Jugeant le système éducatif défaillant, il décide de le hacker

The_Hacking_Project est le pari ambitieux que se sont lancés Charles Dacquay et Félix Gaudé. Comme l’Ecole 42, Simplon, la Web@cadémie ou la Wild Code School, The_Hacking _Project démocratise le codage en formant les personnes issues de tous les horizons à « la nouvelle langue du numérique ».  

Des précurseurs. Charles Dacquay, co-fondateur de l’école de code, en est convaincu: la méthodologie utilisée par The_Hacking_Project donne un aperçu de ce que devrait être l’éducation dans 10 ou 20 ans. « Notre ambition est de rendre has been le système éducatif actuel qui ne délivre pas les savoirs nécessaires à la poursuite d’une carrière. On intègre des écoles de commerce mais on ne nous apprend pas à vendre. On suit des cours d’informatique à la Fac mais on travaille sur des logiciels obsolètes. Bref, le système éducatif français n’est pas efficace », explique Charles Dacquay.

« Pour participer à ce coding bootcamp, j’ai refusé 4 offres de CDI »

C’est pour répondre à ce vide que Félix Gaudé lance un coding bootcamp « en mode garage » pour apprendre à coder et booster sa carrière. Il décide de suivre le cursus de TheOdinProject, ( un site qui donne des conseils pour apprendre à coder). Mais il ne veut pas apprendre à coder seul. Il se met donc à la quête de partenaires. Ce sont finalement, 6 moussaillons (c’est-à-dire 6 nouvelles recrues) qui le rejoignent. La motivation de ses apprentis codeurs est parfois stupéfiante. Ainsi, pour participer à ce coding bootcamp,  Charles Dacquay a refusé 4 offres de CDI.

Après 3 mois de navigation, les 7 moussaillons devenus corsaires maîtrisent parfaitement Internet. La méthode d’apprentissage a fait ses preuves, c’est pourquoi ils décident de la démocratiser en créant The_Hacking_Project. Dès le lancement du projet, 84 moussaillons rejoignent l’aventure.

Apprendre : tout un art

The_Hacking_Project imagine l’apprentissage des savoirs autrement. « Dans notre système, il n’y a pas de professeurs, ni de surcharge théorique et on travaille sur des projets concrets », développe Charles Dacquay. Une journée type pour un moussaillon se fait en 2 étapes : le matin, il visionne des cours en ligne et lit des documents qui lui inculqueront des méthodes de codage.

L’après-midi, il passe de la théorie à la pratique en réutilisant les techniques qu’il a appris en matinée. Si un moussaillon bloque ou veut poser une question, il peut se tourner vers son mentor technique qui est spécialiste du codage. Pendant 3 mois, les apprentis codeurs avancent étape par étape. « L’apprentissage, c’est comme un tunnel qu’on creuse. Au début, on utilise des explosifs pour ouvrir la voie : les connaissances. Ensuite, on creuse petit à petit en travaillant sur des projets concrets », explique-t-il.

« Un moussaillon doit être prêt à travailler 10h par jour ! »

Cette manière d’appréhender l’éducation ne veut pas dire que l’apprentissage n’est pas de qualité. « The_Hacking_Project est une formation très exigeante, un pré-moussaillon, doit être prêt à travailler 10h par jour ! », précise Charles Dacquay. Et pour susciter l’attention de leurs élèves, les fondateurs de l’école de codage misent sur le travail en groupe. « Le groupe crée l’intérêt. Les moussaillons sont obligés d’être assidus pour ne pas pénaliser leurs camarades. Et en étant plusieurs, il est plus agréable de coder ».

En plus du travail collectif, l’école propose des environnements innovants et stimulants pour travailler: des espaces de coworking comme Numa et Station W( qui propose des espaces de travail surprenants comme des bars à cocktails ) .

L’éducation nationale rend les étudiants passifs

Sinon, les élèves peuvent investir des squats mis à disposition par des associations. « Bien-sûr les élèves peuvent travailler où ils veulent. Par exemple, un groupe d’apprentis codeurs s’est mis en colocation. Nos moussaillons sont libres. Encore une différence avec l’éducation nationale qui déresponsabilise les étudiants en les rendant passifs », ajoute Charles Dacquay.

Enfin, à l’issue de cette formation, un job attend peut-être les moussaillons. « Si les élèves sont très à l’aise pendant la formation, on les met en contact avec des sociétés qui recrutent. S’ils ont un niveau intermédiaire, on leur propose de s’inscrire en alternance dans des écoles partenaires », explique Charles Dacquay.

Et pas besoin de Hacker le code de la porte pour entrer. Contrairement aux autres formations de codage, celle-ci est entièrement gratuite. La prochaine session The_Hacking_Project débutera le 02 octobre 2017, et pour en savoir plus sur l’initiative, un meet-up est organisé le 11 septembre 2017 à 20h00 au 9 rue d’Alexandrie, 75002 Paris.

Khadija Adda-Rezig

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