En France comme aux États-Unis : le mirage de la théorie du ruissellement

En France comme aux États-Unis : le mirage de la théorie du ruissellement

Publié le 17 octobre 2021

Selon un rapport France Stratégie, La réforme de la fiscalité du capital lancée par Emmanuel Macron n’a eu que peu d’effets sur l’investissement des Français les plus fortunés. Des révélations qui viennent confirmer que la théorie du ruissellement risque bel et bien de ne rester qu’une théorie.

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Lors de son premier discours présidentiel face au congrès, Joe Biden avait déclaré « Mes chers compatriotes, la théorie du ruissellement n’a jamais fonctionné ». En France le rapport publié par France Stratégie révèle les mêmes conclusion. En effet, la réforme de la fiscalité du capital lancée par Emmanuel Macron – qui avait entrainé la suppression de l’ISF et l’instauration de la Flat Tax,- n’aura pas eu l’effet escompté sur l’investissement des Français les plus riches.

L’effet ricochet n’a pas eu lieu

Instaurée en 2018, cette réforme de la fiscalité avait abouti à la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) en faveur d’un impôt sur la fortune immobilière (IFI) et à la mise en place d’un prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital (PFU ou « flat tax »). Des transformations qui devaient permettre de réduire l’impôt payé par les contribuables les plus aisés et, par ricochet, les pousser à investir davantage dans l’économie. Mais trois ans après cette réforme, force est de constater que la stratégie peine à fonctionner. A ce stade, aucun effet n’est identifié sur l’investissement, ni après 2013 (réforme de l’imposition des dividendes), ni après la réforme de 2018″, a indiqué Cédric Audenis, commissaire général adjoint à France Stratégie, lors d’une présentation du rapport à la presse. Le comité reconnaît toutefois que les flux de placements financiers des ménages ont fortement augmenté, tout comme les flux de financement en action des entreprises.

Mais l’’observation des grandes variables économiques telles que croissance, investissement, flux de placements financiers des ménages. ne suffit pas à conclure des effets positifs réels.

Qu’ont fait ces foyers de cet argent ?

Le comité s’est donné pour second objectif de découvrir ce que les foyers les plus fortunés ont fazit de cet argent. Ont-ils réinvesti dans les entreprises du tissu productif français ? Le rapport note que le niveau des dividendes versés par les entreprises à leurs actionnaires se sont concentrés sur une minorité de ménages.  « En 2019, tout comme en 2018, les dividendes ont été encore plus concentrés qu’en 2017 : en 2019, 62 % ont été reçus par 39 000 foyers (0,1 % des foyers), dont 31 % par 3 900 foyers (0,01 % des foyers) », indique le rapport. Enfin, un petit groupe de 310 foyers a enregistré « une augmentation de plus de 1 million d’euros de leurs dividendes en 2018 et 2019 par rapport à 2017 ».

Le rapport confirme aussi que les départs à l’étranger de contribuables les plus fortunés se sont réduits et que les retours ont augmenté, même si cela concerne « de petits effectifs », soit quelques centaines de ménages, sur 130.000 assujettis à l’IFI. A moins de six mois des élections, il y a fort à parier que le sujet fera débat.

 

 

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