RSE chez les startups : la poussière cachée sous le tapis ?

Non, placer un babyfoot et des canapés dans son open-space ne suffit pas pour se décrire comme une entreprise responsable. Ni pour cacher l’absence d’une véritable politique RSE. Alors qu’intégrer le développement durable à sa stratégie serait indispensable pour croître sur le long terme. C’est en tout cas l’avis de Jacques Aflalo, responsable du cabinet A2DM.

Babyfoot

« La RSE, c’est l’application d’une politique de développement durable dans une entreprise », explique Jacques Aflalo, responsable du cabinet de conseil A2DM. « Mais on commet souvent l’erreur de considérer que le développement durable ne concerne que ce qui touche à l’environnement. Or c’est complètement faux. Une politique de RSE repose sur 4 enjeux : économiques, sociaux, environnementaux et sociétaux. » Elle prend donc en compte toutes les dimensions d’une organisation…

« Les startups ont trop tendance à oublier les enjeux sociaux »

Un détail que les startups auraient tendance à oublier. « Les jeunes pousses sont focalisées sur leur croissance rapide, leur désir de rentabilité à court terme. Mais elles ont trop tendance à oublier les enjeux sociaux et sociétaux », ajoute l’expert. « Elles mettent des distributeurs, des babyfoots ou même des salles de sieste à disposition de leurs employés, et considèrent qu’elles ont ainsi résolu tous les problèmes d’ordre social. Sauf que ce n’est pas vrai : c’est l’arbre qui peut cacher la forêt ». Côté environnement, l’herbe n’est pas plus verte. « Les data centers, utilisés par les entreprises du numérique, émettent presque autant de GES que toutes les compagnies aériennes réunies. »

Pourtant, les startups et petites entreprises auraient tout à gagner à intégrer la RSE à leur stratégie, et ce dès leur création. « Mener une politique de développement durable, c’est vouloir rendre son entreprise pérenne, inscrire son business model dans la durée », souligne Jacques Aflalo. « Plus encore, cela permet d’augmenter le taux de réassurance des investisseurs ». Car ces derniers demandent de plus en plus aux entreprises des rapports sur leur politique extra-financière et leurs actions en termes de RSE. Imaginer des solutions innovantes pour réduire son empreinte carbone et être plus responsable peut donc être une vraie valeur ajoutée pour sa startup.

De la RSE au greenwashing, il n’y a qu’un pas…

Reste ensuite à communiquer dessus… mais là, attention au greenwashing ! Cette technique consiste à survaloriser les actions réelles de son entreprise, en termes de développement durable, afin de se donner une bonne image. Une communication mensongère qui peut s’avérer préjudiciable, puisqu’à l’ère d’Internet, il est de plus en plus facile de vérifier la véracité des propos d’une marque. « Une communication responsable doit reposer sur le principe de redevabilité et de transparence. Si on ne peut pas prouver ce qu’on avance, alors c’est du greenwashing », précise l’expert. Son conseil ? Analyser l’impact économique, social et environnemental de son produit ou service dès sa création, pour agir véritablement. « La RSE n’est pas qu’un coût, c’est une source de valorisation. Se former à ses enjeux et, pourquoi pas, demander les conseils d’un petit cabinet de RSE peut s’avérer rentable à long terme. »

Pauline Capmas-Delarue

Pauline Capmas-Delarue

Journaliste

Rédactrice pour Widoobiz, Pauline Capmas-Delarue couvre l’actualité des entreprises et des startups. Amatrice de pâtisserie et de danse, elle aime investiguer et partager ses découvertes à travers ses articles.

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