« Les entreprises ont un rôle fondamental dans la transition écologique. » Geoffrey Abécassis (Ademe)

« Les entreprises ont un rôle fondamental dans la transition écologique. » Geoffrey Abécassis (Ademe)

Ademe

Tantôt officiel, tantôt incisif, l’Ademe se revendique ouvertement comme du poil à gratter. Cet organe chargé des questions environnementales et de la maîtrise de l’énergie est le bras armé du ministère de l’Environnement depuis 1991. Un rôle d’accompagnement et de recherche qui prend tout son sens aujourd’hui, alors que la question de la transition écologique ne se pose plus. Alors que Change Now, le sommet qui met en valeur les initiatives pour la planète, vient de se dérouler à Paris ces 27, 28 et 29 mai, rencontre avec Geoffrey Abécassis, conseiller du président de l’Ademe et responsable du plan de relance.

Pour ceux à qui il faut encore la présenter, qu’est-ce que l’Ademe ?

Geoffrey Abécassis : C’est l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Nous sommes en fait le bras armé du ministère de l’Environnement. Nous les aidons sur la structuration de la politique publique ou encore sur la programmation réglementaire. Même si nous sommes reliés au ministère de l’Environnement, nous sommes un organe qui se veut indépendant. Nous avons donc un rôle de poil à gratter un peu assumé. Concrètement, nous sommes là pour accompagner la politique publique, mener des études, et surtout proposer des financements de programme aux collectivités et entreprises qui optent pour la transition écologique.

Vous êtes chargé du plan de relance, en quoi cela consiste ?

Geoffrey Abécassis : Ce n’est pas un secret, il y a un gros enjeu de relance de l’économie autour de la crise sanitaire. Pour cette relance, le gouvernement mise notamment sur la question de la transition écologique. Sur les 100 milliards  alloués à ce plan de relance, 30 sont dédiés à l’écologie, dont 2 spécifiquement à l’Ademe.

Geoffrey Abécassis, conseiller du président de l’Ademe et responsable du plan de relance.

 

Que comptez-vous faire de ces 2 milliards ?

Geoffrey Abécassis : Nous sommes déjà dans l’action avec 350 millions d’euros alloués à des entreprises et collectivités. Le plus gros levier en ce moment, c’est la décarbonatation des industries. Cela passe par des changements de process et de nouveaux matériaux. Par exemple, nous investissons 13 millions d’euros dans un programme mené par le cimentier Vicat sur un site du Grand Est pour substituer un matériau polluant par un qui a un impact moins important sur l’environnement.

Outre la décarbonatation, les autres gros chantiers concernent l’hydrogène, l’économie circulaire, le recyclage autour du plastique et d’autres sujets autour de la transformation des PME avec déjà une vingtaine de millions d’euros investis. Le tourisme durable est aussi visé avec une enveloppe de 50 millions.

Quel rôle les entreprises ont-elles dans la transition écologique ?

Geoffrey Abécassis : Elles ont un rôle fondamental, comme toute la société civile. Bien sûr, toutes les entreprises n’ont pas le même degré d’investissement dans cette question. Aujourd’hui, mener un combat au sein d’une entreprise contre le changement climatique, c’est sécuriser son existence sur les trente prochaines années. C’est cela que l’on veut montrer. En s’investissant pour l’environnement, une entreprise crée de la valeur ajoutée, de la compétitivité. On ne plante pas simplement des arbres pour bien se faire voir.

Un événement comme Change Now, ça aide à changer les choses ?

Geoffrey Abécassis : À l’Ademe, nous sommes environ mille personnes à travailler sur la question de la transition écologique et nous sommes toutes et tous très motivés. Mais on ne peut pas tout faire seuls. Nous avons besoin de relais, et ce relais peut typiquement prendre la forme de Change Now. Cet événement porte des messages forts et embarque tous les acteurs concernés. Change Now, c’est aussi beaucoup de communication, d’influence avec les réseaux sociaux et les médias, ce qui est essentiel. Avec la stratégie bas carbone à horizon de 2050 du gouvernement, on a vraiment besoin de ce coup de projecteur !

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