Christian Dior : l’entrepreneur français que l’on oublie trop souvent

Christian Dior reste un des entrepreneurs français les plus admirés dans le monde. En quelques années, le créateur a changé l’image de la femme dans le monde.

Un nom. Une marque. Une légende. Disparu jour pour jour 59 ans auparavant, Christian Dior est devenu une icône de la mode française. Certains amoureux du style n’hésitent pas à dire qu’il est la France, ou tout du moins, sa meilleure partie : belle, élégante, naturelle, sincère et sophistiquée. Un travail d’exception qui nous fait parfois un peu oublier la personnalité de son auteur. Pour l’anniversaire de sa mort, Widoobiz revient sur cet entrepreneur contrarié, mais ô combien génial.

Mon rêve ? Rendre les femmes plus belles et plus heureuses

Né à Granville dans une famille bourgeoise, Christian Dior s’intéresse très jeune au dessin, vêtements et déguisements. Ce que n’apprécie pas sa mère. Elle tente de le dissuader et lui impose même une scolarité classique. Mais, Paris va changer sa vie. Il abandonne ses études et se consacre corps et âme à sa passion de toujours : la mode.

Il s’intègre dans le Paris des « années folles » et ouvre une galerie d’art. Mais, la crise de 1929 achève brusquement l’aventure. Il décide alors de vendre ses croquis de chapeaux et de robes. La générosité de ses amis et son talent lui permettent de vivre et d’approfondir son art.

Quoi que vous fassiez, faites-le avec passion. Vivez avec passion

Toujours grâce au soutien de ses amis, il commence à faire ce qu’il adorait depuis sa tendre enfance : des costumes. Ses premières œuvres sont destinées au théâtre et au cinéma. Surtout, il fait le pied de grue devant les grandes maisons de couture. À force de persévérance, il arrive à se faire engager comme modéliste chez Robert Piguet.

Il signe ses premières collections, mais la guerre emporte tout sur  son passage. Il s’engage pendant un an, avant d’être démobilisé. Il part en zone dite libre, mais l’appel de la mode est trop fort. Il revient à Paris en 1941 et entre chez Lucien Lelong, célèbre maison de couture parisienne de l’époque.

Lorsqu’il n’y a plus de secret, la mode reste un mystère

Et puis, arrive la rencontre décisive. À l’époque « roi du coton », l’entrepreneur français Marcel Boussac tombe amoureux du travail de Christian Dior. S’il veut une maison à son nom, c’est lui qui le lui offrira.

Très superstitieux, la légende raconte que le créateur a demandé conseil à une cartomancienne. Celle-ci lui aurait alors dit : « Acceptez ! Acceptez ! Vous devez créer la maison Christian Dior ! Tout ce que l’on pourra vous offrir plus tard ne se compare pas à la chance d’aujourd’hui. »

Marcel Boussac investit alors 60 millions de francs sur lui, soit l’équivalent de 752 millions d’euros d’aujourd’hui.

L’élégance doit être un équilibre de simplicité

Et on peut dire que l’entrepreneur a eu le nez creux. Un an seulement après le lancement de sa maison de couture, Christian Dior trouve la gloire. Lors de son premier défilé, il met en avant une conception de la femme totalement avant-gardiste : poitrine apparente et jambes découvertes. Très audacieux à l’époque.

Mais, Paris et le monde veulent rêver. Surtout, Christian Dior veut faire oublier les privations de l’occupation. « Nous sortions à peine d’une époque démunie, parcimonieuse, obsédée par les tickets et les points-textile. Mon rêve prenait donc naturellement la forme d’une réaction contre cette pauvreté », explique-t-il.

En étant naturel et sincère, on fait les révolutions sans les avoir cherchées

En 11 ans à peine, la maison de Christian Dior s’est implantée dans une quinzaine de pays. Toutes les stars d’Hollywood portent ses fragrances et vêtements : Lauren Bacall, Marlen Dietrich, Marylin Monroe, Rita Hayworth, etc. L’année de sa mort en 1957, sa maison de couture représente à elle seule plus de la moitié des exportations françaises de la couture.

Il a réussi à mettre en marche une nouvelle vision de la femme, mais aussi à lancer une nouvelle génération. Sa dernière collection, il la conçoit avec son jeune assistant. Un certain Yves-Saint Laurent.

@TancredeBlonde

Tancrède Blondé

Journaliste

Responsable de l’actualité écrite, Tancrède Blondé couvre l’actualité des entreprises et des entrepreneurs. Féru d'Histoire et de Politique, il se sert de sa passion et de ses connaissances profondes afin d'évoquer régulièrement la vie des entrepreneurs sous un angle plus insolite. Il anime également l’émission « Les entrepreneurs du monde ». En 18 minutes, il invite les auditeurs à découvrir un pays à travers les yeux d’un entrepreneur francophone ou expatrié.

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2 Commentaires sur "Christian Dior : l’entrepreneur français que l’on oublie trop souvent"

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abihssira annie paule
Invité

Effectivement, une belle personnalité pragmatique et créative qui a marquée son époque
et qui avec cet article touchera et interpellera la nouvelle génération d’entrepreneur, une belle idée que vous avez eu bravo

Mouton Jocelyne
Invité
Mouton Jocelyne

Mon père arborait une pochette »Christian Dior »( marine -pois blancs) pour se rendre à des événements annuels auquels ils tenaient. Je l’ai conservée précieusement après son départ. C’est à Vezelay que je l’ai perdue lors d’un week-end.
L’élégance était un aspect de la personnalite de mon père.

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