait même toxique : « la positivité toxique repose sur l’idée que nous sommes seulement censés nous concentrer sur les aspects et émotions positifs de nos vies » explique Heather Monroe, docteur en psychologie et neurosciences. Et de souligner «  il s’agit de la croyance selon laquelle nous sommes beaucoup plus heureux si nous ignorons les émotions difficiles et les parties de nos vies qui ne vont pas bien ». La docteure alerte sur les effets à long terme de la positivité toxique car cela revient à encourager la personne à rester silencieuse sur ce qu’elle endure. « Se sentir connecté aux autres et être entendu est l’un des antidotes les plus puissants contre la dépression et l’anxiété alors que l’isolation accentue au contraire ces émotions » rappelle Heather Monroe.

C’est normal d’aller mal

Sur le Huffington Post, l’experte explique que chercher à cacher ses émotions ou être dans le déni est vecteur de stress et ne fait, au contraire, que les exacerber. D’autant plus dans le contexte actuel, où sur les réseaux sociaux, de nombreuses publications nous invitent à apprendre de cette expérience, à passer plus de temps avec notre famille, apprendre une nouvelle langue, trouver un nouveau hobby ou encore écrire un livre. « Tout ceci est l’illustration de la positivité toxique » analyse Noel McDermott, psychologue à Londres. Ce dernier explique que l’une des conséquences les plus inquiétantes de la positivité toxique est le déni du traumatisme lié à cette pandémie. « Celle-ci insinue le fait que si nous ne sommes pas toujours positifs, c’est que nous sommes dans une mauvaise position »

Cela délégitime l’inquiétude, pourtant légitime, d’avoir peur pour sa santé, sa famille et ses amis, d’être inquiet à propos de son travail. « Bien sûr, il est important de prendre conscience de ses chances dans une période si sombre, mais nous pouvons tout aussi bien le faire en faisant état de ce qui n’est pas facile » confie une thérapeute New Yorkaise, Jenny Maenpaa, au Huffington Post. Et d’ajouter « nous pouvons tout aussi bien être dévastés par la situation liée au Covid-19 et apprécier le confort de la quarantaine ».

Mais comment vaincre la positivité toxique ?

L’auteur de l’article livre ainsi 3 conseils pour permettre de lutter contre cette positivité qui plombe finalement notre bien-être. Le premier est de s’autoriser à ressentir des émotions aussi bien négatives que positives. En effet, il est important de réaliser que l’être humain est capable de développer différents points de vue d’un même problème. « Il est bon de se montrer reconnaissant pour ce que l’on a mais il faut aussi se montrer honnête et exprimer ce qui vous ennuie » conseille Heather Monroe.

Le second est de prendre le temps d’examiner ses anxiétés et d’apprendre à les gérer à travers différentes techniques d’introspection telles que la méditation ou encore l’écriture. L’idée ici est d’intégrer que notre esprit détient différentes vérités.

Enfin, une fois que vous aurez exploré les différentes causes de votre anxiété, il est temps de prendre soin de vous par des actions simples comme prendre le temps de manger équilibré, bien dormir… Il ne faut surtout pas oublier que dans des temps si troublés, prendre soin de soi est nécessaire.

 

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